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LE ROSAIRE DANS ET POUR LE DEVELOPPEMENT DE L’AFRIQUE.

11102012
MISE AU POINT GENERALE

 

Ce n’est pas errer de dire que le concept même de développement est d’origine occidentale et que les connotations successives qu’il prend  sont encore dépendantes de l’évolution interne de l’histoire culturelle de ce continent. Déjà dans l’antique Grèce la transformation technologique  moyennant le travail humain, était liée au fameux mythe de Prométhée que raconte tant Esiode que Eschyle. Prométhée est ce personnage spécial philanthropique qui vole le feu des dieux qui vivent dans l’Olympe pour le donner aux hommes miséreux, et de surcroît, menacés de suppressions de la surface de la terre par Zeus le chef des dieux. Seul Prométhée s’oppose à l’initiative de Zeus et défend les hommes en leur concédant l’ «espérance» qui s’exprime alors par l’oublie de la mort et le courage d’affronter l’avenir, notons bien, dans la disgrâce des dieux et aussi contre eux. << Cette prise de position téméraire eut, selon le récit eschylien, quelques conséquences décisives pour l’histoire et le progrès de l’humanité, pour lesquels, justement se battait Prométhée>>[1] Le feu, qui symbolise dans les deux récits le secret de la promotion de l’homme, est produit d’une action délictueuse, et non manifestation d’un don des dieux; c’ est l’action isolée d’un bienfaiteur; c’est le fruit de la révolte à dieu Zeus. Nous pouvons dès ici déduire l’esprit qui sous-tendra l’agir humain. Voici comment s’exprime Nicolosi: << Prométhée démontre d’être conscient de l’importance révolutionnaire de la possession du feu, déjà qu’il est source non seulement de chaleur, bien plus, selon la science de l’époque, source de toute énergie, et non moins racine de tout bien être qui se fonde sur la domination de la nature. Le chemin de la civilisation, ou, si nous voulons, du bien-être du genre humain, se trouve déjà indiqué, en grande ligne, dans ce mythe, surtout dans la <<version eschylienne>>[2]

La poésie et la théologie grecque et la culture occidentale en général, antiquement opposent toujours progrès technologique et sacrilège. On a toujours pensé le progrès matériel en terme de violation d’un précepte divin, d’émancipation de la race  par rapport à Dieu ; on a toujours voulu voir dans le processus du développement un mécanisme qui s’oppose par essence à la volonté divine. L’intelligence humaine est un instrument, dit-on qui n’a rien à voir avec Dieu, car, continue-t-on, Dieu n’a rien donné à l’homme ; « il s’est débrouillé tout seul, avec l’aide de quelque bienfaiteur ». Dans la Grèce antique on parlait aussi de la jalousie des dieux ( phthomos theon)  contre l’homme qui s‘émancipe toujours plus. La philosophie de l’histoire de Erodote se fonde aussi sur ces récits de Esiode et Eschyle. Et nous savons combien certaines idéologies politiques et économiques occidentales sont construites sur la base de ses croyances antiques et païennes, ou du moins les considèrent en arrière plan. Aujourd’hui, cet antagonisme se manifeste sous la forme de l’exaltation du pluralisme éthique et du relativisme intellectuel, qui sont, pour tout dire, l’expression concrète du sentimentalisme envahissant(français et anglais) et de l’idéalisme régnant(allemand surtout). Ces comportements se placent généralement aux antipodes de toute valeur normative immuable qui a comme quotient référentiel le Transcendant. Pourtant si tout développement a comme but le bien par excellence, du point de vue social, qui est la personne humaine, et encore le bien de la personne, nous ne voyons pas comment nous pouvons nous soustraire de Celui qui est la source de l’être, c’est-à-dire Dieu. C’est bien dans ce prisme que nous abordons ce thème qui, nous le savons tous, défraie la chronique. Quand le saint Père confia le monde à l’Immaculée, il prononça ces paroles :  « Aujourd’hui plus que par le passé, l’humanité est à un détour de chemin. Et, encore une fois, tout le salut est et seulement, o Vierge Sainte, en ton fils Jésus. »[3]

 P. Magloire Nkounga Tagne


[1] Salvatore Nicolosi, Il Progresso tecnologico tra sacrilegio e redenzione, in  Sapienza, Rivista di Filosofia e di Teologia, vol.55° (2002) fasc. 2 Aprile-Giugno, Napoli- san Domenico Maggiore. ed. Domenicana Italiana P.158.

[2] ibid., p.159.

[3] Prière par laquelle le souverain pontife confia le chemin du nouveau millénaire à Notre mère du ciel, n°3.




5- Et si l’Afrique s’ouvrait davantage à l’Immaculée !

11102012


 

Je n’exagère pas en disant que la redécouverte de la consécration à l’Immaculée sera pour le continent africain un regain d’énergie dans le processus de sa propre reconstruction. En réalité toute vraie reconstruction globale, qui implique en dernière analyse l’avenir de l’homme comme fin de toute action humaine,  ne peut que partir des valeurs. La portée axiologique du développement est fondamentale si on tient compte du fait que l’homme est ontologiquement un être qui transcende les évènements contingents qui caractérisent son existence actuelle, passée et future. Cette capacité de s’autotranscender est liée à sa capitale ouverture au Transcendant Lui-même. Les scolastiques parlent de la Capax Dei.

Pour l’Africain, la valeur la plus grande est celle religieuse avant tout. En cela il n’erre pas. Car comme nous l’avons dit ci-haut, les activités principales qui déterminent notre humanité sont d’abord la pensée et la prière. Ces deux activités ‘interpellent et s’imbriquent. Par ailleurs la vérité historique devant laquelle, aucun esprit sain ne peut contrevenir est que l’Europe s’est construit à l’ombre du christianisme, mieux encore le coup de pouce déterminant pour l’avenir de l’Europe a été et est encore le christianisme. Car Dieu entend sauvé tout homme et tout l’homme.  La religion est le vernis de la civilisation. Qu’on ne pense pas à un retour au dogmatisme ou à l’obscurité ! Qu’on ne feigne pas un rationalisme blanchisseur !

L’homme évolué, c’est-à-dire développé ou encore civilisé n’est pas celui qui a la plus grande quantité de biens matériels possibles ; certainement il faut aussi avoir une bonne quantité de biens matériels pour vivre sur cette terre. Pour cela il opportun que la répartition des biens que regorge notre planète suive la logique de la justice et de l’égalité. Ce n’est conforme à aucune forme de justice ou simplement de rationalité le fait que l’Afrique soit la chasse-gardée de certaines puissances économiques mondiales.  Toutefois se poser la question de savoir pourquoi en particulier en Afrique sévit la faim ne doit pas nous empêcher de pointer la vérité de l’homme en rapport à son origine et à sa destination. Il est peut-être vrai que le ventre vide ne pense point ou mieux encore ne pense pas adéquatement ; mais la vérité de l’homme et sur l’homme est bien au-delà de la simple famine.

