Ce qu’il faut savoir à propos de la Consécration à la Vierge Marie

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Ce qu'il faut savoir à propos de la Consécration à la Vierge Marie dans APOLOGIE DE LA VIE maria42

La Tendresse maternelle de Marie

 

Je termine cette excursus au sujet des données fondamentales de la Consécration à la Vierge Marie qu’il convient de savoir en disant que :

Premièrement : La vie c’est Christ, mais elle s’est rendue ostensible en Marie ; elle s’est donnée par l’Immaculée ; elle a voulu être mariale dès son origine. Pour cela, sur la croix, il y a mis son sceau rédempteur en disant à travers l’Apôtre bien-aimé Jean : « Voici ta Mère ». C’est comme s’il eut dit à chacun de nous : Toi aussi fait comme moi ; Prends ma Mère comme ta Mère. C’est pourtant un don qui pèse de tout son poids divin. Il n’y a alors de véritable vie qu’en Marie, par Elle et avec Elle.

Deuxièmement : La vérité c’est Christ, néanmoins elle s’est révélée en Marie et, de la maison de Nazareth, elle s’est répandue dans le monde entier : « toutes les générations me diront Bienheureuse » (Lc 1, 48). La meilleure façon de dire à Marie, tu es Bienheureuse, c’est de se consacrer à Elle. La consécration est, en clair, l’accomplissement d’une partie de cette prophétie néotestamentaire.Par la consécration, tu lèves un pan de voile sur le mystère de la Maternité Universelle de l’Immaculée. Mais au-delà du fait d’être prophétie quant à l’actuation c’est une déclaration claire de la propre identité, soit en ce qui la concerne, soit quant à nous. Il s’agit de l’identité de « celle qui a cru », la Vierge Marie. Elisabeth, devant sa jeune cousine reste ébahie ; Elle adore son Dieu qui repose tout tranquille dans le sein de sa Mère. Je ne dis pas qu’elle adore Marie. Non ! Tout le respect qu’elle manifeste à son égard se répercute sur le Seigneur qu’elle ne voit pas. En Marie l’Invisible se fait Visible. Pour cela certains saints l’appelle « Tabernacle de Dieu ». La consécration est en ce sens un geste cultuel par lequel je témoigne la grandeur de l’action de Dieu en Marie. C’est donc un acte de foi, de confiance en Dieu par l’entremise de la plus belle et la plus parfaite de toutes les créatures après Jésus Fils de Marie.

Troisièmement : La voie, c’est Christ, toutefois, elle est facilement praticable avec Marie. Si notre long pèlerinage sur cette terre d’exil s’effectue sur les rails de la Vierge Marie, soyons certains d’être sur La Voie, autrement dit la Plus Juste. Si tu veux aller quelque part sans connaître la route, nul doute que tu t’égareras ; par contre si tu te fais guider par qui connaît mieux le chemin, certainement tu arriveras à bon port. Avec cette dernière observation nous tirons une première conclusion : la consécration n’est pas une invention gratuite de quelques esprits illuminés, mais c’est un fait divin qui trouve sa force expressive dans la relation filiale entre Jésus et Marie. Et puis, dans son essence, elle exige, quant à nous, une incontestable maternité objective. Elle ne dépend donc pas du fait que nous l’acceptions ou pas. En fait la maternité de Marie à l’égard de toute l’humanité est objective, assurément parce qu’elle est Corédemptrice. Et alors, en quoi consiste la consécration à l’Immaculée préconisée par saint Maximilien ?

P. Bonaventure Magloire Nkounga




Vivre mieux avec Jésus et Marie

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Vivre mieux avec Jésus et Marie dans APOLOGIE DE LA VIE maria410

Voici mon Fils pour toi

 

La Consécration reproduit en nous l’union intime entre Jésus et Marie

 

12- Déjà au moment de la visitation à sainte Elisabeth, il se produit un fait éblouissant et formidable : Jean-Baptiste tressaillit de joie dans le sein de sa mère. Il n’y a pas un fait du hasard ici. Tout à été voulu par le Seigneur. Jésus, vérité et chemin pour la vie éternelle, se manifeste par Marie ; il sanctifie par Elle l’enfant encore enveloppé dans le sein maternel. C’est Marie qui porte donc Jésus à Elisabeth et Jean-Baptiste. C’est elle qui joue le rôle de Médiatrice de la grâce de sanctification pour le précurseur du Messie. Et Elle est bien consciente de cela. En effet la réaction d’Elisabeth est une preuve illuminante : elle l’appelle du coup La Mère de mon Sauveur. Note bien que, tous les mots ont leur sens et leur poids. En plus, elle chante ses louanges et témoigne de sa gratitude pour ce qui est arrivé, en reconnaissant en même temps sa profonde indignité. C’est une attitude qui est de grande valeur pour la consécration à l’Immaculée dont nous parlerons à foison dans les prochains paragraphes.

Jésus sait d’être la lumière du monde. Mais il a voulu que celle-ci brillât à travers un réflecteur spécial, j’ai nommé, la Vierge Marie. Ainsi on ne peut regarder Marie sans trouver Jésus, de même on ne peut trouver Jésus sans regarder Marie. Saint Pie X disait que toute la louange dont on couvre la Vierge, par ricochet, est offerte principalement à la Trinité. Bien à propos, Raïssa Maritain l’appelait, à juste titre, l’Enfant gâtée de la Sainte Trinité. Il n’y a donc pas une vraie dévotion qui obscurcisse le visage du Christ ou de Dieu tout court. Ce qui obscurcit, en général, le Visage de Dieu et donc de la Vierge, c’est notre sentimentalisme, notre prudence purement humaine et notre ignorance gangreneuse. En parole plus simple, ce sont nos péchés qui obscurcissent vraiment le Visage de Dieu. Si le monde savait le don merveilleux qu’est la Vierge pour l’humanité et, qui plus est, la place qu’Elle occupe dans l’économie du salut voulue exclusivement par Dieu, il n’y aurait plus de case sans son image, il n’y aurait plus de cœur humain sans émotion pour Elle, il n’y aurait plus d’âmes réticentes à ses caresses maternelles, il n’y aurait plus de chrétiens qui refuserait de se consacrer à Elle. La consécration est un geste d’amour filial que j’accomplis histoire de témoigner, en fait, ma joie d’aimer et d’être aimer ; elle exprime aussi ma ferme volonté de continuer d’aimer par la force qui découle de l’amour de Dieu pour moi.

 

13- Sur la croix Jésus nous fait don de sa Mère et, en même temps, il nous offre à Elle. Il revient à chacun de nous de signer le décret de donation stipulé par Lui-même en Personne du haut de l’arbre patibulaire de notre salut, c’est-à-dire la croix : « Mère, voilà ton fils, fils voilà ta mère » (Jn 19, 26-27) Pourquoi donc les hommes de ce siècle ne veulent-ils pas reconnaître la magnanimité de notre Seigneur ? Pourquoi tant de hargne pour s’ériger contre la vérité ? Sommes-nous si obtus pour refuser un tel pont de sauvetage ? Il faudrait vraiment trop de courage pour dire à sa propre mère, je ne te veux pas. Marie est sur le plan surnaturel ce qu’est notre mère biologique sur le plan naturel. Cependant, Dieu a laissé à notre volonté libre la décision d’être ou non de l’Immaculée. Même quand notre mère nous a mis au monde, notre confiance en elle n’a pas été automatique; cela requiert toujours une adhésion libre et mure. Personne ne pourra jamais nous forcer la main pour nous y conduire ; tout dépend de notre libre volonté. Néanmoins, une chose est certaine et quasi indépassable : comme sur le plan naturel nous avons besoin d’une mère qui nous met au monde, et de surcroît qui s’occupe de notre croissance, de même, dans la vie spirituelle et surnaturelle il faut pour nous une figure maternelle de référence, et Dieu y a pensé. Il ne fait pas les choses à moitié, puisqu’il est la Plénitude même.

 

14- Du coup, il paraît évident de dire que la consécration est l’acte d’humilité par lequel j’accepte la volonté de Dieu selon laquelle tout disciple du Christ est dûment établi sous la direction maternelle de Marie. Déjà elle a participé activement à notre renaissance  de l’Eau et de l’Esprit (Jn) ; et fort de cela, elle désire nous guider sur le chemin de la quête de la félicité, de la vie éternelle. Comme dans la vie naturelle, nous ne choisissons pas qui sera notre mère, aussi dans la vie spirituelle nous ne choisissons pas qui est notre Corédemptrice, c’est-à-dire notre Mère. C’est clair qu’elle est notre Mère parce qu’avec son Fils, Elle nous a rédimés, et maintenant elle nous distribue les fruits de la Rédemption. Pour bien comprendre la consécration à la Vierge, il s’avère très important de connaître le privilège de la Corédemption mariale. L’ignorance de cette doctrine ensemble avec celle de la Médiation mariale génère sans doute des malentendus énormes et parfois grossiers. Mon ami, je te conseille de ne pas lésiner sur les moyens, histoire d’élargir tes connaissances sur ce thème. Ne ménage aucun moyen pour entrer dans le vif de la vérité de ce privilège. Entre autre, je t’informe qu’il est d’actualité surtout dans les milieux académiques de la catholicité.

 

P. Bonaventure Magloire Nkounga

 




Imiter Jésus pour aimer la Vierge Marie

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Jésus indique sa mère

Jésus indique sa Mère

 

L’exemple de Jésus vaut aussi pour nous

 

8- Marie est d’abord la Mère de Dieu, parce qu’Elle a donné au monde Jésus, Fils unique du Père Céleste. Jésus est Dieu parce qu’il est Verbe éternel qui s’est incarné dans le sein de la Vierge de Nazareth. C’est lui la descendance de la Femme, qui, avec Elle, aurait vaincu le démon trompeur et assassin.

Tu vois, mon ami, Dieu lui-même a voulu se confier et se donner, en définitive, se consacrer à la Vierge Marie. Pourquoi puis-je faire une telle affirmation ? Suis-moi un tout petit peu, sans pourtant trop t’éreinter !

Tu te rappelles le dialogue de l’ange Gabriel avec la Vierge Marie ? Le Seigneur, par l’intermédiaire de l’ange, demande son consentement quant à l’incarnation du Verbe. Note bien, c’est Dieu qui veut une collaboratrice. De façon absolue, ce n’est pas une chose nécessaire pour le Seigneur, mais il choisit d’avoir une Mère. Dès lors Elle Lui est propre ; Elle fait partie de la vie du Fils-Dieu, comme à son tour il fait partie de la sienne. La relation filiale est toujours une réalité duale, vitale et dynamique.

Tu vois un peu le topo ? On peut dans une certaine mesure dire que la première Bonne Nouvelle que Jésus-Christ annonce au Monde est sa « consécration » à sa Mère, c’est-à-dire le don de soi-même à sa Maman. C’est, en fait, une prédication par le bon exemple. En s’incarnant dans le sein virginal de Marie, il offre un exemple éclatant à tout homme de bonne volonté : se donner à Marie pour croître en taille et en sagesse.

 

9- Peut-être, diras-tu : mais, dis-donc, penses-tu vraiment que Dieu eut été strictement obligé de choisir une créature pour accomplir sa mission ? Dieu est tout-puissant, pourquoi vouloir lui imposer une certaine loi  de la nécessité qui, en réalité, est contradictoire avec son être ?

Je pense que j’ai déjà ébauché une solution à cette question au paragraphe n°8. Préalablement, je t’ai fait remarquer que l’initiative d’avoir une Mère n’est pas extérieure à Dieu lui-même, mais elle découle de sa libre volonté. C’est lui qui veut, de façon contingente, se donner et se confier à une créature, et dès lors – puisque Dieu veut toujours de manière ordonnée – cette décision ou bien ce projet acquiert une certaine nécessité ; une nécessité que Dieu seul lui donne. Donc si tu entends par nécessité un état de constriction extérieure et supérieure à la volonté divine, alors je dis ouvertement que je ne l’entends pas en ce sens. Car admettre la nécessité en Dieu comme les philosophes classiques l’entendait, c’est par le fait même poser en quelque sorte des limites par rapport à la perfection divine. Or nous disons que Dieu est et vit de la plénitude de la perfection. Et la nécessité n’est rien d’autre que le mode par lequel il agit en conformité avec son être même. En ce sens comme l’agir suit l’être, la plénitude de celui-ci est aussi la plénitude de celui-là. Il faut donc entendre par  nécessité l’état dans lequel la volonté divine décide de façon autonome et accomplit sans coup férir (ou sans ambages)  ce qu’elle a préconisé, alors nous sommes tous deux d’accord, et je ne vois pas où subsiste le problème. L’important ici est de comprendre que toute initiative vient de Dieu. Marie accueille la volonté de Dieu et la met en pratique avec amour et dévouement.

Jésus se donne donc à Marie, sa Mère, parce qu’il l’aime ; il désire aussi sa protection ; il veut être avec elle pour toujours. En vertu de sa personne divine, il pouvait le faire, il le voulait et cela était convenable,  de la sorte il le fit. Non seulement il la prit pour soi-même, mais plus encore il l’offrit à l’humanité.