L’Africain bien développé est l’homme des valeurs. Celui-ci sait que la réalisation de soi passe par une vie morale ordonné sans laquelle son être même s’estompe derrière les apparences de félicité mondaine. Ce n’est pas en se faisant couillonner par quelques vendeurs d’illusions fussent-ils les plus riches de ce monde qu’on réalise ce qu’ont est ou encore qu’on devient ce qu’on est. La contingence de ces structures démagogiques nous pousse justement à voir que la félicité actuelle de l’homme africain ne se trouve dans l’articulation convaincante d’une quelconque idéologie. Les lobbies qui pullulent notre société d’aujourd’hui tentent de nous faire croire que le bonheur se trouve dans la contraception, l’avortement, la satisfaction incontrôlée de nos plaisirs de bas étages. On veut nous convaincre que la développement se trouve au bout de la diminution des naissances. On nous dit que la pauvreté de notre continent est due à la fertilité de nos filles et de nos femmes. Ils disent aussi que l’Afrique n’a pas besoin d’investissement, mais seulement d’aide alimentaire ou médicinale. Le transfert de technologie qui faisait partir des points cardinaux du fameux plan d’ajustement structurel est devenu transfert de la technolâtrie dont l’immédiate conséquence est son caractère homicide. Qui voulons-nous tromper ? La délusion est à son comble ! voulons-nous nous laisser entraîner par cette marmaille d’idées salvatrices miroitées uniquement pour susciter l’émotion et la compassion de nos cœurs. Je dis catégoriquement non ! Il y a donc urgence de penser, comme le disait sagement Maurice Kamto.

S’il y a un présupposé à tenir en compte en ce qui concerne le développement de l’Afrique, l’urgence de la pensée en est un. Qui ne pense pas correctement est vouée à la léthargie ou encore à la somnolence continue ! La Pensée libère parce que La vérité nous rend libre.  Et qui refuse La vérité se refuse soi-même. Une vielle boutade dit : qui fait le mouton on le tond ; je renchérit en disant,  qui fait le crétin on le teint selon le bon vouloir de qui le tient ; par contre qui fait le bon chrétien est du Christ et ceux qui tue le corps sans pouvoir tuer l’âme n’ont pas pouvoir sur lui. Si l’Afrique a perdu la bataille dans l’arène de la technologie, de la culture et donc du développement, c’est tout simplement parce qu’elle s’est laisser trop amadouer par ceux-là même qui exaltent les valeurs profondes de l’humanité qui sont particulièrement incarnées chez l’africain.  Il y a donc lieu à retourner à ces valeurs qui ont bati la personnalité africaine pendant des siècles. Sur ce j’insiste beaucoup sur la place de la religion et l’impact de la figure maternelle dans la formation de tout homme.

Dieu lui-même a voulu respecter cet héritage culturel. Voilà pourquoi à l’aube de l’économie de la rédemption, il a voulu nous envoyé sa Mère. Il voulut que l’Egypte fût pour la Sainte famille l’asile idoine et par conséquent que tout le continent profitât de ce passage de la grâce. Mais plus qu’un simple passage c’était vraiment un acte de consécration de la terre d’Afrique à la Vierge Marie. Pendant son séjour sur notre terre, elle s’occupait avec tendresse de Jésus ; et en Lui elle voyait chacun de nous. La Vierge nous a aimés et nous aime encore tendrement. Notre Réponse à ce geste maternel est justement la consécration. Elle se présente aujourd’hui comme la base de notre croissance. L’urgence de la pensée implique donc la redécouverte de la pensée religieuse.

 

6-     La transformation extérieure de la personne qui se consacre

 

30- Les gestes extérieurs « requis » et prescrits pour la cérémonie publique ou privée de la consécration sont la récitation de la formule, le port de la médaille miraculeuse et l’inscription dans l’association de la Milice de l’Immaculée, si elle existe dans la paroisse ou du moins dans le diocèse d’appartenance.

 

31- Arrivé à ce point, nous pouvons nous poser une autre question importante, à savoir : quelles sont les conséquences extérieures de telle consécration ?

Après l’acte libre de consécration, nous restons unis à la Vierge pour toujours, l’un en l’autre, l’un pour l’autre. Saint Maximilien parle alors d’action dynamique de la consécration. En ce sens, il ne s’agit pas seulement d’être propriété, auréolé par l’honneur d’avoir Marie avec nous, mais il y a quelque chose de particulier : il y a son action en tant que Mère de la grâce, par laquelle elle éduque et transforme l’être et l’agir, au point de les rendre capable de coopérer à son rôle maternel auprès de Dieu et des hommes. Il faut également dire, sans ambages, que Marie n’est pas seulement un idéal à admirer et à imiter, mais plus encore, Elle se présente comme le Guide ou l’Inspiratrice de l’action. L’esprit de l’Immaculée se vit et s’approfondit chaque jour; oui, Maman Marie est la tendre Mère qui forme à la vertu ; Elle prend possession du cœur qui se donne humblement à Elle, le fusionne avec le sien, et lui concède aussi la capacité d’aimer toujours plus et de mieux en mieux. Avec cet élan de cœur, nous débouchons sur la voie qui conduit à la plénitude de la grâce. Elle nous transforme à tel enseigne que nous devenons de plus en plus Elle-même. C’est pourquoi, saint Maximilien l’appelle, à juste titre, « notre philosophie », autrement dit la vérité qui guide, l’idéal qui anime, en fait, le nouveau sens de la vie.

 

32- Quand il parle aux jeunes des effets de la consécration à l’Immaculée, il insiste sur le fait de se laisser guider par Elle, de devenir entièrement pour Elle, en toute chose et chaque jour. Il s’agit d’œuvrer avec Marie, quasi comme « le pinceau ou la brosse du peintre ». Le chemin commencé avec Elle n’a pas de limite : Avec la Vierge, précise le saint polonais, on va directement à Christ ; en l’aimant, on accroît ainsi l’amour pour Dieu et les hommes. La profonde et longue expérience d’amour à l’Immaculée du grand saint franciscain de la Pologne constitue, en dernier ressort, est le secret et la force qui ont fait de lui l’apôtre et le témoin de l’Amour. Voici en fait un des messages qu’il lance à la jeunesse mondiale et, encore plus, à ceux qui se consacrent à l’Immaculée : « Aimez l’Immaculée, aimez l’Immaculée, aimez l’Immaculée : Elle vous rendra heureux. Ayez confiance en Elle. Consacrez-vous à Elle totalement et sans réserve. Je souhaite que vous l’aimiez à mourir, au point d’être incapable de vivre sans Elle. Accomplissez vos devoirs en vous demandant ceci : si Elle eût été à ma place qu’aurait-Elle fait ? Et par-dessus de tout, aimez Dieu comme Elle L’aime. »

 

33- Une autre chose qui nous permet d’approfondir encore plus notre réflexion sur la consécration à l’Immaculée est de se poser une question semblable à celle-ci : mais, en fin de compte, quel est le but d’une telle consécration ? Je réponds ainsi :

Toute action humaine s’oriente vers une fin explicite ou implicite. Les philosophes la désignent avec un mot, peut-être, par trop sophistiqué pour notre intelligence actuelle ; il l’appelle donc la cause finale ; je le dis seulement à titre d’information. Au lieu de cause finale j’utiliserai ici le mot « fin ». Je disais tantôt que l’agir humain est toujours déterminé par un but à joindre. Celui-ci peut avoir plusieurs caractéristiques ; néanmoins la caractéristique principale et omniprésente est la réalisation d’une certaine félicité. Pourquoi je m’exprime de cette façon ? pour une raison toute simple : je pense bien que, même celui qui fait le mal croit (faussement alors !) d’y trouver un certain bonheur bien qu’éphémère, et malheureusement très souvent aux dépends du prochain.