 

10- Je te fais encore observer une autre chose assez intéressante : Jésus est né de la Vierge  par volonté propre en tant que Dieu. Je l’ai dit tantôt ! Considérons le fait en soi : on dirait exactement une kenosis, autrement dit un abaissement de l’Amour divin. Oui, dans son humilité hors pairs, il désire être Fils de l’homme ; cependant, il ne veut pas entrer dans le monde en contractant le péché de nature, c’est-à-dire le péché originel ; il ne veut pas se souiller avec cette gangrène mortifère. Voilà pourquoi il se « cache » dans le sein virginal de Marie ; en somme, il crée un être immaculé( donc sans péché ni de nature ni personnel) et c’est bien là qu’il trouve d’abord son abri terrestre. On ne le dirait jamais assez, la Vierge Marie est, pour ainsi dire, l’Abri du Seigneur. Les savants utilisent d’autres grands mots pour désigner cet état de fait, mais ici je te fais grâce de ce précieux jargon qui, peut-être, serait plus utile en d’autres lieux et circonstances.

 

11- Je répète une autre chose dont j’ai déjà fait état précédemment : Jésus lui-même s’est donc confié, il s’est donné ; en quelque sorte, il s’est consacré à la Vierge Marie en vue de sa mission Rédemptrice à laquelle, entre autre, il a bien voulu l’associer singulièrement. Dès lors, nous pouvons proposer une définition provisoire du concept de Consécration à Marie: c’est l’acte d’amour par lequel une personne se confie entièrement à la cure maternelle de la Mère de Dieu pour le bien de son âme (grandir en sagesse) et pour participer avec Elle, en Elle et comme Elle à la mission du salut du monde dont son Fils est le Souverain responsable. Car, il convient de le préciser tout de suite, notre participation ou collaboration n’a de valeur que si celle de Marie a une valeur prépondérante ; et de fait, elle a une valeur, celle que Dieu a voulu lui concéder. Il ne nous revient pas de lui octroyer cette valeur. C’est une chose qui transcende la capacité humaine en soi. Donc notre participation puise son ultime signification, acquiert sa portée intrinsèque dans celle de la Vierge Marie.

P. Bonaventure Magloire Nkounga




Implication éthique de la vraie dévotion à la Vierge Marie

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Implication éthique de la vraie dévotion à la Vierge Marie dans APOLOGIE DE LA VIE maria310

En elle on est certain de faire le bien

L’implication éthique de la consécration à Marie

 

6- Au catéchisme, tu as aussi appris que le bon chrétien, c’est celui qui oriente sa vie selon l’Evangile, qui suit les commandements de Dieu, qui vit de la foi, de l’espérance et de la Charité. Je tiens à souligner la Charité. Car elle est la vertu éternelle ; c’est celle qui nous fait ressembler plus à Dieu. Pourquoi ? Parce que Deus caritas est (Dieu est Amour). Jésus disait à ses disciples « Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui-là qui m’aime ; or celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; et je l’aimerai et je me manifesterai à lui. » (Jn 14, 21)  Dans la vie des saints, il s’avère que la manifestation la plus forte et la plus déterminante que Jésus suscite est d’offrir sa Mère comme Maîtresse, Guide et Mère des cœurs dévoués aux choses de Dieu. C’est ce qui advint, par exemple, pour saint Jean Bosco et sainte Marguerite Alacoque. Il n’y a rien de plus émouvant et de fort émulant que cela. Dans le vécu de la foi chrétienne Marie n’est pas alors un « optional » sur la voie de la perfection, mais sa présence est décisive et capitale. C’est la personne la plus parfaite qui peut nous conduire jusqu’au Cœur de Jésus, où nous pouvons nous assouvir de son amour incandescent et éternel. Voilà comment il s’exprime encore dans l’Evangile de saint Jean : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera et nous viendrons vers lui et nous nous ferons une demeure chez lui. Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles » (Jn 14, 23-24)

 

7- Mais il y a une chose que certainement tu n’ignores pas : l’homme, après le péché originel, souffre d’un déséquilibre intérieur criard. Les facultés supérieures n’arrivent plus à contrôler celles inférieures ; la raison et la volonté ne contrôlent plus les organes des sens, ni la fantaisie ou l’imagination, ni le corps et ses voluptés, ni le cœur et ses épanchements parfois trop sordides. C’est la fameuse lutte intérieure dont parle saint Paul dans la Lettre aux Romains : je fais le mal que je ne veux pas, pourtant je ne fais pas le bien que je veux (Rm 7, 15). Quelle impasse ! On dirait  un véritable bourbier! Une terrible zizanie interne qui tenaille le corps et l’âme, et par conséquent génère une torture existentielle parfois mortelle. Il n’y a aucun fils d’homme qui ne fasse un tant soit peu une telle expérience ; il n’y a aucun être de chair et d’os qui, au jour le jour, ne passe à tabac dans cet univers personnel, pour ainsi dire, plein de charogne. C’est le sort de tout mortel. Ça fait vraiment un triste effet de se voir réduit comme un réceptacle de passions éphémères. C’est la laideur du péché n’est-ce pas ? Avec le péché l’homme s’érige contre l’Auteur même de la vie, de l’existence ; pour cela il devient si laid, si déplaisant et si bizarre ; c’est comme s’il dégringolait de son pinacle pour déchoir dans un profond marécage où pullulent toutes sortes de bêtes sauvages et affamées. Que diantre ! C’est un abysse de misère, que dis-je ! un vrai cauchemar qui nous suit parfois au quotidien.

Mais ce n’est pas tout ! Il y a aussi une tiers personne qui fomente des actions contraires à nos bons désirs ; On l’appelle le diable. C’est l’ennemi numéro un de nos âmes. C’est le jaloux par excellence. Tout son travail c’est de nous empêcher d’aimer authentiquement Dieu. Il invente toute sorte de chose pour nous tenir en haleine dans ses griffes mortelles ; et facilement nous ne nous rendons pas compte parce qu’il utilise des tactiques mielleuses, doucereuses et par trop subtiles. Il est sans doute plus intelligent que nous, mais son intelligence est désuète et finalisée intrinsèquement au mal. Pour cela il n’a pas le dernier mot.  Car il est dit dans le livre de la Genèse que la Femme lui écrasera la tête. Et qui est cette Femme ? C’est bien Marie, notre sainte Mère du ciel, la Mère de Jésus notre Seigneur et notre Frère.

P. Bonaventure Magloire Nkounga




27052011

                                       

          L’aumône : juste ou injuste?

                  

 Il y a des choses que l’on ne peut pas dans l’immédiat soupçonner aussi facilement. Il y a des éléments d’appréciations qui nous échappent en profondeur. Nous sommes parfois inculpés sans avoir réalisé la moindre évidence. Nous achevons des vies déjà fragilisées sans nous en rendre compte. Il y a des vices que nous commettons sans commettre ou connaitre. Qui dira que la vie n’est pas un long pèlerinage pour le bonheur? Bien que nous nous contentons au quotidien de ses feuilles vertes, il reste que le découragement n’est pas de sitôt. Pourquoi? Notre existence est faite pour un épanouissement,  certes, dans l’esprit évanescent du monde. Le bonheur devient un possible de notre nature: l’honneur a droit à une meilleure vie. En tant que créature spécifique. Ainsi “la valorisation de l’existence est pour ma liberté la révélation de l’existence dans le registre d’une perfection régulatrice, qui émeut sans doute ma conscience et la sensibilité.” Or il se fait que la nature a du gratifier différemment les êtres: les uns ayant plus et les autres moins. On peut encore entrevoir une troisième catégorie : ceux qui n’ont rien du tout, sinon leur masse vivante. Bien que n’ayant rien, ils doivent subsister. Et comment? Si nous acceptons tous qu’ils ont un souffle qu’il faudrait entretenir, il faudrait conjointement concéder qu’ils sont pour nous et par nous en tant que nous sommes responsables de nous. Autant le moi est responsable de l’altérité autant l’altérité l’est pour le moi. Cette symétrie relationnelle explique et imprime mieux la dynamique coexistentielle. Donc “la fin de la conduite axiologique, c’est la fin découverte comme perfection à travers une forme objective ou une détermination qui la supporte , mais qu’elle dépasse ; ce n’est pas la fin simplement objective”.

    Evidemment le comportement exempt des délires caractéristiques de la société est ici d’une extrême nécessité puisqu’en affirmant mon humanité, il fait éclore celle de l’autre. Supposons que je fasse de l’aumône à un pauvre, ce qui est signe manifeste d’une conduite axiologique, si mon acte ne doit pas être le fait gratuit pour me dispenser d’un opportun ou encore une façon de me distraire, mais la conscience de la souffrance qui est en face de moi. Mon geste dès lors, et surtout dans cet autre esprit véhicule une protestation contre un monde de misère que je ne puis entériner pour personne et pour aucune raison, et bien sûr, par là, je témoigne d’une attitude de complicité existentielle assortissant le vécu social. Aussi se profilera une visée vers un monde idéal que je désire pour tous. Puisqu’alors je me laisse émouvoir par le spectacle de cette misère je vilipende un état , qui caractérisent à mes yeux un système d’existence sociale, livrée à la compétitions brutale des facteurs économiques sans humanité. Dans cette machine oppressive, l’existence du pauvre s’impose à moi scandaleuse, comme celle d’un vaincu. D’ici là il ne va plus de soi que je me trouve ainsi rejeté dans le monde des vainqueurs. Je suis même du camp des vainqueurs dont l’autre est ma victime. Puisque déjà mon «standing» de vie, même si quelque part il est insignifiant par rapport à tant d’autres, m’inflige maintenant la mauvaise conscience d’un privilégié devant l’existence démuni. Et dès lors «je suis en train d’exister, sur le mode d’un drame personnel, la misère de l’autre» dira Joseph COMBRES. Corrélativement, là je tiens pour accusé et l’autre l’accusateur . Du coup, je suis réduit à assumer l’injustice en me retournant vers mes affaires, ou à la refuser en acceptant la rencontre.

Si je l’accepte, le statut se modifie. Je ne suis plus l’agresseur, et alors il n’y a plus d’agressé. Un nouveau rapport humain s’institue, se vitalise et précise la dynamique rationnelle caractérisant la sphère sociale. Ce rapport s’épanouissant, une valeur d’humanité peut nous unir . L’autre existe en face de moi en référence non seulement à un système de valeurs dans lequel je voudrais bien le voir réintégré, mais aussi et surtout en référence à notre connaturalité. Ce qui suppose l’éclatement de la substantialité conscientielle, i.e l’ébranlement décisif de la totalité de l’être en tant participant à une rationalité et à une conscience présente à soi (qui en se connaissant connait l’autre). Sans doute il est la difficulté de lui prouver ma volonté et l’authenticité de ma visée axiologique sans passer autrement que par une pièce de monnaie par exemple. J’ai beau le regarder avec toute la sympathie possible, cela ne suffit pas. Le seul regard qu’il porte c’est la main tendue. Les paroles, il n’en a pas trop besoin à l’instant présent. C’est exactement cela qu’avait compris saint Vincent lorsqu’il réalise que la charité est un acte d’évangélisation. C’est par elle que la Bonne Nouvelle est effectivement annoncée aux pauvres. Car comment  rester les bras croisés ou opter pour un silence complice ou encore se payer le luxe de jouir tout seul lorsque des semblables ont faim, soif, froid, lorsqu’ils souffrent. Vous comprenez vous-mêmes qu’un individu dans une telle situation de déchéance s’estime asocial. Or le seul geste (de la monnaie ou autre) inaugure une sociabilisation profonde, l’autre recouvre sa  sociabilité et peut encore des fois s’estimer membre d’une communauté authentiquement humaine. L’aumône comme élément de recréation de l’homme, élément d’accroissement et d’inventivité, a son rôle social indéniable.

       Le chrétien devrait pourtant être “attentif” aux innombrables souffrances. Celles des pauvres surtout devraient le poursuivre au quotidien “jour et nuit” “les pauvres sont mon poids et ma douleur” dit saint Vincent de Paul. Ce dernier estime que cette tare, la misère, peut être vaincu, et là rendre aux pauvres leur dignité, leur personnalité et surtout leur humanité. “Car son cœur est plein de l’amour de Jésus-Christ”.

   Beaucoup développent l’argument selon lequel faire l’aumône est avilissant surtout pour celui qui demande l’aumône. D’autres vont plus loin, c’est une exploitation riante de l’homme par l’homme. D’où la question est-ce un vrai pauvre? Mais tout cela n’est qu’un prétexte fallacieux. C’est une forme de refus, une forme de calomnie. Celui qui adhère à une telle pensée se réfugie dans sorte de “naturalisme” homicide. C’est-à-dire que notre homme reste prisonnier des nécessités de la nature (ses injustices), des préjugés et des généralisations inconséquentes. Telles attitudes, que doit supprimer un être qui participe à la rationalité et qui plus est fait sa chrétienté, ne permet pas un mieux être. Que l’on puisse dire qu’en posant un tel acte d’amour, qu’on soit en train d’accréditer le système immoral de l’exploitation de l’homme par l’homme, voilà qu’il est aussi ahurissant. Et même nous pouvons plutôt déceler un inconscient qui exprime cette pensée nébuleuse: le fait n’est pas qu’il existe quelque part un inconvénient majeur, plutôt il s’agit de poser le geste. L’homme est égoïste et veut à lui seul son bien; qu’un autre cherche à en profiter voilà qu’il est immoral ; qu’un autre n’ayant pas les mêmes possibilités que lui, s’incline à ses pieds voilà qu’il est une exploitation ; qu’un autre croupisse dans la misère voilà qu’il est moral. Eh bien! Mes amis halte à l’égoïsme! La nature a fait ses inégalités, offrant l’occasion à l’individu non de regarder au sol mais devant lui, de regarder l’autre. Qu’y a-t-il encore de plus normal et noble que d’aider un démuni? Qu’existe-t-il de plus exploitant que de refuser à l’autre la seule coexistence ou la connaturalité voire la consubstantialité? Qu’y a-t-il de plus exquis que de compatir à la misère de l’autre? Rien ne sert de se perdre dans la rationalisation (au sens psychologique du terme) des positions.