 

34- L’agir religieux a un seul but, qui, il convient de le souligner, est le barycentre de toute la vie spirituelle : C’est l’Amour de Dieu et le salut de l’âme. Ce sont deux réalités qui vont toujours ensemble et sont formellement distincts, pas réellement. Hiérarchiquement, l’Amour de Dieu est supérieur à tout, néanmoins par ricochet, il entraîne inexorablement le salut de l’âme. Alors, fort de ces prémices, nous pouvons identifier trois éléments constitutifs de la fin de la consécration à l’Immaculée :

1- La consécration préconisée par saint Maximilien se révèle éminemment comme un geste de foi et d’amour à l’Immaculée. Cette dernière devient par le fait même le centre d’actuation de toute initiative. D’abord, Elle doit être connue, aimée et servie ; et puis, on doit la faire connaître, l’aimer et la servir par tous les hommes et femmes de la Terre. Car tout homme et toute femme sont fils et fille de Marie ; ou au moins ils peuvent le devenir. Aucunement, il s’agirait d’une mariolatrie, car Marie est par essence Celle qui sert Dieu et conduit les autres à Lui. Plutôt il faut dire qu’il s’agit de s’épancher sur la bénie entre toutes les femmes, sur Celle que Dieu a comblée de grâces, sur la Médiatrice de la vie. Oui, la consécration me permet de maintenir l’attention sur « les grandes œuvres » que le Seigneur Lui a confié, sur la mission qu’elle veut et doit réaliser en nous et autour de nous, en nous et avec l’Eglise. La consécration nous rend donc capable de la faire connaître puisque toutes les générations lui diront Bienheureuse ; Ainsi à travers nous Elle continue à être l’Immaculée vivante, active et victorieuse comme le Seigneur Lui eut dit. En fin de compte, nous nous consacrons pour Marie.

2- Pour saint Maximilien, le mystère de Marie est volonté de Dieu, et aussi il exprime son initiative salvatrice en faveur de l’homme. Une initiative dont la réalisation Lui est confiée ainsi qu’à son Fils. Bien à tel propos, la vie du saint franciscain est devenue comme une louange continue au Seigneur, puisqu’il ne voit et ne comprend qu’à travers Marie et en Elle se trouve le salut du monde. Notons bien : saint Maximilien fonde la Milice et donc le projet de consécration dans un contexte de crise alarmante au niveau de la société, de sa Congrégation et de l’Eglise. Et en fils conscient de saint François, il s’évertue à trouver une panacée à cet état de chose. Pour lui la solution est Marie. L’Immaculée est notre force ; Elle est celle qui détruit les hérésies ; Elle réveille les médiocres ; Elle est la force des martyrs et la force de la vérité. Pour cela il se donne à Elle. La consécration naît donc dans une atmosphère de recherche de point d’appui, de sens et de finalité capable de porter l’humanité à sa plus haute affirmation. Elle s’effectue avec ce but et cet optimisme. La dévotion, et donc la consécration à Marie qui en découle, devient alors don, au sens apostolique du terme : s’engager, soit, dans les fatigues dignes des chevaliers, afin de conquérir pour Elle tous les cœurs qui vivent maintenant et qui vivront dans le monde.

3- Le troisième but est la sanctification personnelle. Ceux qui se confient à l’Immaculée sont particulièrement conduits sur la voie de la pratique des vertus. Elle transmet et fait naître en eux ses propres vertus. En réalité, celle qui est sainte sanctifie. Se consacrer à Elle signifie choisir la voie plus facile, plus sûre et plus courte en vue de la réalisation de la propre vocation personnelle à la sainteté. L’Immaculée, non seulement est modèle, mais plus encore Elle est artiste de la sainteté. Là où Elle se trouve, là aussi opère le Saint-Esprit à qui le consacré répond plus courageusement et surtout fidèlement.

 

35- En guise de conclusion à cette petite réflexion, je voudrais attirer ton attention sur une autre chose sur laquelle je n’ai pas insisté dans les paragraphes précédents. Si après avoir lu ces pages quelqu’un te pose la question suivante : mais, dis-donc, qu’entends-tu par « don de soi » ? Que lui dirais-tu ? Je réponds immédiatement :

 

A) Le don de soi est l’objet principal de la consécration. D’emblée, posons-nous la question : qui est ce « soi » ? Il s’agit du corps, de la santé, des organes du sens, des forces de mon être, des facultés et dons physiques et psychiques dont Marie se sert pour continuer sa mission maternelle. Le « soi » c’est l’intelligence que saint Maximilien cultivait à travers les études, la recherche scientifique ( en passant, je te rappelle qu’il avait un doctorat en philosophie et un autre en théologie) et bien d’autres moyens susceptibles d’enrichir les potentialités de son intellect. Il le faisait en priant et en écrivant. Le « soi » c’est aussi et surtout la volonté totalement offerte, fortifiée par l’obéissance généreuse, toujours soumise à celle de Marie. Le « soi » c’est enfin la capacité d’aimer qui s’exprime davantage dans la souffrance, le travail et le repos. Il faudrait aussi y ajouter les dons de nature et de la grâce.

 

B) Le « moi » que tu offres à Marie ne se perd pas ; il ne se détruit pas ; Tout simplement il devient pour Elle. C’est bien facile de recouvrer ici le dynamisme ou la vitalité de la consécration selon l’esprit de saint Maximilien. On devient sa chose et sa propriété, mais on ne perd rien ; en réalité on se donne tout entier à Marie pour entrer entièrement et docilement  dans sa mission. On se donne pour être utilisé dans le chantier de la transformation et de la sanctification par le moyen de la grâce. C’est bien cela le dynamisme marial : être toujours au service de… Et il ne cesse pas sur cette terre ; il continue aussi dans la vie éternelle. Il ne se limite à la personne, mais il a une dimension universelle dans l’espace et dans le temps. Du coup, on en déduit l’importance de l’esprit de docilité à la grâce sous-tendu par l’esprit d’initiative, de la créativité et de l’organisation dont saint Maximilien était particulièrement doué, et dont son « être l’Immaculée » en était suffisamment enrichi.

 

C) La gloire de Dieu, pour tout homme d’aujourd’hui est ceci : « être l’Immaculée ». Car s’être donné à Elle comporte essentiellement le geste d’amour unique par lequel la gloire de Dieu est proclamée jusqu’à son paroxysme par la créature humaine. La gloire de Dieu c’est aussi l’Homme debout, l’homme sauvé par le sang de Jésus et les larmes de Marie. Avec la consécration nous devenons alors porteurs du salut à tous sans exception, donc sans distinction de race ni culture, sans différence de niveau social, en clair, porteurs du salut qui va au-delà des structures humaines. C’est bien ça l’esprit chevaleresque de la consécration innovée par le saint franciscain : cet esprit se caractérise par l’ardeur ; il ne tolère pas les compromis ; il ne s’occupe des morsures de la fatigue ; il sait deviner les besoins urgents du monde environnant ; il ne rêve pas mais il sait créer l’enthousiasme, et donnant, il se donne sans répit. L’esprit chevaleresque transforme le monde en chantier de travail, le bureau, le campus universitaire, la salle de classe en chapelle, le camp de concentration, l’hôpital ou la chambre où l’on souffre en atrium du ciel.

 

D) Je finis en disant qu’il convient de bien se préparer pour la consécration ; Spirituellement et intellectuellement. Il faut aussi bien la célébrer faisant surtout attention à l’état actuel de la volonté. Est-ce qu’elle est vraiment disponible ? Est-ce qu’elle adhère profondément au projet ? Car la consécration doit être un geste de la volonté libre. En outre, il est recommandable de cultiver avec les plus grands soins la consécration une fois que nous l’avons faite. Puisqu’elle doit toujours être éveillée et active ; notre mode de pensée et de vie doit donc en être profondément imprégné. Pour cela, s’il est possible, il convient de répéter quotidiennement la formule ; il est aussi permis de trouver une formule laconique, c’est-à-dire sous forme jaculatoire, pour la renouveler chaque jour. Ne pas oublier, à ce propos, de porter(même visiblement) la médaille qui, par ailleurs, ne doit aucunement être considérée comme un talisman ou, pire encore, un simple objet magique (de protection ou de fortune). Plutôt, il faudrait y voir le signe manifeste de l’amour filial ; mieux encore, elle doit m’aider à avoir toujours présent dans le cœur et dans la pensée l’Immaculée, notre Mère bien-aimée. Elle doit être donc liée à l’action de Marie dans l’âme.