 




COMBATTRE LE PROTOCOLE DE MAPUTO

29042011

COMBATTRE LE PROTOCOLE DE MAPUTO dans APOLOGIE DE LA VIE doc journalmensuel29novembre.doc

 

 

SPÉCIAL PROTOCOLE DE MAPUTO

 
 
  clip_image007 dans CATECHESES MARIALES

Lorsque je considère la vie de l’être humain, je me demande toujours, comment peut-elle être ainsi organisée ? Je parle d’abord de la vie biologique. Un organisme fonctionnant correctement obéit à un ensemble de lois. Le rythme cardiaque est tel qu’il n’empêche pas le rythme digestif. Le circuit sanguin ne se confond pas  au circuit de l’arc reflexe.

Mon étonnement se dégage de toute perception purement émotive, pour se situer dans ce que j’aime appeler le regard sur la réalité. Regarder la réalité est le premier pas objectif qui nous permet de la comprendre. On regarde quelque chose pour laisser cette chose s’imprégner en nous. Ainsi faisant, nous pourrions la saisir dans son déploiement intrinsèque.

clip_image009 dans LES CAPRICES DES ENFANTS DE LA VIERGE MARIECeci vaut particulièrement  autant pour la vie humaine que pour la personne humaine.

Je définis ce principe gnoséologique parce que chaque fois qu’on légifère sur quelque chose il est opportun considérer le donné et non le construit ou encore le déconstruit, pour éviter toute déviance cognitive, comme il est facile de le constater dans certain milieu intellectualiste de référence particulièrement relativiste.

Ainsi je pose la question : Quelle est la référence gnoséologique du protocole de Maputo ?

Il me semble que la gauche occidentale qui soutient tous azimuts le dit protocole a comme point de référence le déterminisme Skinnerien et Monodien. Skinner enseigne que notre fonctionnement organique détermine notre liberté et nos profondes aspirations morales. Monod Jacques, prix Nobel de la biologie, soutient que la cause efficiente de notre être est en nous. Cet immanentisme est à l’origine de sa théorie du hasard. Le hasard est, ou l’absence de cause, ou la présence d’une cause inexplicable pour le moment. Monod préfère la première position. Vous êtes d’accord avec moi qu’il s’agit d’un affront épistémologique. En fait, on sait que ce qui n’est pas causé, ou est incréé ou n’existe pas. Or, on sait aussi que tout ce qui existe existe par soi ou par quelque chose d’autre. Pour cela, ce qui existe par soi est essentiellement Dieu qui est « l’ipsum esse existens ». Ce qui n’a pas  l’être par soi a l’être en un autre. Si on dit que tout est fruit du hasard, toute explication est permise.

Avec cette vision théorique on peut torpiller la réalité comme on veut. Car ce qui n’a pas une cause qui l’ordonne, échappe à tout ordre et est sujet de toute sorte de  législation.

Dans le cas d’espèce je soutiens que le protocole de Maputo est fruit du relativisme et du déterminisme intellectuels. Découvrons ensemble.

 

 

Père Bonaventure Etienne

 

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BIOETHIQUE 

 

 

 

PENSER COMME L’EGLISE PENSE

 

 

clip_image014Rappelons quelques faits précis qui serviront notre réflexion, sans toutefois entrer dans les méandres de l’affaire. Une fillette brésilienne, violée à plusieurs reprises par le compagnon de sa mère, s’est retrouvée enceinte de jumeaux à l’âge de neuf ans, cette puberté précoce ayant été en partie induite par les violences sexuelles dont elle fut victime. Pendant plusieurs semaines, cette triste histoire fut la proie d’une bataille idéologique d’une rare violence – le Brésil débattant d’une éventuelle dépénalisation de l’avortement sous l’impulsion du président Lula – jusqu’à l’épilogue dramatique que tout le monde connaît : la petite fille est finalement hospitalisée loin de chez elle dans un établissement sanitaire de Recife pour y subir le 4 mars dernier un double avortement.

Les deux principales raisons invoquées pour justifier cette décision sont, d’une part, le contexte de cette grossesse gémellaire issue d’un viol odieux et, d’autre part, le jeune âge de la victime dont la gestation serait susceptible, nous dit-on, de mettre sa vie en danger.

 

clip_image016Les médias donneront rapidement une ampleur mondiale à ce cas dramatique devenu l’emblème d’un droit universel à l’avortement dit thérapeutique. Au petit jeu pervers du pompier pyromane, ils exploiteront par la suite les discordances et les failles dans les discours tenus par des personnalités catholiques pour clouer au pilori ceux qui s’arc-boutent sur des principes dogmatiques – le magistère de l’Église catholique étant bien évidemment dans le collimateur – au mépris de la plus élémentaire compassion. Déclenchant par voie de conséquence les foudres de l’opinion publique mondiale à l’encontre de ceux qui osent remettre en question le choix des médecins. 

L’avortement thérapeutique est-il licite ?


La controverse va s’importer au sein même des milieux pro-vie semant le trouble quant à l’appréciation morale à porter sur l’éventuelle licéité d’un avortement « médical » dans de pareils cas. La confusion est grande depuis que certaines voix catholiques ont semblé justifier a posteriori l’acte pratiqué par les médecins brésiliens. À situation exceptionnelle, décision exceptionnelle, l’âge précoce de la fillette faisant vaciller les convictions les plus assurées. La poursuite d’une fin bonne – la santé d’une petite fille qui a subi en outre des atteintes atroces à son innocence – motiverait dans ce cas l’avortement des deux jumeaux qu’elle portait et blanchirait les praticiens qui l’ont exécuté. À tel point que les lobbies pro-avortement estiment qu’une partie de l’Église a enfin accepté l’avortement « thérapeutique » pour protéger la vie d’une mère en danger du fait de sa grossesse.

Pour avaliser cette conclusion fut convoqué un grand principe de la philosophie morale : la théorie du double effet. Celle-ci met en œuvre un raisonnement issu de la casuistique du XIIIe siècle dont l’exposé classique se trouve dans la Somme théologique de saint Thomas d’Aquin (1228-1274) à propos du caractère licite de l’homicide en état de légitime défense :

clip_image018« Rien n’empêche qu’un même acte ait deux effets, dont l’un seulement est voulu, tandis que l’autre ne l’est pas. Or les actes moraux reçoivent leur spécification de l’objet que l’on a en vue, mais non de ce qui reste en dehors de l’intention, et demeure accidentel à l’acte. Ainsi, l’action de se défendre peut entraîner un double effet : l’un est la conservation de sa vie, l’autre la mort de l’agresseur. Une telle action sera donc licite si l’on ne vise qu’à protéger sa vie, puisqu’il est naturel à un être de se maintenir dans l’existence autant qu’il le peut […]. Et il n’est pas nécessaire au salut que l’on omette cet acte de protection mesurée pour éviter de tuer l’autre ; car on est davantage tenu de veiller à sa propre vie qu’à celle d’autrui [1] ». 


L’argumentation classique du double effet est basé sur le fait que la conséquence prévisible et prévue d’un acte n’est pas nécessairement son effet voulu. Employer un moyen de défense peut avoir un effet direct, voulu et bon qui sera de protéger la vie de la personne et un effet indirect, non désiré et mauvais qui est le fait de tuer l’agresseur. La théorie du double effet est bien connue des soignants lorsqu’ils sont confrontés à l’expression d’une douleur réfractaire chez un malade. Dans l’hypothèse d’un traitement analgésique, l’effet bon et premier délibérément recherché est de calmer la souffrance et l’effet second non voulu pour lui-même mais prévu et accepté comme un risque est une précipitation possible du décès du malade, cet effet mauvais et indirect étant lui-même envisagé parce que la personne est en fin de vie. Jean Leonetti a inscrit ce raisonnement moral dans la loi qui porte son nom faisant de la France le seul pays au monde à avoir transposé la réflexion du docteur angélique dans sa législation. Cela lui fut d’ailleurs vertement reproché par les partisans de l’euthanasie qui l’accusèrent à l’époque de « faire le jeu des cardinaux » !

Dans le cas qui nous intéresse, ceux qui applaudissent la décision des médecins brésiliens présument que ces derniers ont avant tout voulu sauver la fillette dont la vie était en danger (effet bon voulu) en recourant à un avortement non souhaité en lui-même (effet secondaire mauvais). Cette justification, aussi séduisante soit-elle au premier abord, est tout simplement fausse.

 


La licéité du double-effet

En effet, il existe des conditions de validité extrêmement précises qui doivent être remplies pour que la théorie du double effet soit utilisée à bon escient. Car, bien évidemment, tout acte qui a une conséquence mauvaise n’est pas rendu obligatoirement bon seulement parce que l’agent voulait faire le bien. Il faut y mettre au moins quatre critères, qui ont d’ailleurs été rappelés noir sur blanc par la Société de réanimation de langue française dans le cadre du maniement de l’analgésie et de la sédation en fin de vie :

 

·                     clip_image020l’acte ne doit pas être mauvais en lui-même ;

·                     l’effet indirect mauvais, même s’il est prévu, ne doit pas être voulu ;

·                     l’effet indirect mauvais ne doit pas être utilisé comme moyen d’obtenir l’effet bon ;

·                     il ne doit exister aucun autre acte permettant d’atteindre cet effet bon recherché, c’est-à-dire qu’on ne peut pas faire autrement.


Si nous restons dans le domaine des traitements anti-douleurs, on peut dire que l’analgésie n’est pas mauvaise en soi, par opposition à l’injection délibérément euthanasique d’une substance létale, que l’accélération de la mort est prévue (sans exactitude), mais non voulue, et que cette mort n’est pas le moyen d’obtenir l’absence de douleur.  Dans l’affaire du Brésil, ces critères rigoureux sont totalement bafoués : l’avortement est mauvais en lui-même puisqu’il supprime la vie des deux jumeaux innocents, il est voulu pour lui-même et non simplement prévu et il est le moyen d’obtenir l’effet bon, ici sauver la vie de la fillette. Les médecins ont d’ailleurs revendiqué leur geste, et donc révélé clairement leur intention, en déclarant à la presse brésilienne qu’ils militaient pour la légalisation de l’avortement dans leur pays.

 


L’avortement ne peut jamais être voulu


En l’espèce, s’appuyer sur la théorie du double effet est une forfaiture qui obscurcit les consciences. L’argument du double effet ne peut s’appliquer que lorsque l’avortement est la conséquence secondaire d’un acte en lui-même non abortif. La Charte des personnels de la santé promulguée par le Conseil pontifical pour la pastorale des services de santé en 1995 l’explique remarquablement au n. 142 :
« Quand l’avortement s’ensuit, comme conséquence prévue, mais non convenue et non voulue, simplement tolérée, d’un acte thérapeutique inévitable pour la santé de la mère, celui-ci est moralement légitime. »

L’exemple le plus connu pour l’illustrer est celui du docteur italien Jeanne Beretta Molla, maintenant inscrite sur l’album des saints, atteinte d’un volumineux fibrome utérin pendant sa quatrième grossesse mettant irrémédiablement son existence en danger. Réséquer la tumeur l’aurait sauvée mais aurait eu pour conséquence indirecte de tuer l’enfant. À rebours de ce qui est souvent proféré pour la discréditer, l’Église n’obligeait en aucun cas la jeune femme à mourir en couche. Choisissant de donner la vie à l’enfant qu’elle portait, elle a sacrifié la sienne de manière héroïque, succombant finalement sous les assauts d’une hémorragie cataclysmique.

L’avortement voulu directement, qui ne relève pas de la même analyse morale, n’est en revanche jamais licite. « Il est vrai, ajoutent les rédacteurs de la Charte des personnels de la santé, qu’en certains cas, en refusant l’avortement, on porte préjudice à des biens importants qu’il est normal de vouloir sauvegarder » (n. 141). Et de citer en premier lieu « la santé de la mère ». Pour autant, rappellent-ils, ce fait « ne peut octroyer objectivement le droit de disposer de la vie d’autrui, même en sa phase initiale ».