 

E) J’espère que ces mises au point te permettront d’évaluer suffisamment la portée de cet acte de culte. C’est un don qu’il faut demander dans la prière. Ne jamais se précipiter à l’accomplir sans avoir compris, au moins, l’essentiel de son contenu. Prie beaucoup saint Maximilien afin qu’il intercède pour toi auprès de notre Mère céleste, et donc obtienne cette faveur pour la gloire de Dieu et le salut des âmes.

 

36- Mon ami, en écrivant ces lignes, j’ai voulu te donner seulement une idée de ce qu’est que la consécration selon saint Maximilien. Certainement, tu sais déjà qu’il existe aussi une consécration à l’Immaculée selon saint Louis-Marie Grignon de Monfort. La différence est presque insignifiante entre les deux. A titre d’exemple : alors que le second parle « d’esclavage marial », le premier, bien que ne niant pas sa valeur, l’amplifie, comme du reste nous l’avons vu, et bien à point nommé parle de « l’être (comme) chose et propriété » qui, aux yeux des connaisseurs, semble être un niveau plus radical. Mais en substance, les deux types de consécration se complètent.

 

37- J’ai cherché à utiliser un langage assez simplifié pour ne pas te balafrer la pensée et le cœur de concepts de hauts niveaux qui, peut-être, ne te servent pas pour le moment. Néanmoins, il y a des termes dont je n’ai pas pu m’empêcher l’usage, ce à cause de leur incidence incisive sur notre thème. Il n’y a pas lieu de se lamenter si par hasard la compréhension fût difficile. Si tu saisis ce qu’est l’objet principal de la consécration, autrement dit le don de soi, alors tu peux rester tranquille ; les autres choses s’adjoindront avec le temps. J’espère avoir utilisé un style assez châtié, histoire de faciliter la lecture et la compréhension. Si ça n’a pas été le cas je te prie de m’en excuser ; Et du coup, je me confie à tes prières afin que la Vierge m’aide à me rappeler le français appris à l’école, que, malheureusement, je suis en train d’oublier à cause  de la langue italienne qui, présentement, semble avoir le vent en poupe.




NOUVELLES SUR LES APPARITIONS DE LA BIENHEUREUSE VIERGE MARIE EN AFRIQUE

16092011

 

NOUVELLES SUR LES APPARITIONS DE LA BIENHEUREUSE VIERGE MARIE EN AFRIQUE

 

 

 

Notre beau continent a eu tout au long de son histoire des faveurs particulières de notre très chère Mère du ciel. Ainsi nous pouvons environs 14 apparitions à travers tout le continent, du nor au sud, de l’est à l’ouest. Les nations chanceuses et fortunées par ordre chronologique sont : le Maroc, l’Angola, la Tanzanie(1900), la Sud-afrique(22/08/1955), L’Algérie(1950),l’Egitto(1968, 1974,1985, 1986, 1990),le Rwanda( 1981, 1985), le Burundi(1984,1985). Ces informations, je les ai puisées dans un recueil bien documenté sur toutes les apparitions de la Vierge à travers le monde.

J’ai choisi pour vous l’apparitons de Kibeho(Rwanda) qui est autant fort d’émotions et riche d’ensignement. Voici l’histoire :

 Cinq élèves d’une école : Alphonsine Mumureke, 17 ans, Nathalie Mukamazimpaka, 2 aans, Marie-Claire Mukangango, 20 ans, Valentine Myiramuhoza, 18 ans et Stephanie Mukamurenzi, 14 ans, virent la Madonna, Elles étaient avec une sœur, leur enseignante, La Mère de Dieu apparut à elles ornée d’une beauté splendide et leur ensigna à pier et à chanter des hymnes sacrées. En outre Elle leur transmit quelques messages.

La très Sainte Vierge Marie se manifesta aux voyantes du 28 novembre 1981 au 28 novembre 1989. La Vierge apparut aux jeunes filles et à la sœur vetue d’un habit blanc, candide comme la neige, dans la figure d’une indienne à la peau osbcure ou noire. Elle parla avec les voyantes aussi  à propos des des problèmes quotidiens, les bénit et bénit leurs chapelet et l’eau. Elle leur enseigna à bien réciter le chapelet.  Elle se montra très bonne et amicale avec elles.Le 15 mai 1982 arrivèrent aulieu des apparitions 15 milles personnes . En ce jour là on eut une apparition particulière très longue, durant laquelle la Madonna voulut montrer les péchés du monde avec des scènes symboliques et pleines d’enseignement, parmi lesquelles un abysse, le sang et beaucoup d’arbre enflamme. Puis exhorta les hommes, par les voyantes, à la prière et le sacrifice.

Un signe particulier confirma la présence surnaturelle de Marie : les présents notèrent que dans une journée de soleil splendide comme celle là , beaucoup d’étoiles étaient encore plus brillantes dans le ciel comme si c’était la nuit.

Sachons donc profiter des signes du ciel  pour augmenter notre ferveur dans l’amour à la Vierge du ciel.

 

AVE MARIA !

 

Père Magloire Nkounga Tagne  




L’Immacolata nella pietà popolare della Chiesa etiopica

24062011

 

L’IMMACOLATA NELLA PIETA DELLA CHIESA ETIOPICA E L’INFLUSSO DEI PADRI NEL PRIMO MILLENNIO

 

 

 

 

INTRODUZIONE

 

Da oltre sedici secoli, la Chiesa etiopica esiste com’entità storicamente rintracciabile e socialmente identificabile e riconoscibile. Questa Chiesa africana fa parte del gruppo anticalcedonese o monofisita. Ciò è dovuto alla sua lunga dipendenza dalla chiesa Copta d’Egitto. Secondo una tradizione antichissima, il primo apostolo dell’Etiopia è stato l’Eunuco battezzato da Filippo, apostolo di Gesù Cristo (At 8, 26ss) . Un’altra tradizione, più documentata, fa risalire la fondazione della Chiesa etiopica nella prima metà del sec. IV per opera di un mercante Tiro, di nome Frumenzio, consacrato vescovo nel 341 circa da sant’Atanasio, allora patriarca di Alessandria d’Egitto.[1] Tale informazione è pure presente nella Storia Ecclesiastica di Rufino di Aquilea. Comunque si deve dire che nella metà del IV sec. delle comunità cristiane esistevano in Etiopia, a Axum ed Adulis . Adulis era un porto pregiato, luogo di scalo per molti mercanti; perciò si pensa che missionari greci e siriani che facevano scolo in quel porto ebbero ad evangelizzare la città.

L’influsso della chiesa Copta su quella etiopica fu notevole; e ciò si spinse fino all’alta gerarchia della medesima Chiesa che riceveva il suo Abuna da Alessandria: Le vicende storiche contribuirono a mantenere tale dipendenza, a tal punto che solo nel XX sec. l’Etiopia ebbe per la prima volta un etiope Abuna. Tra gli eventi disastrose che hanno favorito la dominazione di Alessandria è opportuno notare l’invasione araba del secolo VII che isolo l’Etiopia da tutto il mondo cristiano  e la mantenne nell’orbita della chiesa Copta. I tentativi per scuotere il giogo copta si avverarono senza effetto nei secoli successivi fino alla dittatura della regina  Giuditta, ebrea, chiamata per i suoi vizi “Esat” o Fuoco.[2] Pertanto queste vicissitudini storiche non mise definitivamente in repentaglio la fede di questo nobile popolo che in fondo aveva un idea fissa: Mâryâm. Ciò si esprime chiaramente nella  Kidâna Mehrat Salâm o “Patto di misericordia”, in cui si crede che Gesù avrebbe promesso alla sua Madre un trattamento speciale a coloro che l’avrebbero venerato in modo particolare.