Cet avis est conforme à la tradition morale occidentale telle que Pie XII l’a explicitée dans un discours demeuré célèbre à l’Union catholique italienne des sages-femmes :

 

« Il n’y a aucun homme, aucune autorité humaine, aucune science, aucune indication médicale, eugénique, sociale, économique, morale qui puisse donner un titre juridique valable pour disposer directement et délibérément d’une innocente vie humaine, c’est-à-dire pour en disposer en vue de sa destruction envisagée soit comme but, soit comme moyen d’obtenir un but qui peut-être en soi n’est pas du tout illégitime. Ainsi par exemple sauver la vie d’une mère est une très noble fin ; mais la suppression directe de l’enfant comme moyen d’obtenir cette fin n’est pas permise » (29 octobre 1951). 

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Doctrine confirmée solennellement par Jean-Paul II dans Evangelium vitae au nn. 58 et 62.

Faudra-t-il donc en rester là et camper sur le principe de l’interdit de l’avortement sans rien ajouter de plus ?

 


L’interdit protecteur

 


La réflexion morale développée par l’Église sur ces questions fait du critère irréfragable de respect du droit à la vie un principe d’action dynamique. Le respect de la vie humaine à naître comprend ainsi deux postulats objectifs : l’un qui est négatif, celui de l’interdit de l’avortement délibéré et direct, l’autre qui est positif, celui de l’obligation de rechercher en vérité les meilleurs moyens pour y satisfaire. L’interdit est dès lors protecteur en donnant l’occasion à des hommes sages et prudents au sens aristotélicien fort du terme de déployer un agir vertueux.
Rappelons-nous le quatrième critère qui nous permet de penser le double effet dans toute sa complexité : il ne doit exister aucun moyen de faire autrement. Dans l’affaire de Recife, n’y avait-il donc pas la place pour envisager une autre solution éthique, celle qui aurait été respectueuse des trois vies innocentes en jeu dans cette histoire ? Les deux jumeaux ne pouvaient-ils pas bénéficié des moyens les plus en pointe de la médecine, ceci afin de protéger leur vie, tout comme celle de leur maman de neuf ans ?

 


Dans le cas de Recife


Au moment où éclate l’affaire, l’état de santé de la fillette enceinte de quatre mois n’est pas inquiétant aux dires des premiers médecins en charge du dossier. On aurait très bien pu lui offrir un accompagnement médical et gynécologique compétent pour suivre efficacement sa physiologie, surveiller sa grossesse, préparer au mieux la maturité pulmonaire des deux jumeaux jusqu’à ce qu’une équipe pluridisciplinaire juge que leur viabilité autorise une extraction par césarienne. Même dans l’éventualité où sa santé aurait été compromise sur le plan métabolique ou organique, on aurait pu procéder à l’extraction méticuleuse des deux enfants, lesquels auraient été pris en charge avec la sollicitude soignante adéquate (notamment par des soins palliatifs de qualité mêmes courts dans le temps) jusqu’à la mort sans qu’il ne soit à aucun moment nécessaire d’attenter directement à leur vie. Leur décès aurait été le fait des choses mais non des hommes selon l’expression employée parfois par les bioéthiciens. Ils auraient pu dans tous les cas être baptisés comme semblait le souhaiter la famille. 

Sauver les trois vies sans opérer de discrimination entre elles, c’est exactement ce qu’a tenté de faire l’archevêque de Recife, Mgr Jose Cardoso Sobrinho, qui a depuis reçu le prestigieux prix Cardinal Von-Galen attribué par le puissant mouvement pro-vie Human Life International « en reconnaissance de son attitude héroïque dans l’accomplissement de son ministère épiscopal, pour la défense de la vie humaine, en affrontant l’hostilité de tous ceux qui font la promotion de la culture de mort [2]. »

On retiendra de cette affaire que vouloir le bien n’implique à aucun moment de choisir le mal, le principe de sauvegarde de la vie humaine pouvant être appréhendé de manière suffisamment dynamique et intelligente pour que l’antique vertu de prudence ou sagesse pratique parvienne à l’incarner concrètement dans les situations les plus douloureuses et les plus complexes. Il faut pour cela consentir, à plusieurs bien souvent, à un inlassable travail moral qui nous tiendra jusqu’au bout à la hauteur de notre humanité.

[1] Thomas d’Aquin, Summa theologiae, IIa, IIae, Q.64, a.7.
[2] 
http://www.hli.org/files/June%20SR%20294.pdf.

 

 

 

P. NKOUTAMA

MAGISTERE                                                                                                       P. Nkoutama

 

 

 

DISCOURS DU SAINT-PERE : NECESSITÉ D’UNE CONVERSION PAR UNE ÉTHIQUE FONDÉE SUR LA DIGNITE INNÉE DE LA PERSONNE HUMAINE


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Benoît XVI s’adresse au corps diplomatique le 08 janvier 2009.  A 11 h ce matin là dans la salle Royale du palais apostolique, le pape Benoît XVI s’adressa, comme c’est la tradition en début d’année, au corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège, devant lequel il a passé en revue les principaux moments de l’année 2008. Tout d’abord, le saint-Père  reçut les salutations du doyen du Corps Diplomatique, l’Ambassadeur du Honduras.


Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Le mystère de l’incarnation du Verbe, que nous revivons chaque année dans la Fête de Noël, nous invite à méditer sur les événements qui marquent le cours de l’histoire. Et c’est précisément dans la lumière de ce mystère plein d’espérance que se place cette rencontre traditionnelle avec vous, illustres membres du Corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège, qui, au début de cette année nouvelle nous procure une occasion opportune pour échanger des vœux sincères. Je me tourne en premier lieu vers Son Excellence l’Ambassadeur Alejandro Valladares Lanza, lui exprimant ma gratitude pour les souhaits qu’il m’a aimablement présentés, pour la première fois, en qualité de Doyen du Corps diplomatique. Mon salut déférent s’étend à chacun de vous, ainsi qu’à vos familles et à vos collaborateurs et, à travers vous, aux peuples et aux gouvernements des pays que vous représentez. Pour tous, je demande à Dieu le don d’une clip_image027année qui soit féconde de justice, de sérénité et de paix.

A l’aube de cette année 2009, ma pensée affectueuse va d’abord à tous ceux qui ont souffert à cause de graves catastrophes naturelles, en particulier au Vietnam, en Birmanie, en Chine et aux Philippines, en Amérique centrale et dans les Caraïbes, en Colombie et au Brésil, ou bien à cause de conflits nationaux ou régionaux sanglants ou encore à cause d’attentats terroristes qui ont semé la mort et la destruction dans des pays comme l’Afghanistan, l’Inde, le Pakistan et l’Algérie. Malgré tant d’efforts, la paix si désirée est encore lointaine ! Face à ce constat, il ne faut pas se décourager ni diminuer l’engagement en faveur d’une culture de paix authentique, mais au contraire redoubler d’efforts en faveur de la sécurité et du développement. Dans ce sens, le Saint-Siège a tenu à être parmi les premiers à signer et à ratifier la «Convention sur les armes à sous-munitions », document qui a aussi l’objectif de renforcer le droit international humanitaire. D’autre part, relevant avec préoccupation les symptômes de crise qui se manifestent dans le domaine du désarmement et de la non-prolifération nucléaire, le Saint-Siège ne cesse de rappeler que l’on ne peut pas construire la paix quand les dépenses militaires soustraient d’énormes ressources humaines et matérielles aux projets de développement, spécialement des peuples les plus pauvres.

Et c’est vers les pauvres, les trop nombreux pauvres de notre planète, que je voudrais tourner mon attention aujourd’hui, à la suite du Message pour la Journée Mondiale de la Paix, que j’ai consacré cette année au thème « combattre la pauvreté, construire la paix ». Les paroles par lesquelles le Pape Paul VI engageait sa réflexion dans l’Encyclique Populorum Progressio n’ont rien perdu de leur actualité : « Être affranchis de la misère, trouver plus sûrement leur subsistance, la santé, un emploi stable; participer davantage aux responsabilités, hors de toute oppression, à 1′abri de situations qui offensent leur dignité d’hommes; être plus instruits; en un mot, faire, connaître, et avoir plus, pour être plus: telle est l’aspiration des hommes d’aujourd’hui, alors qu’un grand nombre d’entre eux sont condamnés à vivre dans des conditions qui rendent illusoire ce désir légitime » (n. 6). Pour construire la paix, il convient de redonner espoir aux pauvres. Comment ne pas penser à tant de personnes et de familles éprouvées par les difficultés et les incertitudes que l’actuelle crise financière et économique a provoquées à l’échelle mondiale ? Comment ne pas évoquer la crise alimentaire et le réchauffement climatique, qui rendent encore plus ardu l’accès à la nourriture et à l’eau pour les habitants de régions parmi les plus pauvres de la planète ? Il est urgent désormais d’adopter une stratégie efficace pour combattre la faim et faciliter le développement agricole local, d’autant plus que la proportion de pauvres augmente à l’intérieur même des pays riches. Dans cette optique, je me réjouis que, lors de la récente Conférence de Doha sur le financement du développement, aient été identifiés des critères utiles pour orienter la gouvernance du système économique et venir en aide aux plus faibles.

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Plus en profondeur, pour rendre l’économie plus saine, il faut bâtir une nouvelle confiance. Cet objectif ne pourra être atteint que par la mise en œuvre d’une éthique fondée sur la dignité innée de la personne humaine. Je sais combien cela est exigeant, mais ce n’est pas une utopie ! Aujourd’hui plus qu’hier, notre avenir est en jeu, ainsi que le sort même de notre planète et de ses habitants, en premier lieu des jeunes générations qui héritent d’un système économique et d’un tissu social durement compromis.

Oui, Mesdames et Messieurs, poursuit Benoît XVI, si nous voulons combattre la pauvreté, nous devons investir avant tout dans la jeunesse, l’éduquant à un idéal d’authentique fraternité. Durant mes voyages apostoliques de l’année dernière, j’ai eu l’occasion de rencontrer beaucoup de jeunes, surtout dans le cadre extraordinaire de la célébration de la XXIIIème Journée mondiale de la Jeunesse, à Sydney, en Australie. Mes voyages apostoliques, à commencer par la visite aux États Unis, m’ont aussi permis de prendre la mesure des attentes de nombreux secteurs de la société à l’égard de l’Église catholique. Dans cette phase délicate de l’histoire de l’humanité, marquée d’incertitudes et d’interrogations, beaucoup attendent que l’Église exerce avec courage et clarté sa mission d’évangélisation et son œuvre de promotion humaine. Mon discours au Siège de l’Organisation des Nations Unies s’insère dans ce contexte : soixante ans après l’adoption de la Déclaration universelle des Droits de l’homme, j’ai voulu souligner que ce document se fonde sur la dignité de la personne humaine, et celle-ci sur la nature commune à tous qui transcende les diverses cultures. Quelques mois plus tard, me rendant en pèlerinage à Lourdes pour le cent cinquantième anniversaire des apparitions de la Vierge Marie à sainte Bernadette, j’ai voulu souligner que le message de conversion et d’amour qui irradie de la grotte de Massabielle demeure de grande actualité, comme une invitation constante à construire notre existence et les relations entre les peuples sur des bases de respect et de clip_image031fraternité authentiques, conscients que cette fraternité suppose un Père commun à tous les hommes, le Dieu Créateur. Du reste, une société sainement laïque n’ignore pas la dimension spirituelle et ses valeurs, parce que la religion, et il m’a semblé utile de le répéter durant mon voyage pastoral en France, n’est pas un obstacle, mais au contraire un fondement solide pour la construction d’une société plus juste et plus libre.

Les discriminations et les très graves attaques dont ont été victimes, l’an passé, des milliers de chrétiens, montrent combien ce n’est pas seulement la pauvreté matérielle, mais aussi la pauvreté morale qui nuit à la paix. C’est dans la pauvreté morale, de fait, que de telles exactions plongent leurs racines. Réaffirmant la haute contribution que les religions peuvent donner à la lutte contre la pauvreté et à la construction de la paix, je voudrais répéter en cette assemblée qui, idéalement, représente toutes les nations du monde : le christianisme est une religion de liberté et de paix et il est au service du vrai bien de l’humanité. A nos frères et sœurs victimes de la violence, spécialement en Iraq et en Inde, je renouvelle l’assurance de mon affection paternelle; aux autorités civiles et politiques, je demande instamment de s’employer avec énergie à mettre fin à l’intolérance et aux vexations contre les chrétiens, d’œuvrer pour réparer les dommages provoqués, en particulier aux lieux de culte et aux propriétés ; et d’encourager par tous les moyens le juste respect pour toutes les religions, proscrivant toutes formes de haine et de mépris. Je souhaite aussi que, dans le monde occidental, on ne cultive pas de préjugés ou d’hostilité contre les chrétiens, simplement parce que, sur certaines questions, leur voix dérange. Pour leur part, que les disciples du Christ, confrontés à de telles épreuves, ne perdent pas courage : le témoignage de l’Évangile est toujours un « signe de contradiction » par rapport à « l’esprit du monde » ! Si les tribulations sont pénibles, la constante présence du Christ est un puissant réconfort. Son Évangile est un message de salut pour tous et c’est pourquoi il ne peut être confiné dans la sphère privée, mais doit être proclamé sur les toits, jusqu’aux extrémités de la terre.