La devozione a Maria , nella Chiesa Etiopica ha prettamente un espressione più affettiva che dogmatica. Non manca in questo l’aggiunto di antiche credenze africane che esprimono al modo suo l’amore così genuino del popolo della corna d’Africa. Il Nome di Maria è ricevuto al battesimo, il quale si aggiunge sempre al cognome. Tale fede è unita alla vita politica. L’amore per la Madonna, anche nell’Etiopia moderna è vivissima, poiché ha mantenuto la fedeltà alle tradizioni mariani, la prova ne è la  riedizione più recente del Taâmra Mâryâm (o miracoli di Maria) da Abbâ Tasfâ Giyorgis del convento di Dabra- Libânos, fatta secondo un manoscritto del Choa, con una traduzione amharica ( Addis – Abeba, imp. Hayla Sellâsie, 1924). Anche lo studio recentissimo di Enrico Cerulli, conferma tale attaccamento alle tradizioni mariani.[3]

In questa sede ci proponiamo di presentare l’amore per l’Immacolata nella Chiesa etiopica partendo da due aspetti abbastanza facili a inquadrare, ossia l’aspetto carismatico che è più incisivo e quello dogmatico, peraltro meno ricco, ma fecondo.

I-            L’ASPETTO CARISMATICO

 

Per aspetto carismatico, noi intendiamo quell’espressione riccamente affettiva che si sviluppò in modo così fiorente nella Chiesa Etiopica fino a dare un corpus devozionale ed anche liturgico tutto volto a tributare maggiore gloria e lode alla divina Madre. Infatti la peculiarità di questa entità ecclesiale, in campo mariologico, si trova proprio qua. La Chiesa Etiopica ha conservato delle tradizioni che offrono degli elementi di diverse sfumature: la letteratura mariana fatta di leggende, patrimonio orale tramandato lungo i secoli, una liturgia ricca di feste mariane, di inni mariani ed altre antifone, anafore e titoli particolari.

La letteratura sacra e quella profana sono inseparabili, come l’afferma Geneviève Nollet. In esse s’intrecciano reminiscenze di apocrifi, anche nella stessa liturgia. Già il canone ammette degli apocrifi come il vangelo di Giacomo, il pastore di Erma, il libro di Enoh ecc. Le leggende e racconti dei miracoli di Maria più o meno sorprendenti e di provenienze varie sono stati raccolti con grand’avidità, si può dire.  Asserisce la Geneviève, “Ainsi le roi Zara Yâqob faisait, au Xve siècle, traduire en geez, sous le titre  Taâmra Mâryâm, le célèbre  Livre des miracles de Marie, qui, au Moyen âge, avait cheminé a travers toute l’Europe”[4]. Il gusto per gli apocrifi di stampa mariana, manifesta in modo palese la grande e pia curiosità che non si cura della critica delle fonti. La memoria di queste leggende è ben presente nella liturgia.

La liturgia etiopica è ricca, poetica, verbosa e farcita di simbolismi vari. In diversi modi gli etiopi invocano la  Waladita Amlâk (Madre o Genitrice di Dio), la attribuiscono un ruolo al sacrificio al quale viene intimamente associata. Per la Chiesa etiopica, non curante delle sottigliezze razionali o delle distinzioni del pensiero logico, essa afferma, come lo nota bene Geneviève,  l’importanza del ruolo di Maria nell’economia della salvezza e la sua funzione di Mediatrice. Tale mentalità è ben consona con l’andamento ormai inveterato (secolari) del pensiero orientale circa le verità di fede, in altre parole, quasi una ripugnanza alla speculazione che secondo loro liquida il mistero e affievolisce lo slancio del cuore. Nella liturgia etiopica ci sono due tipi di Anafore che compendiano le varie invocazione rivolte a Maria: L’Anafora comune che riguarda propriamente il rituale della messa  e l’Anafora detta di Ciriaco da Behnesâ che è prettamente mariana. Molti studi sono stati fatti intorno alla storia e all’origine della messa etiopica; annoveriamo tra gli insigni autori Samuele A. B. Mercer[5], J. M. Harden[6].

 

A)  L’ANAFORE COMUNE

 

 

Nell’Ordo communis, la Vergine Maria viene invocata come Mediatrice dopo Gesù per il perdono e la remissione dei peccati;  Ella è dunque, conclude la Genéviève, più coinvolta nella Liturgia, più di quanto accade nella Chiesa Latina, e riflette in questo l’idea della redenzione. Prima delle letture, il sacerdote comincia un dialogo con il popolo in cui vengono ripetute per tre volte le prime parole della Salutazione Angelica: “Salve, o Maria, piena di grazia” e il popolo risponde “Tu sei benedetta fra tutte le donne”, poi il celebrante intona di nuovo “Benedetto il frutto del tuo seno, prega e intercede presso il tuo ben-amato Figlio” , e il popolo risponde di nuovo, “ Affinché Egli ci perdoni i nostri peccati”[7]. Quando il sacerdote va verso il Tabôt[8], specie di pietra sacra o tavolino posta sull’altare, pronuncia queste parole: “ Chiunque non ama Nostro Signore Gesù Cristo e non riconosce la sua nascita da Maria, della santa doppiamente vergine, Tâbôt dello Spirito Santo, fino alla sua nuova venuta – come dice Paolo – sia anatema!”[9]. In questa parte della liturgia Maria è simboleggiata dal Tâbôt, poiché Ella concepì dallo Spirito Santo. Ciò afferma con fermezza e solennemente, ossia come articolo di fede, la maternità verginale di Maria. [10]

Stando sempre a quanto ci riporta la studiosa Nollet G., al momento dell’incenso, nel quadro dell’Anafora comune, si inserisce un’altra invocazione a Maria. E in queste invocazioni ricorrono più volte i titoli di Madre di Dio e Mediatrice presso il Figlio suo Gesù Cristo[11].Anche qui l’incenso ha un significato molto profondo; dice Généviève Nollet, “L’incenso è Maria, poiché colui che è nel suo seno e che è  odorante più di ogni incenso e che Ella ha partorito è venuto e ci ha salvati. Il profumo odorante è Gesù Cristo. Venite, adoriamolo e custodiamo i suoi comandamenti, affinché egli ci perdoni i nostri peccati.”[12] Dopo ciò, e prima del vangelo, il sacerdote riprende le parole del saluto angelico e si chiude così questa parte dell’anafora con Maria. Gli altri momenti in cui la Madonna è evocata o invocata sono: dopo le preghiere dette d’intercessione è ricordata la nascita divina in Maria; al momento della comunione, il sacerdote pronuncia prima delle parole che ricorda che quel corpo e quel sangue, il Signore li ha presi da Maria Santissima[13].

 

B)  L’ANAFORA DI CIRIACO DA BEHNESA

 

 

Questa è l’anafora prettamente mariana in uso presso gli Etiopi. E’ attribuita al vescovo Ciriaco da Behnesâ come testimoniano i vari manoscritti della biblioteca nazionale. Behnesâ, anticamente si chiamava Oxyrynchus, era una città del Medio Egitto che sorgeva sul canale di Giuseppe. Ivi si sono stabiliti diversi conventi nel IV° sec. Sull’origine e la stesura di questo importante documento liturgico si accavalcano storia e leggende (dei famosi tre personaggi tra i quali il santo nazionale Yâred, sacerdote-musicista di Aksum, l’autore del Weddâse Mâryâm, Abba Labhâwi e lo stesso Ciriaco[14]). Meglio dell’anafora comune fa molto riferimento al dato biblico ed è chiamata spesso “speranza di Adamo, dolcezza di Abele, bontà di Seth, buoni azioni di Enoch, arca di Noé, benedizione di Sem, pellegrinazione di Abramo, buon odore d’Isacco, scala di Giacobbe, consolazione di Giuseppe, tavole di Mosè, roveto del Sinai, campanelle dei paramenti di Aronne, toison di Gedeone, vaso d’argento, corna d’olio di Samuele, radice di Iesse, caro di Aminadad, citare di Davide, corona di Salomone…; si esalta la purezza e la verginità di Maria. La concezione è cantata con immagini sublimi: “ Il Fuoco della divinità, chi è inafferrabile e incommensurabile, ha abita nel tuo seno. Ma il fuoco della terra è conoscibile e misurabile e non è giusto che noi paragoniamo il Fuoco della divinità al fuoco della terra conoscibile e misurabile.[15]. Attraverso un lirismo, frutto del genio umano, si palesa uno sforzo spirituale che tende ad accostarsi al mistero del Creatore e del creato; poi è messa pure in evidenza l’impotenza umana di fronti ai misteri arcani di Dio. L’ultima parte dell’anafora evoca la nascita del salvatore e le tribolazioni della Vergine sotto Erode, e infine dell’intercessione di Maria che ci concede il perdono dei peccati e la redenzione.. Sempre nel Messale etiopico del Vaticano, c’è un’altra anafora attribuita a Abba Gigorgis in cui i cenni biblici dell’Antico Testamento e gli immagini applicate a Maria sono numerosi: ora viene chiamata figlia di Anna e di Gioacchino, redentrice del mondo intero, chiave di Pietro, tenda di testimonianza di Paolo, vessillo di salvezza di Andrea, poi,  forza della predicazione di Giacomo, figlio di Zebedeo, cintura della verginità di Tommaso, parola della fede di Giacomo, figlio di Alfeo, grano della vigna di san Bartolomeo, apostolo, Liberatrice di Mattia dalla prigione, sorella degli angeli, figlia dei profeti, grazia degli apostoli, corona dei martiri, Madre dei fanciulli e orgoglio della Chiesa.[16]  Un’altra esaltazione lirica della Madre di Dio risuona così: Larghezza del cielo, fondamento della terra, profondità degli abissi, luce del sole, bellezza della luce, splendore delle stelle del cielo… “ Sei il piatto infocato di questo pane, sei questa coppa di vino”; questa nota eucaristica è caratteristica della terza anafora che si conchiude con una sentita implorazione dei beni spirituali.[17]

Oltre queste tre anafore di cui abbiamo dato un assaggio molto limitato, la chiesa etiopica celebra la lode e la gloria di Maria in vari momenti della  vita ecclesiale. Ella consta di circa 32 festività mariane celebrate con grande puntualità, così come lo raccomando il re Zara Yâqob più tardi nel secolo quindicesimo(1431-1468); è il riformatore carismatico della chiesa etiopica, che vinse tra l’altro l’invasore musulmano Arwe Badlây. Il re emanò un ordinamento circa l’obbligatorietà di celebrare in modo più sentitole 32 feste mariane; facciamo qui la rassegna solo di alcune feste importante:

1-      il 21 di ogni mese (21 Teqemt) commemorazione mensile della Vergine Maria.

2-      il 6 Hedâr (15 novembre), festa detta Quesquâm; le ragioni di tale festa sono compendiati in un sinassario che contiene le testimonianze attribuite a san Teofilo e san Cirillo, patriarchi di Alessandria. Si tratta della consacrazione della chiesa del monte Quesquâm, dietro intervento materno di Maria

3-       il 3 Tâhsâs ( 29 novembre) festa della Baatâ (o dell’ingresso), ossia la presentazione di Maria al Tempio.

4-      Il 22 Tahsâs (18 dicembre) festa  della Daqseyos, ossia memoria mensile dell’annunciazione

5-      Il 21 Ter (16 Gennaio) festa della Eraftâ, ovvero riposo di Maria, cioè la sua morte.

6-      Il 16 Yahâtit (10 febbraio) la festa della Kidâna Mehrat, cioè del Patto della Misericordia.

7-      Il 29 Magâbit (25 mars) la festa della Baâla Besrât o festa dell’annunciazione che coincide con la festa dell’incarnazione (Baâla Tesbeet).

8-      Il 1 Genbôt (26 aprile) la festa della Ledatâ, o nascita di Maria.

9-      Il 21Genbot(16 maggio, festa della Dabra-Metmâq, o souvenir dell’apparizione della Nostra Signora nel monastero del Basso-Egitto, situato nel delta del Nilo, a Al-Magtas, dove gli etiopi avevano una comunità chiamata Dabra-Metmâq.

10-  Il 7 Sanê (1 Giugno) commemorazione della riapertura nel quartiere di Zawêlâ, a Cairo, di una Chiesa di Maria.

11-  L’8 Sanê (2 giugno), dedicazione della chiesa Mehsâb e la festa chiamata Za-anqea Waldâ Mây (l’acqua che fece scaturire il Figlio suo); riguarda la famosa leggenda del soggiorno della sacra famiglia in Egitto.

12-  Il 21 Sanê (15 giugno), la festa della costruzione e la dedicazione delle chiese di tutto il mondo dedicate a Maria. In geez si dice Hensata Bêtâ (costruzione della sua chiesa) e Qeddâsê Bêtâ (consacrazione della sua chiesa).

13-  Il 7 Nahasê (31 luglio), la festa della sua concezione detta Densatâ, la concezione di Maria nel seno di Anna. Il passo del sinassario che ricorda questa festa, palesa proprio l’idea della corredenzione mariana: “ L’angelo del Signore, Gabriele,  gli apparve e gli annunziò che la sua moglie Anna concepirebbe e partorirebbe un bimbo per il quale si rallegrerebbe e del quale parimenti il mondo si rallegrerebbe e esulterebbe e per mezzo del quale sarebbe salvo”[18].

14-  Il 16 Nahasê (22 agosto), la festa della Felsatâ, ossia l’assunzione che completa la festa della Eraftâ, cioè la morte.

A questo punto della nostra analisi, segnaliamo con Nollet che,  “A travers toute la liturgie e la littérature mariales[il] ne cesse de résonner ce mot des Béatitudes[i.e, Miséricorde!]. Les Ethiopiens communient avec l’Eglise universelle dans la croyance à la mission salvatrice de Marie.”[19]

C) CENNI SULL’INNOLOGIA ETIOPICA

 