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La naissance du Christ dans la pauvre grotte de Bethléem nous conduit naturellement à évoquer la situation au Moyen-Orientet, en premier lieu, en Terre Sainte, où, en ces jours, nous assistons à une recrudescence de violence qui provoque des dommages et des souffrances immenses aux populations civiles. Cette situation complique encore la recherche d’une issue au conflit entre Israéliens et Palestiniens, vivement désirée par beaucoup d’entre eux et par le monde entier. Une fois de plus, je voudrais redire que l’option militaire n’est pas une solution et que la violence, d’où qu’elle provienne et quelque forme qu’elle prenne, doit être condamnée fermement. Je souhaite que, avec l’engagement déterminant de la communauté internationale, la trêve dans la bande de Gaza soit remise en vigueur, – ce qui est indispensable pour redonner des conditions de vie acceptables à la population -, et que soient relancées les négociations de paix en renonçant à la haine, aux provocations et à l’usage des armes. Il est très important que, à l’occasion des échéances électorales cruciales qui intéresseront beaucoup d’habitants de la région dans les prochains mois, émergent des dirigeants capables de faire progresser avec détermination ce processus et de guider leurs peuples vers la difficile mais indispensable réconciliation. On ne pourra parvenir à celle-ci sans adopter une approche globale des problèmes de ces pays, dans le respect des aspirations et des intérêts légitimes de toutes les populations intéressées. Outre des efforts renouvelés pour la solution du conflit israélo-palestinien, que je viens de mentionner, il faut apporter un soutien convaincu au dialogue entre Israël et la Syrie et, pour le Liban, appuyer la consolidation en cours des institutions, qui sera d’autant plus effective qu’elle s’accomplira dans un esprit d’unité. Aux Iraquiens, qui se préparent à reprendre pleinement en main leur propre destinée, j’adresse un encouragement particulier à tourner la page pour regarder l’avenir afin de le construire sans discrimination de race, d’ethnie ou de religion. En ce qui concerne l’Iran, on ne doit pas se lasser de rechercher une solution négociée à la controverse sur le programme nucléaire, à travers un mécanisme qui permette de satisfaire les exigences légitimes du pays et de la communauté internationale. Un tel résultat favoriserait grandement la détente régionale et mondiale.

Portant le regard sur le grand continent asiatique, je constate avec préoccupation que dans certains pays les violences perdurent et que dans d’autres la situation politique demeure tendue, mais il existe des progrès qui permettent de regarder vers l’avenir avec une plus grande confiance. Je pense, par exemple, à la reprise de nouvelles négociations de paix à Mindanao, aux Philippines, et au nouveau cours que prennent les relations entre Pékin et Taipei. Dans ce même contexte de recherche de paix, une solution définitive du conflit en cours au Sri Lanka ne pourrait être que politique aussi, alors que les besoins humanitaires des populations concernées doivent continuer à être l’objet d’une attention soutenue. Les communautés chrétiennes qui vivent en Asie sont souvent réduites du point de vue numérique, mais elles souhaitent offrir une contribution convaincue et efficace au bien commun, à la stabilité et au progrès de leurs pays, donnant un témoignage de la primauté de Dieu qui établit une saine hiérarchie des clip_image035valeurs et donne une liberté plus forte que les injustices. La récente béatification de cent quatre-vingt-huit martyrs, au Japon, l’a rappelé de façon éloquente. L’Église, comme on l’a dit bien des fois, ne demande pas de privilèges, mais l’application du principe de la liberté religieuse dans toute son étendue. Dans cette optique, il est important que, en Asie centrale, les législations sur les communautés religieuses garantissent le plein exercice de ce droit fondamental, dans le respect des normes internationales.

Dans quelques mois, j’aurai la joie de rencontrer beaucoup de frères et sœurs dans la foi et en humanité qui vivent en Afrique. Dans l’attente de cette visite que j’ai tant désirée, je prie le Seigneur afin que leurs cœurs soient disponibles à accueillir l’Évangile et à le vivre avec cohérence, en construisant la paix par la lutte contre la pauvreté morale et matérielle. Un soin tout particulier est à réserver à l’enfance : vingt ans après l’adoption de la Convention sur les droits des enfants, ceux-ci demeurent très vulnérables. Beaucoup d’enfants vivent le drame des réfugiés et des déplacés en Somalie, au Darfour et dans la République démocratique du Congo. Il s’agit de flux migratoires concernant des millions de personnes qui ont besoin d’une aide humanitaire et qui surtout sont privées de leurs droits élémentaires et blessées dans leur dignité. Je demande à ceux qui exercent des responsabilités politiques, au niveau national et international, de prendre toutes les mesures nécessaires pour résoudre les conflits en cours et pour mettre fin aux injustices qui les ont provoqués. Je souhaite qu’en Somalie, la restauration de l’État puisse enfin progresser, afin que cessent les interminables souffrances des habitants de ce pays. Au Zimbabwe, également, la situation demeure critique et des aides humanitaires considérables sont nécessaires. Les Accords de paix au Burundi ont jeté une lueur d’espoir dans la région. Je forme des vœux afin qu’ils soient pleinement appliqués et deviennent source d’inspiration pour d’autres pays, qui n’ont pas encore trouvé la voie de la réconciliation. Le Saint-Siège, vous le savez, suit avec une attention spéciale le continent africain et est heureux d’avoir établi l’an passé les relations diplomatiques avec le Botswana.

Dans ce vaste panorama, qui embrasse le monde entier, je désire également m’arrêter un moment sur l’Amérique Latine. Là aussi, les peuples désirent vivre en paix, affranchis de la pauvreté et exerçant librement leurs droits fondamentaux. Dans ce contexte, il faut souhaiter que les besoins de ceux qui émigrent soient pris en considération par des législations qui facilitent le regroupement familial et concilient les légitimes exigences de sécurité et celles clip_image037de l’inviolable respect de la personne. Je voudrais aussi louer l’engagement prioritaire de certains gouvernements pour rétablir la légalité et mener une lutte sans compromis contre le trafic des stupéfiants et la corruption. Je me réjouis que, trente ans après le début de la médiation pontificale sur le différend entre l’Argentine et le Chili relatif à la zone australe, les deux pays aient en quelque sorte scellé leur volonté de paix en élevant un monument à mon vénéré prédécesseur le Pape Jean-Paul II. Je souhaite, par ailleurs, que la récente signature de l’Accord entre le Saint-Siège et le Brésil facilite le libre exercice de la mission évangélisatrice de l’Église et renforce encore davantage sa collaboration avec les institutions civiles pour le développement intégral de la personne. L’Église accompagne depuis cinq siècles les peuples de l’Amérique Latine, partageant leurs espérances et leurs préoccupations. Ses Pasteurs savent que, pour favoriser un progrès authentique de la société, leur tâche propre est d’éclairer les consciences et de former des laïcs capables d’intervenir avec ardeur dans les réalités temporelles, se mettant au service du bien clip_image039commun.

Portant enfin mon regard sur des nations qui sont plus proches, je voudrais saluer la communauté chrétienne de Turquie, rappelant que, en cette année jubilaire spéciale à l’occasion du deuxième millénaire de la naissance de l’Apôtre saint Paul, de nombreux pèlerins convergent vers Tarse, sa ville d’origine, ce qui souligne encore une fois le lien étroit de cette terre avec les origines du christianisme. Les aspirations à la paix sont vives à Chypre, où ont repris les négociations en vue de justes solutions aux problèmes liés à la division de l’Île. En ce qui concerne le Caucase, je voudrais rappeler une fois encore que les conflits qui intéressent les États de la Région ne peuvent pas être résolus par la voie des armes et, pensant à la Géorgie, je souhaite que soient honorés tous les engagements souscrits dans l’Accord de cessez-le-feu du mois d’août dernier – conclu grâce aux efforts diplomatiques de l’Union Européenne – et que le retour des déplacés dans leurs foyers soit au plus tôt rendu possible. S’agissant, enfin, du Sud-Est de l’Europe, le Saint-Siège poursuit son engagement pour la stabilité dans la région, et espère que continueront à se créer les conditions pour un avenir de réconciliation et de paix entre les populations de la Serbie et du Kosovo, dans le respect des minorités et sans oublier la préservation du précieux patrimoine artistique et culturel chrétien, qui constitue une richesse pour toute l’humanité.

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, conclut Benoît XVI, au terme de ce tour d’horizon, qui, dans sa brièveté, ne peut mentionner toutes les situations de souffrance et de pauvreté qui sont présentes à mon esprit, je reviens au Message pour la célébration de la Journée Mondiale de la Paix de cette année. Dans ce document, j’ai rappelé que les êtres humains les plus pauvres sont les enfants qui ne sont pas nés (n. 3). Je ne peux pas ne pas évoquer, en terminant, d’autres pauvres, comme les malades et les personnes âgées abandonnées, les familles divisées et sans points de repères. La pauvreté se combat si l’humanité est rendue plus fraternelle par des valeurs et des idéaux partagés, fondés sur la dignité de la personne, sur la liberté alliée à la responsabilité, sur la reconnaissance effective de la place de Dieu dans la vie de l’homme. Dans cette perspective, fixons notre regard sur Jésus, l’humble enfant couché dans la mangeoire. Parce qu’Il est le Fils de Dieu, il nous indique que la solidarité fraternelle entre tous les hommes est la voie maîtresse pour combattre la pauvreté et pour construire la paix. Que la lumière de Son amour illumine tous les gouvernants et toute l’humanité ! Qu’elle nous guide tout au long de cette année qui vient de commencer ! Bonne année à tous.

 

 

 

EGLISE 

 

 

 

 

clip_image042LES DIRIGEANTS CATHOLIQUES ET AFRICAINS S’OPPOSENT AU PROTOCOLE DE MAPUTO

 

Le Pape Benoît XVI, dans un discours au Corps diplomatique accrédité auprès du Saint Siège le 8 janvier 2007, a dit :

« Comment ne pas se préoccuper des continuelles atteintes à la vie, de la conception jusqu’à la mort naturelle ? De telles atteintes n’épargnent même pas des régions où la culture du respect de la vie est traditionnelle, comme en Afrique, où l’on tente de banaliser subrepticement l’avortement, par le Protocole de Maputo, ainsi que par le Plan d’action adopté par les Ministres de la santé de l’Union Africaine, qui sera d’ici peu soumis au Sommet des Chefs d’État et de Gouvernement. »

Un communiqué des évêques africains fut divulgué le 19 avril 2007 :

« Nous voulons attirer l’attention des chefs politiques de l’Afrique sur nos fortes réserves concernant des aspects de l’article 14 du Protocole de Maputo… Nous observons que les droits des femmes de protéger et promouvoir leur santé sexuelle et reproductive dans cet article ont exclu les droits du couple, de la famille et de la société (civile, traditionnelle, culturelle et religieuse) de précisément prendre part à la promotion des droits de la femme aux soins de santé. Par exemple, l’autorisation d’avorter et le choix de toutes les méthodes de contraception pour les femmes (cf. article 14, # 1, c et # 2, c) sont particulièrement incompatibles avec les enseignements de l’Église catholique, sa tradition et ses pratiques… En outre, l’Église affirme sans interruption depuis le premier siècle que c’est une grave faute morale pour toute personne ou leur agent de procurer un avortement. Cet enseignement n’a pas changé et demeure inchangeable…. A la lumière de ceci, nous observons que l’avortement et l’infanticide sont des crimes abominables pour presque toutes nos cultures africaines, sociétés traditionnelles et religions. »


Ce message fut signé par le Cardinal Polycarpe Pengo, Président du Symposium des Conférences Episcopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM) et Archevêque de Dar Es-Salaam, Tanzanie, ainsi que par beaucoup d’autres cardinaux et évêques africains. La Conférence Episcopale de
clip_image044l’Ouganda a publiée un message le 19 janvier 2006 :

« Jamais dans l’histoire un protocole n’est allé aussi loin ! Nous croyons fermement que les peuples d’Afrique n’ont aucun désir de voir ce protocole introduit dans leurs lois. Nous sommes certains que le peuple de l’Ouganda ne le désirait jamais…. Les situations de forte détresse mentionnées dans le texte du protocole (viol, inceste, agression sexuelle) ne peuvent créer un droit de supprimer une vie innocente. Ceci s’applique encore moins dans les cas mal définis d’un « danger pour la santé mentale ou physique de la mère ou d’un danger pour la vie de la mère ou du fœtus. » En fait ceci est une porte ouverte pour l’avortement libre. »

Chris Smith, un député national aux États-Unis en visite au Nigeria a critiqué le Protocole. Selon le Daily Champion de Lagos du 26 février 2007, Smith a déclaré :

 « La vie d’innombrables africains a été perdue ou blessée par les guerres, les crimes, les famines et les maladies. L’avortement légal ou illégal menace la destruction de la prochaine génération d’enfants africains…. C’est faux de prétendre que l’avortement sera sans risques si c’est légal. L’avortement n’est jamais sans risques pour l’enfant et peut causer des blessures physiques, émotionnelles et psychologiques pour la femme que se soit légal ou illégal. »

-           Le prochain 11 juillet 2009  le Cardinal Christian Tumi, archevêque de Douala et son Coadjuteur Mgr Samuel Kleda organisait une marche silencieuse contre la ratification de la part du Cameroun dudit Protocole.

L’Extrême-gauche est en train de promouvoir le protocole de Maputo.

Les organisateurs occidentaux de la promotion du Protocole de Maputo sont de la gauche radicale. En tête est Emma Bonino, membre du Parlement Européen et fondatrice du groupe Pas de Paix sans Justice. Bonino est membre du Parti Radical en Italie. En suivant un lien sur le site Internet du Parti Radical intitulé « anticléricalisme, » il y a des images d’une manifestation de ses membres sur la place St. Pierre. Un des manifestants porte un panneau avec le message « Non au Vatican, Non au Taliban. » Un autre dit : « Pas de Dieu. Athéisme et Liberté. » Un des projets sur le site Internet est intitulé « Non a l’interférence du Vatican dans les affaires intérieures des États membres de l’Union Européenne sur les droits des GLBT. » (GLBT en anglais veut dire gay, lesbian, bisexual, and transgendered ou homosexuel, lesbienne, bisexuel et transsexuel) Le Parti Radical se vante de son rôle dans la promotion de l’avortement et du divorce en Italie.

Il faut ajouter que le Plan d’action de Maputo adopté en septembre 2006 lors d’une réunion de Ministres de santé africains avait pour thème un « accès universel aux services intégrés de santé en matière de sexualité et de reproduction en Afrique. » Ce Plan d’action demande que l’avortement soit accessible dans tous les pays africains autant que les lois nationales le permettent. Quand le Protocole de Maputo aura abolit les restrictions à l’avortement, ce Plan d’action sera utilisé pour banaliser l’avortement qui sera même subventionné par le gouvernement.

L’Afrique n’est pas surpeuplée.

clip_image046Une idée préconçue qui est utilisée pour promouvoir le Protocole de Maputo et d’autres projets idéologiques similaires, est le surpeuplement de l’Afrique. Il est prétendu qu’il y a trop de personnes noires et que les pays riches doivent travailler pour la réduction de leur nombre en collaborant avec les gouvernements africains. Ceci est faux. Il est vrai que beaucoup de pays africains ont des taux de naissances élevés, mais lamentablement ils sont souvent les victimes de guerres, de famines, d’épidémies et leurs taux de fécondité baissent rapidement. Il est le cas de rappeler que la pandémie du VIH/SIDA à elle seule continuera à prendre des dizaines de millions de vies humaines. Beaucoup de projections récentes de la population future de l’Afrique incorporent une prévision que la pandémie sera rapidement maîtrisée. Cette prévision hasardeuse est hautement douteuse.

clip_image048Selon la division de population des Nations Unies, la densité de la population de l’Afrique en 2005 était de 30 personnes par kilomètre carré. L’Europe, avec l’immense Russie, a une densité de 32. Les États-Unis d’Amérique, que personne ne pense être surpeuplés, ont 31 personnes par kilomètre carré, et l’Amérique Latine et les Caraïbes ont 27. L’Asie, le continent qui se développe le plus rapidement aujourd’hui, a une densité de 124 personnes par kilomètre carré. L’Afrique est une terre avec des ressources naturelles prodigieuses qui serait déjà riche si elle ne souffrait pas d’exploitations politiques et économiques. Le Protocole de Maputo est un autre exemple de cette ingénierie sociale, de ces manipulations, qui sont imposées à l’Afrique.

 

Djonkep Marius

 

LES EVEQUES INVITENT LES DIRIGEANTS AFRICAINS A NE PAS RATIFIER LE PROTOCOLE DE MAPUTO

clip_image050Un objectif clair du Protocole de Maputo est d’imposer l’avortement à tous les pays de l’Afrique. Les promoteurs de ce traité ont le devoir d’avouer honnêtement leurs objectifs. Si de fait le Protocole de Maputo existe pour combattre les mutilations génitales féminines, il devrait se limiter à ce problème et ne pas inclure, d’autres issues comme l’avortement et la planification familiale. Les africains ont toujours valorisé la vie et la famille. Le Protocole de Maputo est une attaque sans précédent contre les enfants à naître et la famille traditionnelle. La puissance de l’Afrique n’émane pas de ses ressources naturelles, mais de sa population jeune et active. Aucun pays, aucun continent qui tue sa jeune génération ne peut survivre. Le Protocole de Maputo fut inspiré par des européens non pas par des africains. C’est alors probablement significatif que l’Europe, ou la grande majorité des pays permettent l’avortement libre depuis des années, souffre d’une population en déclin depuis une décennie et se trouve le seul continent « mourant » du monde. L’Afrique ne doit pas suivre l’exemple suicidaire de l’Europe. Avant de clôturer les travaux de l’Assemblée plénière de l’Association des Conférences Episcopales de l’Afrique Centrale (ACEAC), qui a eu lieu à Kinshasa du 17 au 20 juin 2007, les Évêques ont publié une DECLARATION à propos du Protocole de Maputo.

Un texte sur les droits de la Femme en Afrique que les Etats membres de l’Union Africaine ont adopté le 11 juillet 2003.

«Il faut reconnaître – affirment les Evêques – que ce Protocole part d’une visée nettement positive, celle de promouvoir la dignité de la femme et d’accroître ses chances de développement intégral ».

Cependant, en particulier dans les articles 4 et 14, «contrairement à ce qu’il prétend chercher, la préservation des valeurs africaines telles que l’égalité, la paix, la liberté, la dignité, la justice, le Protocole de Maputo – affirment encore les Evêques – détruit les valeurs africaines en général et de la femme africaine en particulier.

clip_image052En fait, en voulant aligner l’Afrique et les femmes africaines sur une conception étrangère à la culture africaine : refus de la maternité qualifiée d’esclavage, droit à l’avortement comme atteinte au droit à la vie de l’enfant à naître, hédonisme et liberté sexuelle, droit de jouir librement de sa vie sexuelle quel que soit son statut ou son orientation sexuelle, droit de choisir ses partenaires, ce Protocole constitue une destruction lente mais sûre des valeurs africaines les plus fondamentales.

Le respect de la vie, l’importance de la famille, de la maternité, de la fécondité, du mariage, toutes ces valeurs sont ignorées du Protocole ».

Les Evêques invitent les dirigeants africains «à ne pas ratifier le Protocole de Maputo dans sa forme actuelle».

 

Moumien Eléonore

 

ENTRETIEN AVEC LE PERE CURE  BONAVENTURE ETIENNE 

 

 

 

“LA VOIE DE L’IMMACULÉE”, notre journal paroissial a eu un entretien exclusif avec notre pere curé a propos du Protocole de Maputo, dont voici la teneur.

LVI : Une marche silencieuse est prévue le 11 juillet 2009, initiative de nos deux archevêques de Douala. Comment avez-vous accueilli cette nouvelle ?

P. Bonaventure Etienne : C’est une belle initiative de la part de nos pasteurs. Nous sommes appelés à savoir rendre raison de notre espérance de façon concrète. Le courage de témoigner sa propre foi est un exemple que tout le monde admire. Une marche silencieuse pour dire Oui à la vie et à la famille n’est qu’une conséquence sociale de notre adhésion profonde à Celui qui est la Vie, le Chemin et la Vérité (Jn 14, 6). A tel enseigne que je pense qu’à la place de l’article 14, il faille mettre justement ce verset du chapitre 14 de l’Evangile de Saint Jean.

LVI : Quels problèmes posent le fameux article 14 du Protocole de Maputo ?

P. Bonaventure Etienne : C’est d’abord son langage pro-avortement. Les africains ont toujours valorisé la vie et la famille. Le Protocole de Maputo est une attaque sans précédent contre les enfants à naître et la famille traditionnelle. La puissance de l’Afrique n’émane pas de ses ressources naturelles, mais de sa population jeune et active. Aucun pays, aucun continent qui tue sa jeune génération ne peut survivre. Le Protocole de Maputo veut établir une légalisation totale de l’avortement: La mort pour les enfants à naître. L’Article 14, « Droit à la santé et au contrôle des fonctions de reproduction » réclame la légalisation de ce qui serait en fait l’avortement libre en Afrique. Selon les interprétations typiques des juristes internationaux et les tribunaux occidentaux, le langage du Protocole de Maputo servirait à légaliser n’importe quel avortement pour toutes les femmes enceintes même pendant le neuvième mois de grossesse. Toutes les restrictions efficaces de l’avortement seraient abolies par le Protocole. Le traité exige que les gouvernements promeuvent des politiques qu’un nombre immense et varié d’africains trouvent immorales. Le Protocole de Maputo, formulé avec l’assistance de la fédération international du planning familiale (IPPF), demande explicitement que toutes les méthodes de contraception, y incluent celles qui sont abortives comme la Pilule, soient fournis par les gouvernements. Le traité exige la permission de tuer non seulement les enfants à naître conçu par un viol ou l’inceste, mais aussi ceux qui peuvent mettre en danger la santé mentale de la mère. Aux Etats-Unis et ailleurs, cette dernière ouverture a été utilisée pour justifier tous les avortements à n’importe quelle période puisque les médecins avorteurs peuvent toujours se défendre en disant que la femme aurait été dépressive ou anxieuse si elle avait refusé de pratiquer l’avortement demandé. Ceci est certain : le Protocole de Maputo aboutira à l’avortement libre sur tout le continent. Ce serait la première fois que tout un continent aurait reconnu un droit à l’avortement.

LVI : Où en est-on avec la signature de la pétition y relative dans notre paroisse ?

P. Bonaventure Etienne : Je dois noter que jusqu’alors il y a eu une bonne participation. J’encourage tous les fidèles de Pentecôte à concrétiser leur signature à la pétition par une forte participation à la marche du 11 juillet prochain.

LVI : Quelles attitudes conseillez-vous à vos paroissiens ?

 

clip_image055P. Bonaventure Etienne : Le chrétien cohérent doit rester toujours vigilant. La vigilance est aussi signe d’amour pour ce à quoi on croit. En ce temps qui est le nôtre la moindre distraction peut être cause de grosses complications dans la vie personnelle ou communautaire. La vigilance demande un esprit critique. L’esprit critique est possible si et seulement si nous savons bien utiliser la raison. Savoir bien utiliser la raison est possible si nous sommes conscients d’en avoir. L’enseignement moral de l’Eglise puise aussi dans les ressources naturelles de la raison, à travers la compréhension progressive de la loi naturelle. Tous comprennent, par exemple que tuer c’est un délit punissable ; c’est un mauvais acte. Si moi, femme, je tue un enfant dans mon ventre, je commets un acte criminel, que déjà la loi civil, au Cameroun punit. Vivement, alors, chers frères et sœurs de Pentecôte,  que retourne au créneau la bonne pensée, la pensée forte ; il y a urgence de bien penser et partant d’être vigilant dans la pensée droite et dans la prière qui nous unit à l’intelligence divine des choses créées et des valeurs qui perfectionnent l’homme, image de Dieu.

IDEOLOGIE 

 

 

 

UN FEMMINISME À L’AFRICAIN?

Il semble que le Protocole de Maputo cherche l’éradication des cultures traditionnelles de l’Afrique

 

Voici comment je prouve cette affirmation : Le Protocole de Maputo mentionne la mutilation génitale féminine en passant, mais en revanche le texte est plein d’expressions tirées du féminisme radical sur le sujet de la transformation des cultures africaines pour arriver à une utopie marxiste/occidentale sans une distinction entre les sexes. Apres la seconde guerre mondiale l’école marxiste de Francfort a transféré les concepts de la lutte des classes du domaine économique aux domaines culturels et familiaux. Au lieu de se concentrer seulement sur les riches contre les pauvres, les marxistes de l’école de Francfort ont eu du succès en suscitant des antagonismes dans la société avec leurs idées des conflits homme/femme, occidental/oriental, blanc/noir etc. Le Protocole de Maputo est un plan d’action pour une transformation sociale féministe sur tout le continent africain. Comme toutes les autres transformations de la gauche radicale, celle-ci détruira les familles, déracinera les communautés et les traditions et augmentera la puissance des élites au pouvoir.

Au lieu de parler des problèmes causés par les mutilations génitales féminines et de la manière de combattre cette pratique, le Protocole de Maputo est rempli de phrases qui exigent l’éradication de toute forme de discrimination contre les femmes:

« Considérant en outre que l’article 18 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples demande à tout les états d’éliminer toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et d’assurer la protection des droits de la femme, tels que stipulés dans les déclarations et conventions internationales…. »

clip_image058« Appuyer les initiatives locales, régionales et continentales visant à éradiquer toutes les formes de discrimination a l’égard de la femme. »

« Réaffirmant le principe de la promotion de l’égalité entre les hommes et les femmes tel que consacré dans l’Acte constitutif de l’Union africaine…. »

« Les Etats combattent la discrimination à l’égard des femmes, sous toutes ses formes, en adoptant les mesures appropriées aux plans législatif, institutionnel, et autre. A cet égard, ils s’engagent à inscrire dans leur Constitution et autres instruments législatifs, si cela n’est pas encore fait, le principe de l’égalité entre les hommes et les femmes, et à en assurer l’application effective. »

Et quel est le sens du mot discrimination qu’ils utilisent ? Le Protocole de Maputo ne donne pas de définition des mutilations génitales féminines et ne distingue pas cette pratique des procédés médicaux, mais la discrimination elle-même est clairement définie.