Al riguardo dell’innologia etiopica, bisogna ricordare che essa conobbe una fioritura particolare nel VII° secolo e si sviluppò in modo cospicuo nei secoli seguenti. La chiesa etiopica canta a profusione d’inni e di poesie la gloria di Maria, ispirandosi dei salmi, del Cantico dei cantici e nonché d’altri Libri biblici. Per un approfondimento dello studio sugli inni presso gli etiopi, raccomandiamo il pregiato lavoro di documentazione del Dr. Adolf Grohmann, in Aethiopische Marienhymnen, (Leipzig, 1919), alle edizioni varie e traduzioni genuine, si aggiungono commenti filologici di tre grandi inni a Maria. E’ un’opera, dall’avviso di Nollet, pieno d’erudizione. La musica e il ritmo rinforzano il simbolismo che dà al mistero cantato un volto arcano. La descrizione è splendida e pieno di accenti lirici, di colori lumeggianti e di trasporto d’anima. Si direbbe una specie di teologia simbolica, una comprensione della realtà che non parte da principi deduttivi, ma casomai, induttivi che offre un clima interiore di contemplazione. L’anima etiopica, per la Madonna, è pronta a procurarsi di tutto ciò che la canta, la loda e la esalta. Tale santa avidità, lungo i secoli, ha limitato lo slancio critico nei confronti dei testi o di provenienza egiziana , siriana ecc. Infatti è difficile rispondere alla domanda: quale sono gli influssi esterni sulle composizioni etiopiche? Tuttavia, ciò che da ammirare è l’anima devota a Maria, profondamente filiale, affettivamente legata alla mamma celeste. Così nel Zemmârê (o innario per l’anno liturgico di Giovanni…), ci sono inni alla Vergine per l’Epifania, per il tempo pasquale fino a pentecoste ed altri canti rivolti al “candelabre tout en or…” come acclama il Degguâ del VII° sec., ovvero alla “Vigne et vase rempli de manne” come dice il Meerâf del XV° sec. Tra i libri che contengono annoveriamo il raccolto della Matshafa Kidâna Mehrat (o Libro del Patto della Misericordia), una prosa rimata scritta nel convento del lago Tsana, per la glorificazione del Patto; la Weddâsê Mâryâm ( o Lodi a Maria), tutti e due del XV° sec. Del primo millennio abbiamo il Degguâ già citato sopra. Gli inni esaltano la purezza Verginale di Maria SS. con degli antitesi come incesto-colore nero e verginità-luce, così risulta dal Qenê, composizione usata durante l’incensazione. La ricchezza delle poesie e degli inni etiopici nascondono una vera e sostenuta dottrina mariana che si aggancia ai Padri come san Cirillo, sant’Efrem e ben altri della scuola alessandrina.

 

II-           L’ASPETTO DOGMATICO

 

 

Le chiese orientali in generale, e la chiesa etiopica in particolare, affondano la loro devozione alla Madonna innanzitutto sulla realtà viva dell’esperienza esistenziale, che attraversa la liturgia, la catechesi, ossia formare i fedeli alla fede, in vista della loro testimonianza impegnata. Tutto allora si polarizza sulla storia della salvezza, preparata nell’Antico Testamento, operata da Cristo Verbo incarnato nel Nuovo Testamento. Una storia salvifica in cui la Vergine madre, con la sua figura e la sua azione, è costantemente presente, per la sua necessaria inclusione nel mistero di Cristo, unico salvatore. Si tratta allora di presentare la visione etiopica del primo millennio, soprattutto con l’influsso di Padri della Chiesa, sia della scuola alessandrina, sia di quella antiochena o siriana. La figura di Maria nella historia salutis, è incorniciata nei suoi privilegi di Madre e di Vergine. Sono i due titoli che costituiscono il punto nodale sul quale converge l’ammirazione e la meditazione degli autori e dei testi etiopici. Sono, per dirlo semplicemente, l’evento-cardine, il nucleo della fede al quale come a fulcro tutto converge, dal quale tutto si illumina e si espande.

 

1-  Il mistero della Vergine-Madre

 

La chiesa etiopica è erede della scuola alessandrina al riguardo del contenuto dottrinale di questo mistero. Infatti, ella è vista nel suo faticoso quotidiano cammino di farsi “ad immagine di Dio”; è la creatura che ha ricomposto l’equilibro umano: è ora chiamata colomba pura, nuovo cielo, degna di ospitare “ Il Fuoco della divinità, che è inafferrabile e incommensurabile”,Colui che ha abitato nel suo seno. Ed “E’ in questa prospettiva di preparazione radicale al grande Evento dell’incarnazione con un lungo ininterrotto itinerario di ascesa nella santità che vengono accolte le feste relative all’infanzia di Maria, importate da Gerusalemme: la festa della natività, dell’ingresso al tempio, della concezione di Anna.

 

2-  Il mistero della santificazione di Maria

 

La bellezza e la purezza di vita di Maria, in cui si è compiaciuto Iddio, hanno suscitato la sua benevolenza paterna. Perciò venne ricolma in sovrabbondanza di grazia dello Spirito di santità, in vista della venuta di Cristo nel mondo, concepimento unico e divino: il concepimento del Santo, come recitano la Weddâse Maryâm e l’Anqâsâ Berhân, “O Vergine, o Santa, O Madre di Dio, tu che per noi hai messo al mondo il Re. Mistero mirabile! Egli abitò in te per la nostra salvezza. Noi rimaniamo muti, non potendo esprimere come si deve l’immensità della perfezione di quell’autore dei beni, il cui aspetto è vario e mirabile. – Prega per noi, o Santa!”[20] Maria è una creatura tutta speciale, circonfusa de luce perché nessuna concupiscenza possa  sfiorire la sua bellezza angelica. In lei l’uomo ridiventa come era stato creato all’origine, anzi viene più perfezionato. Così nel pensiero di sant’Efrem, Maria, santificata dallo Spirito nel corpo e nel cuore si presenta come un prodigio ineffabile. Sotto l’influsso di questa comprensione efremiana, la chiesa etiopica la chiama, a giusto titolo, il Tâbôt dello Spirito Santo, ossia il suo talamo: “(…) il Figlio di Dio la rende verginalmente feconda di sé, formando nel suo grembo le sue membra corporali, imprimendo nel suo spirito le sue fattezze divine. In tal modo essa è Sorella di Cristo per condizione umana, Sposa di Cristo per il dono del suo amore verginale, Madre di cristo per la generazione corporale.”[21]

 

3-  Il mistero della divina maternità verginale di Maria

 

L’eredità cirilliana nella chiesa etiopica si rivela proprio qui: Maria, Madre di Dio (e addirittura Corredentrice nella mens mariana etiopica). La tradizione alessandrina oltre a contemplare la vergine che allatta il Bambino e lo porta sulle ginocchia, ossia Colui che regge tutto l’universo, si è impegnata a palesare i motivi arcani del duplice mistero di un Dio-Uomo e di una Madre-Vergine che lo ha generato. Questo è il mistero della Theotokos. Questa chiesa africana confessa e proclama il parto verginale a Betlemme come opera e portento di Dio. In una raccolta intitolata Hâymânota Abaw, ossia “La Fede dei Padri”, si trova riassunto la credenza di questa chiesa. Essa ha seguito in tutto l’insegnamento dei Padri alessandrini a motivo della sua dipendenza secolare dalla chiesa copta d’Egitto. Come afferma, convinta, Nollet Généviève, un posto di primario è riconosciuto a san Cirillo[22] . Ad esempio nel Qêrlos (Cirillo), ci sono citazioni di altri Padri, dei testi rapportandosi al concilio di Efeso (a. 431). Perciò possiamo liberamente affermare “(…) gli Etiopi hanno abbracciato e custodito in seguito, la fede cirilliana nella Theotokos. Chiamano di solito Maria Waladita Amlâk (Generatrice di Dio), esatta traduzione della parola greca. Tale fede, inoltre, non sarà contraddittoria con il loro monofisismo ulteriore (XV° sec.).”[23] Infatti san Cirillo, quando proclamò la maternità di Maria, non aveva ancora chiarito la formula dell’unità nella persona di Cristo. Questa mancanza di esplicazione concettuale o di terminologia spinsero i monofisiti a reclamarsi di san Cirillo[24]. Perciò, la chiesa etiopica lo ritiene il loro più grande teologo. Nell’analisi della Weddâsê Mâryâm è facile rintracciare l’eco della gioia del vincitore di Efeso: “Rallegrati, o Genitrice del Signore (…), Rallegrati, o Genitrice del Creatore dell’universo… Rallegrati, o Maria, Madre e Serva…”[25]  Sono così simili alle parole che il difensore della Maternità divina pronunciò alla sera immemorabile del 31 luglio 431, allorché i Padri avevano proclamato come dogma questa verità mariana. Tra l’altro disse: “Salve, Maria, Madre di Dio, Tesoro dell’universo, Flambeau inestinguibile, Corona di virginità, Scettro dell’ortodossia, Tempio indissolubile, Tabernacolo di Colui che il mondo non può contenere, Madre e Vergine… Nel vostro seno verginale avete rinchiuso l’Immenso e l’Incomprensibile…”[26]. Più sopra, abbiamo citato un passo dell’anafora di Ciriaco de Behnesâ, in cui si parla del Fuoco divino inafferrabile; anche il sinassario della festa della Baâlat Besrât, ossia la festa dell’annunciazione, ricorda l’inaccessibilità di Colui che dimora nel seno di Maria nonché dell’ineffabilità di tale luogo. Circa l’influsso particolare del pensiero di san Cirillo sulla credenza mariana etiopica si può raccomandare particolarmente il libro di Du Manoir sul dogma e spiritualità cirilliana che abbiamo già citato nella nota 24. Altri punti di rassomiglianza tra san Cirillo e la chiesa etiopica si rinviene spesso nei sentimenti e gli espressioni dell’inno della Weddâsê Mâryâm e nel lirismo del teologo alessandrino. La tendenza monofisita della chiesa della corna d’Africa, ha spinto a incalzare molto sulla maternità divina. Infatti, chiama Maria, Madre di Dio non Madre di Cristo come volevano i nestoriani.