« Discrimination à l’égard des femmes », toute distinction, exclusion, restriction ou tout traitement différencié fondé sur le sexe qui ont pour but ou pour effet de compromettre ou d’interdire la reconnaissance, la jouissance ou l’exercice par les femmes, quelle que soit leur situation matrimoniale, des droits humains et des libertés fondamentales dans tous les domaines de la vie. »

Cette définition générale semblerait mettre hors-la-loi quasiment toute distinction basée sur le sexe. Même les unités militaires uniquement masculines pourraient être proscrites, et le Protocole de Maputo pourrait être interprété comme exigeant le service militaire des femmes si cette obligation existe pour les hommes. La théorie de « la guerre entre les sexes » doit être intégrée dans tous les domaines de la vie selon le Protocole de Maputo. Les États prennent doivent : clip_image060

« Intégrer les préoccupations des femmes dans leurs décisions politiques, législations, plans, programmes et activités de développement ainsi que dans tous les autres domaines de la vie. 

Il faut ajouter que le Comité des Nations unies pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) et d’autres organisations internationales ont déclaré qu’un refus de faciliter l’accès à l’avortement est une discrimination contre les femmes. Le Comité CEDAW a même exigé que plusieurs pays légalisent l’avortement. Une interprétation similaire du Protocole de Maputo deviendra probablement majoritaire parmi les juristes internationaux.

Le Protocole de Maputo dit explicitement que le traité exige un programme totalitaire de lavage de cerveau des africains en faveur de la manière de penser des féministes radicaux 

clip_image062« Les États s’engagent a modifier les schémas et modèles de comportement socioculturels de la femme et de l’homme par l’éducation du public par le biais des stratégies d’information, d’éducation et de communication, en vue de parvenir a l’élimination de toutes les pratiques culturelles et traditionnelles néfastes et de toutes autres pratiques fondées sur l’idée d’infériorité ou de supériorité de l’un ou l’autre sexe, ou sur les rôles stéréotypés de la femme et de l’homme. »

« Eliminer tous les stéréotypes qui perpétuent cette discriminations dans les manuels scolaires, les programmes d’enseignement et les médias. »

clip_image064Mais quels sont les stéréotypes à éliminer ? Les féministes de l’Occident proposent que les rôles traditionnels des maris et des épouses dans la famille devraient être inclus parmi les « stéréotypes » à éliminer. Dans beaucoup de pays occidentaux les familles traditionnelles ou la mère s’occupe principalement des enfants et du foyer doit faire face à des formes de discrimination dans la société, les impôts et les politiques des gouvernements. Ceci est le cas en dépit du fait que des dizaines de millions de familles suivent ce modèle traditionnel. Les filles ont reçu des messages d’endoctrinement dans les écoles et les médias qui valorisent seulement une carrière professionnelle comme choix valable. Les résultats ne se sont pas fait attendre ; une hausse dramatique de familles brisées, de naissances illégitimes, de familles sans le père au foyer, de femmes involontairement seules et sans enfants et un taux de naissance suicidaire bien en dessous du seuil minimum nécessaire pour le remplacement des générations. Les africains font déjà face à une crise de la famille et une hausse du nombre des orphelins. Les femmes africaines n’ont pas besoin d’entendre quelles ne devraient pas suivre le rôle stéréotypé de la femme au foyer. Les hommes africains n’ont pas besoin d’entendre qu’ils ne devraient pas être le soutien de leurs familles. Le Protocole de Maputo attaquerait même la liberté de la presse dans ce domaine.

Le Protocole de Maputo insiste que « l’âge minimum de mariage pour la fille est de 18 ans. » En Afrique, comme ailleurs, beaucoup de jeunes femmes tombent enceintes avant 18 ans, et cette situation ne changera probablement pas dans un futur immédiat. Cet article du traité interdit à ces femmes d’épouser le père de leurs enfants. Ceci entraîne des conséquences négatives dans les domaines de leur protection, des leur revenues et de leur statut social qui seraient effacées par le mariage. Il est certain que le mariage de jeunes enfants est inacceptable, mais fixer un âge minimum de mariage pour les femmes en dessous de 18 ans serait plus raisonnable.

clip_image066Le Protocole de Maputo dit :

« Les États adoptent et mettent en œuvre les mesures appropries afin d’assurer la
protection du droit de la femme au respect de sa dignité et sa protection contre toutes
formes de violence, notamment la violence sexuelle et verbale. »

« Violence a l’égard des femmes, » tous actes perpétrés contre les femmes causant ou pouvant causer aux femmes un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles, psychologiques ou économiques, y compris la menace d’entreprendre de tels actes, l’imposition de restrictions ou la privation arbitraire des libertés fondamentales, que ce soit dans la vie privée ou dans la vie publique, en temps de paix, en situation de conflit ou de guerre. »

L’Utilisation du terme « violence verbale » indique un désir d’imposer le type de censure qui sévit déjà au Canada et en Europe de l’Ouest ou des journalistes et des membres du clergé ont été châtié par des lois de « crime de la haine » pour avoir dit que les actes homosexuels sont des péchés ou sont néfastes. Ces phrases du traité soulèvent la possibilité devoir des hommes interpellés pour des « violences verbales » contre leurs épouses ou d’autres femmes. Il n’est pas impensable qu’un jour la définition de la « violence verbale » puisse inclure des phrases comme ; « les mères devraient s’occuper de leurs enfants plutôt que de travailler hors du foyer » ou « l’avortement est un péché ». Par exemple, une loi criminalisant l’avortement pourrait être retenue par des tribunaux ou des juges imbus des mêmes préjugés idéologiques que les auteurs du Protocole de Maputo comme « l’imposition de restrictions ou la privation arbitraire des libertés fondamentales, que ce soit dans la vie privée ou dans la vie publique. »

Les féministes affirment faussement que les quotas pour les emplois en faveur des femmes et en défaveur des hommes sont bénéfiques. Ceci est faux. Toutes les épouses et les filles des hommes qui se voient refuser un emploi, un grade supérieur, ou d’autres bénéfices sont pénalisées du fait que beaucoup de femmes et d’enfants sont dépendants du père de la famille pour la majorité des revenus de la famille. Ces femmes souffriraient encore plus de ces quotas basés sur le sexe. Les mères au foyer et les enfants dans ces familles sont le plus pénalisées. La conclusion est que ces quotas sont une forme de discrimination contre les familles traditionnelles et favorisent les célibataires et les familles non traditionnelles.

Le Protocole de Maputo est plein de phrases en faveur de « l’action affirmative » pour les femmes ou « la promotion des femmes » qui sont compris comme une discrimination contre les familles où le père est la tête de la famille. Le traité exige une représentation égale des femmes dans certaines carrières en dépit du fait que plus de femmes que d’hommes préfèrent être au foyer. Par exemple, le texte demande « une représentation équitable des femmes dans les institutions judiciaires et celles chargées de l’application de la loi. » (Note de traduction : le texte du traité en anglais utilise le mot « égale » plutôt que « équitable »).

 

clip_image068Le Protocole de Maputo sera imposé. Beaucoup de personnes pourraient croire que le Protocole de Maputo est simplement un document de propagande sans grands effets pratiques. Malheureusement le Protocole de Maputo est un traité que sera imposé. La Commission africaine des droits de l’homme et des peuples a l’autorité d’interprétée le Protocole jusqu’à l’établissement de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples. L’Union Africaine est à un processus d’intégration, et son pouvoir va seulement croître, suivant l’exemple de l’Union Européenne. Même si elle n’est pas très efficace sur les questions de sécurité, son influence sur les politiques sociales des États membres va être conséquente. Le site Internet de l’Union Africaine donne son but comme étant « une intégration politique et économique complète visant aux États-Unis d’Afrique. » Des chefs d’État africains participent dans ce processus pour réaliser ce rêve.  

REPERCUTIONS

 

 

 

 

 

AUSSI COMME L’EUROPE: PORTES OUVERTES A L’AVORTEMENT

 

Pour dévoiler la forme que revêt ce danger aujourd’hui pour l’Afrique, Benoît XVI a prononcé une allocution d’une importance capitale le vendredi 20 mars 2009 au palais présidentiel de Luanda, la capitale de l’Angola. En s’adressant à l’ensemble du Corps diplomatique réuni pour l’occasion, Benoît XVI s’adressait idéalement à toutes les nations africaines.
C’est au cours de ce discours qu’il a cité explicitement un instrument juridique supranational que peu d’Occidentaux connaissent : le protocole de Maputo. Lui attirant encore et toujours les foudres des médias européens:

« Je dois également   un autre grave sujet de préoccupation : les politiques de ceux qui, dans l’illusion de faire progresser l’édifice social, en menacent les fondements mêmes. Combien est amère l’ironie de ceux qui promeuvent l’avortement au rang des soins de santé des mamans ! Combien est déconcertante la thèse de ceux qui prétendent que la suppression de la vie serait une question de santé reproductive (cf. protocole de Maputo, art. 14) ! ». Adopté le 11 juillet 2003 lors d’un sommet réunissant tous les États membres de l’Union africaine à Maputo, capitale du Mozambique, ce traité est entré en vigueur en novembre 2005 lorsque 15 des 53 nations composant le continent l’ont ratifié. 

 

 

PERMIS DE TUER

 

Présenté initialement comme un document destiné à lutter contre les mutilations génitales perpétrées contre les femmes, il s’agit en fait d’un des premiers textes de droit international à revendiquer explicitement le droit à l’avortement. L’article 14 cité par Benoît XVI, intitulé « Droit à la santé et au contrôle des fonctions de reproduction » est en effet une charge d’une violence sans précédent contre les enfants à naître. L’article incriminé contraint les États à « protéger les droits reproductifs des femmes, particulièrement en autorisant l’avortement médicalisé, en cas d’agression sexuelle, de viol, d’inceste et lorsque la grossesse met en danger la santé mentale et physique de la mère (2, c) ». 

 

clip_image071Le vocable « santé mentale et physique de la mère » est un permis de tuer sans restrictions à n’importe quel moment de la grossesse selon l’interprétation complaisante et ultralibérale qu’en ont donnée la plupart des leaders d’opinion occidentaux qui œuvrent en Afrique.

Ce texte est en effet le fruit amer d’une guerre culturelle menée par de nombreuses ONG occidentales, Fédération internationale du planning familial (International Planned Parenthood Federation, IPPF) en tête. Déjà, lors des conférences onusiennes du Caire (1994) et de Pékin (1995), l’IPPF réclamait l’instauration d’un droit universel à l’avortement. Âprement combattu par la diplomatie vati

cane, le projet échouera de peu. On se souvient que Jean-Paul II avait pesé de tout son poids pour stopper l’engrenage de cette « révolution culturelle » qui devait triompher au Caire en 1994 : le 15 mars, il avait convoqué Nafis Sadik, présidente de cette conférence, en la mettant en garde contre les clauses cachées de la politique démographique internationale, le 19 mars, il avait envoyé une lettre personnelle aux chefs d’État et de gouvernements du monde entier (fait rarissime, le dernier exemple étant celui de Pie XII pour prévenir l’éclatement de la Seconde Guerre mondiale), le 25 mars il avait convoqué en urgence les 152 ambassadeurs près le Saint-Siège. Une stratégie qui paya in extremis. Furieuse, l’IPPF élabora dans la foulée une Charte des « droits reproductifs sexuels » pour la diffuser directement dans les pays en voie de développement et si possible intégrer son herméneutique dans les nouveaux traités internationaux ou régionaux qui ne manqueraient pas d’être discutés dans les années à venir.

 

 

LA VULGATE DU PLANNING FAMILIAL

 

clip_image073L’occasion tant attendue s’est présentée en Afrique lorsqu’il fut décidé d’instaurer un traité interdisant les mutilations sexuelles féminines, un problème malheureusement réel et endémique dans certains pays africains. Mais l’intention première fut bien vite oubliée, une seule phrase mentionnant ce fait dans le document final comprenant plus de 20 pages. C’est ainsi que l’ensemble de l’article 14 du protocole de Maputo n’est qu’un copier-coller de la vulgate diffusée par l’IPPF et une multitude d’ONG qui lui sont inféodées intellectuellement.

Marguerite Peeters, une des meilleures spécialistes de la question, a décrypté les mécanismes occultes à l’œuvre dans cette prise d’otage du corpus juridique international :
« Les agents de la révolution culturelle ont développé des tactiques intermédiaires pour intégrer leurs objectifs dans les processus juridiques formels. Ils s’efforcent d’incorporer les droits reproductifs dans les lois et constitutions d’une masse critique d’Etats, espérant ainsi faire basculer le droit international. Ils poussent les organisations régionales à ce qu’elles intègrent ces droits dans les traités régionaux [comme dans le cas du protocole de Maputo]. Ils exercent une pression continuelle sur les comités de surveillance des traités. » Or, le Saint-Siège, depuis la bataille du Caire sur la « santé reproductive », n’a jamais relâché son attention sur les processus en cours à l’échelon supranational.

 

clip_image075En ce qui concerne plus particulièrement le protocole de Maputo, Benoît XVI, dès son élection, a suivi de très près le dossier grâce aux évêques africains. Le 19 janvier 2006, la conférence épiscopale de l’Ouganda dénonce le caractère subversif de ce document :
« Jamais dans l’histoire un protocole n’est allé aussi loin ! Nous croyons fermement que les peuples d’Afrique n’ont aucun désir de voir ce protocole introduit dans leurs lois. Les situations de forte détresse mentionnées dans le texte (viol, inceste, agression sexuelle) ne peuvent créer un droit de supprimer une vie innocente. Ceci s’applique encore moins dans les cas mal définis d’un danger pour la santé mentale ou physique de la mère. En fait, ceci est une porte ouverte à l’avortement libre. »

En effet, cette formulation, comme nous l’avons dit, fait de ce document l’un des plus favorables au droit à l’avortement dans le monde, avec force d’obligation sur les États qui se lieraient les mains en le ratifiant.

clip_image077L’année suivante, Benoît XVI se faisait l’écho de l’Église ougandaise dans son traditionnel discours au Corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège, le 8 janvier 2007 : « Comment ne pas se préoccuper des continuelles atteintes à la vie, de la conception jusqu’à la mort naturelle ? De telles atteintes n’épargnent même pas des régions où la culture du respect de la vie est traditionnelle, comme en Afrique, où l’on tente de banaliser subrepticement l’avortement, par le protocole de Maputo. »  

Prise de position du Pape d’un poids diplomatique extraordinaire qui conforta les évêques africains dans leur opposition au texte. D’abord par un message signé par le cardinal Polycarpe Pengo, président du symposium des Conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM) le 19 avril 2007 : « Nous voulons attirer l’attention des chefs politiques de l’Afrique sur nos fortes réserves concernant l’article 14 du protocole de Maputo […]. » Et de dénoncer l’avortement comme un crime abominable non seulement pour l’Église mais encore pour la culture africaine. Puis par une déclaration commune solennelle des évêques africains réunis à Kinshasa. Le 26 juin 2007, ils demandent à leurs dirigeants de ne pas ratifier le protocole « qui détruit les valeurs africaines en général et la femme africaine en particulier » : « Refus de la maternité qualifiée d’esclavage , droit à l’avortement comme atteinte au droit à la vie de l’enfant à naître, hédonisme et liberté sexuelle, droit de choisir ses partenaires, ce protocole constitue une destruction lente mais sûre des valeurs africaines les plus fondamentales. »

 

clip_image079NEOCOLONIALISME

Devant l’instauration d’un néocolonialisme insidieux qui fait la guerre aux plus faibles, largement porté par des groupes de pression occidentaux, Benoît XVI n’a pas souhaité se taire. Il a mûrement réfléchi son discours prononcé en Angola, mettant le doigt sur de nouvelles formes d’esclavage idéologique qui s’insinuent dans la culture traditionnelle africaine. Il a également abondamment parlé de la vocation à la vie de la femme africaine et de la promotion de sa mission de mère et d’épouse pour que l’Afrique redevienne un continent de l’espérance. Il lui a donné pour tâche d’être la gardienne de l’Afrique, horripilant les principaux responsables d’ONG sensées promouvoir les « droits des femmes ».

Le protocole de Maputo est le dernier avatar en date de ces campagnes ignominieuses portées par certaines élites occidentales en vue de réduire le nombre d’Africains. La santé reproductive est le cheval de bataille des grandes agences de l’ONU et de nombreuses ONG pour limiter et contrôler les naissances dans le monde, en particulier sur le continent noir. Née dans les années 60 dans un fort contexte idéologique néomalthusien, le concept est aujourd’hui véhiculé au nom de la liberté de choisir et du développement durable, l’enfant étant présenté comme la nouvelle menace contre l’environnement.

En outre, les pays qui n’ont toujours pas ratifié le protocole de Maputo pourraient se voir exercer un chantage moral pour bénéficier de l’aide « gracieuse » de la communauté internationale, une aide qui tarde d’ailleurs à se concrétiser. Cela aussi, Benoît XVI l’a rappelé aux pays riches, les mettant en demeure de respecter les engagements pris à la conférence de Doha : « Consacrer 0,7 % [du] PIB à l’aide officielle au développement. » Promesses non tenues jusqu’à aujourd’hui et sur lesquels nos dirigeants ont brillé par leur silence, préférant faire la leçon à Benoît XVI sur le préservatif.

Parce qu’il connaît parfaitement le dossier et les périls contenus dans le traité de Maputo, Benoît XVI a estimé qu’il devait parler. Lors de son discours au président du Cameroun, le Pape a félicité ses responsables politiques et ses habitants : « C’est une terre de la vie où le gouvernement parle clairement pour la défense des droits des enfants à naître. » Il sait en effet que malgré les pressions, le Cameroun n’a toujours pas souhaité ratifié le protocole. Pour tous les autres, il leur a rappelé que « la première priorité consiste à redonner sens à l’accueil de la vie comme don de Dieu. Pour l’Écriture sainte comme pour la meilleure sagesse de votre continent, l’arrivée d’un enfant est une grâce, une bénédiction de Dieu. L’humanité est aujourd’hui conviée à modifier son regard : en effet, tout être humain, tout petit d’homme, aussi pauvre soit-il, est créé à l’image et à la ressemblance de Dieu. Il doit vivre ! La mort ne doit pas l’emporter sur la vie ! La mort n’aura jamais le dernier mot ! » (Messe au stade Ahidjo de Yaoundé, jeudi 19 mars 2009).

L’Église n’est pas détentrice d’une force politique au sens classique du terme mais bien d’une force morale. C’est justement cette puissance morale qui permet au pape d’élever la voix en faveur de la famille humaine sur la scène internationale dans la défense de ce grand principe non négociable qu’est la nécessité de protéger envers et contre tout la vie humaine dès sa conception. Le premier voyage apostolique de Benoît XVI sur le continent africain demeurera comme l’une des plus belles pages écrites pour la promotion de la vie humaine. Les Africaines et les Africains ne sont pas prêts de l’oublier.

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Piffo Mercier

 

REPERCUTIONS 

 

 

 

LES DANGERS DU PROTOCOLE DE MAPUTO EN GENERAL

clip_image0841. Le Protocole est souvent présenté comme un moyen de lutter contre les mutilations génitales féminines, mais dans les 21 pages du document, cette pratique s’apparaît que dans une seule phrase.

2. Des sections entières du Protocole traitent des sujets qui représentent les principaux désirs des auteurs: une transformation totale des sociétés africaines suivant les principes du féminisme radical et la destruction des cultures traditionnelles. La famille traditionnelle avec un père qui travaille et son épouse qui se charge du foyer et des enfants sera remplacée par une utopie sans différences sexuelles ou de « genre ».

3. Pour arriver à cette nouvelle société il est essentiel d’éliminer, dans la mesure du possible, toutes les différences entre les hommes et les femmes. L’avortement libre est nécessaire pour parvenir à ce but, et le Protocole de Maputo cherche à imposer l’avortement libre sur tout le continent.

4. Le Protocole exige le droit d’avorter dans les cas de viol, d’inceste, et pour protéger la vie de la mère, et en plus demande que l’avortement soit permis dans les cas de danger physique et mental de la mère. Cette dernière exception pour la santé mentale est interprétée dans les États Unis d’Amérique et d’autres pays occidentaux comme une permission de facto d’avorter librement puisque les médecins avorteurs peuvent toujours se défendre en disant que la femme était en état de détresse mentale.

5. La hiérarchie catholique, le pape, des cardinaux et évêques africains ont dénoncé les dispositions en faveur de l’avortement du Protocole de Maputo.

 

6. Le Protocole de Maputo fait partie d’une vieille campagne des élites des pays occidentaux en vue de réduire le nombre des Africains, qui existe depuis des décennies. Cette campagne continue en dépit des statistiques des Nations Unies qui démontrent que l’Afrique n’est pas surpeuplé et ne risque pas de le devenir dans un futur proche ni même lointain.

 

CONSEQUENCES 

 

 

 

BONJOUR A L’AVORTEMENT

 

Pour l’Eglise catholique, ce protocole de Maputo, en son article 14 ouvre un vrai boulevard à la légalisation de l’avortement dans un pays comme le Cameroun qui le condamne officiellement. Ce risque de légalisation tient à deux choses :

Il y a d’abord le préambule dudit protocole qui stipule clairement que “ Le protocole engage (…) les gouvernements africains  qui ne l’ont pas déjà fait à inclure  dans leur constitution nationale et autres instruments législatifs ces principes fondamentaux et à veiller à leur application effective. En outre, il les contraint à intégrer à leurs décisions politiques, à leurs législations, à leurs plans de développement, à leurs actions, la notion de discrimination fondée sur le sexe (…) ”.

clip_image087 Il y a ensuite et surtout l’article 14, paragraphe 1 alinéa c qui parle du “ libre choix des méthodes de contraception ” et le paragraphe 2, alinéa c qui évoque le droit de “ protéger les droits reproductifs des femmes, particulièrement en autorisant l’avortement médicalisé, en cas d’agression sexuelle, de viol, d’inceste et lorsque la grossesse met en danger la santé mentale où physique de la mère ou du fœtus ”.

clip_image089Le pape Benoît XVI, dans un discours au Corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège, le 28 janvier 2007 avait déclaré : “ Comment ne pas se préoccuper des continuelles atteintes à la vie, de la conception jusqu’à la mort naturelle ? De telles atteintes n’épargnent même pas des régions où la culture du respect de la vie est traditionnelle, comme en Afrique où on tente de banaliser subrepticement l’avortement, par le protocole de Maputo. Ainsi que par le plan d’action adopté par les ministres de la santé de l’Union africaine (…) ”, avait souligné le Saint-Père.  Le protocole de Maputo vise en effet à abolir les restrictions à l’avortement pour mieux le banaliser dans notre société. Un véritable danger pour les bonnes mœurs et la moralité publique.

Un communiqué des évêques africains publié le 19 avril 2007 indiquait ce qui suit : “ Nous voulons attirer l’attention des chefs politiques de l’Afrique sur nos fortes  réserves concernant des aspects de l’article 14 du protocole de Maputo. Nous observons que le droit des femmes de protéger et promouvoir leur santé sexuelle et reproductive dans cet article ont exclu les droits des couples, de la famille et de la société (civile, traditionnelle, culturelle et religieuse) de précisément prendre part à la promotion des droits de la femme aux soins de santé. Par exemple, l’autorisation d’avorter et le choix de toutes les méthodes de contraception pour les femmes (cf. article14, par. 1 c et par. 2 c) sont particulièrement incompatibles avec les enseignements de l’Eglise catholique, sa tradition et ses pratiques. (…) L’avortement et l’infanticide sont des crimes abominables pour presque toutes nos cultures africaines, sociétés traditionnelles et religions ”.

 

clip_image091Dans l’homélie prononcée le samedi 2 mai 2009, à l’occasion de la messe qu’il présidait lors des prières journées diocésaines de la famille organisées à la cathédrale Saints Pierre et Paul de Bonadibong, à Douala, le Cardinal Christian Tumi a émis un vœu : “ Que, guidé par le Saint esprit,  le président Paul Biya ne signe pas le décret portant ratification du protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique ”.

 

 

VERS LA LIBRE ORIENTATION SEXUELLE ?

 

En y ajoutant le droit des femmes à exercer un contrôle sur leur fécondité et le droit de décider de leur maternité, du nombre d’enfants et de l’espacement des naissances, il faut se demander si la finalité de ce protocole n’est pas de diminuer les naissances en Afrique. Un continent faussement présenté comme étant surpeuplé. Il faut se méfier des projets idéologiques nuisibles pour la vie, la santé, l’éducation, la culture et les traditions des populations du Cameroun et d’Afrique.

Cela est d’autant vrai que des lobbies agissent dans l’ombre depuis un certain nombre d’années pour faire abroger l’homosexualité au Cameroun par des campagnes promotion des droits individuels dont ceux des homosexuels. Est-ce à travers les droits spécifiques des femmes que l’homosexualité ou précisément le lesbianisme va faire son entrée au Cameroun ? Le préambule du protocole de Maputo ne demande-t-il pas aux Etats-membres de prendre toutes les mesures concrètes pour accorder une plus grande attention aux droits humains de la femme afin d’éliminer toutes les formes de discrimination et de violence fondées au sexe ?

C’est curieusement dans ce contexte que s’est déroulé le séminaire organisé le 23 mars 2009 au Palais des verres de Ngoa-Ekelle sur le renforcement des capacités des députés pour leur permettre de bien appréhender l’“ approche genre ” dans les questions de développement. Grâce à la coopération canadienne et l’Assemblée nationale, ce séminaire visait officiellement à tenir compte des intérêts de la femme dans chaque acte législatif, afin de les intégrer dans les projets politiques et la législation. Dans la perspective de leur contribution effective et efficace au développement.

 

 

Pagol Eyanga

DIRECTEUR DE PUBLICATION  Père Bonaventure Etienne Marie NKOUNGA    REDACTEURS  Père Bonaventure Etienne  P. NKOUTAMA  Marius DJONKEP  Eléonore MOUMIEN  Mercier PIFFO  Pagol EYANGA    COLLABORATEURS  Annia NDELEM  Ghislain WAFO    Paroisse Pentecote New-Town Aéroport B.P 179 Douala  Tel : 97 06 57 05
 

 

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