D’altronde, la Weddâsê Mâryâm fu attribuita da una certa tradizione etiopica a sant’Efrem dei Siri. Benché tale affermazione si rivela discutibile, poiché altra tradizione ritiene come autore Simeone il Siro[27] . Questo innario contiene una dottrina ricca impostata nel tono poetico, proprio della mentalità orientale, e di più del dottore mariano sant’Efrem.  Egli dà il primato alla Maternità divina di Maria nell’economia della cooperazione all’opera salvifica del Figlio suo, e alla radice di tutti i privilegi. Nella pietà etiopica si suole vedere la Madonna nell’alveo di Luce. Ella è la luce che risplende. Qui la rassomiglianza è netta con il pensiero del “Pindaro Siro” , quando sviluppa il parallelismo Eva-Maria: “ Guarda il mondo: due occhi ha avuto: Eva, l’occhio sinistro, quello cieco; Maria, occhio luminoso, quello destro. Per colpa dell’occhio sinistro si ottenebrò il mondo e rimase nel buio. Ma mediante Maria, occhio destro, s’illuminò il mondo con la luce celeste che abitò in lei, e gli uomini ritrovarono l’unità”[28]

 

La presenza celeste di Maria

 

Tra i temi principali della pietà etiopica spicca in modo particolare l’assunzione di Maria Vergine in cielo e il Patto della Misericordia. Gli autori sono unanimi sul fatto che il motivo principale della glorificazione di Maria in cielo, presso questa chiesa africana, è la mediazione materna che Ella assume presso il suo Figlio . Ciò si esprime in modo distintivo nella festa del Patto della misericordia. “Così, ad esempio, i santuari della Vergine, specialmente quelli che risalgono, nella tradizione popolare, alle soste della sacra Famiglia in Egitto (ed Etiopia) o altrove, mantengono viva la continuità di una presenza – ieri storica, oggi celeste – della Madre di Dio tra i popoli che ha visitato.”£[29] L’invocazione di Maria è espressa nella fede della sua presenza orante e operante. Così, è invocata perché non venga meno l’alimento della vita terrena, lei che è potente presso suo Figlio. Di più, c’è un’altra simbologia che lei stessa rappresenta, ossia il campo inseminato che accolse il Seme celeste, che produsse la Spiga divina e il Grappolo d’oblazione. Tale immagine è presente sia presso i siri sia presso gli Etiopi.

In modo particolare, ella è invocata nella chiesa etiopica in una prospettiva escatologica, significata nella festa del “Patto della misericordia”. Gli Etiopi lo celebrano solennemente, e ogni mese lo ricordano, cioè che il Figlio di Dio avrebbe sottoscritto con giuramento alla Madre in favore di coloro che l’avrebbero onorata e per amor suo si fossero dedicati a compiere opere di misericordia: essi non andranno perduti nell’ultimo giorno. Questo è speranza umilmente vissuta e gioiosamente celebrata, che sostiene il cammino della chiesa del corno dell’Africa.



[1] Cfr. AA.VV. Testi Mariani del primo millennio, vol. 4, Padri e altri autori orientali, Città Nuova, Roma, 1991, p. 833.

[2] Ibidem, p. 834.

[3]  Hubert du Manoir, s.j. Maria,  Etudes sur la Sainte Vierge,  tome 1, Beauchesne et ses fils, Paris, 1949, p. 372, nota 20.

[4] Ibidem. P. 367.

[5] A. B. Mercer, The Ethiopic Liturgy (1915).

[6] J. M. Harden, The Anaphiras of the Ethiopic Liturgy (1928).

[7] Du Manoir, op. cit. p. 374.

[8] Sul Tâbôt erano insisi il ritratt e il nome del santo a cui era dedicata la chiesa. Misura 30 cm( Cf. J. Baeteman, Dictionnaire Amarigna- Français, col. 486). Per estensione venne usato per designare pure l’altare.

[9] Ibidem.

[10] Ibidem

[11] Ibidem, p. 375.

[12] Idem.

[13] Tutto il testo dell’anafora comune si trova nel messale etiopico redatto in Geez, e terminato nel 1945 sotto il pontificato di Pio XII e pubblicato su ordine della Sacra Congregazione delle Chiese Orientali, allora diretta dal Cardinale Eugène Tisserant.

[14] Du Manoir, op. cit. p. 376.

[15] Ibidem, p.377.

[16] Ibidem, p. 379.

[17] Idem.

[18] Ibid. p. 393.

[19] Ibid. p. 395.

[20]  AA. VV. Testi  mariani del primo millennio, vol. IV Padri e altri autori orientali, Città Nuova, Roma, 1991,  p. 854.

[21] Ibidem, p. 30.

[22] Du Manoir, op. cit. p. 369.

[23] Idem.

[24] Cf. H. Du Manoir, Dogme et Spiritualità chez saint Cyrille d’Alexandrie, pp. 7, 495-499 et 510-512.

[25] Hubert du Manoir, s.j. Maria,  Etudes sur la Sainte Vierge,  tome 1, Beauchesne et ses fils, Paris, 1949, p. 370.

[26] Idem

[27] Idem. Nota 13. Vedi anche AA. VV. Testi  mariani del primo millennio, vol. IV Padri e altri autori orientali, Città Nuova, Roma, 1991,  p. 851.

[28] Sant’Efrem, Inni sulla Chiesa, 37. CSCO 199, 90.

[29] AA. VV. Testi  mariani del primo millennio, vol. IV Padri e altri autori orientali, Città Nuova, Roma, 1991, p. 35.

 

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La Bx Victoire Rosoamanarive

4052011

 

La Bienheureuse Victoire Rasoamanarive : La « Madone » de l’Eglise naissante de Madagascar (1848-1894)

 

1- Rasoamanarive est née en 1848, une période où le Royaume de Madagascar était en proie à la violente persécution contre les chrétiens sous le règne de la Reine Ranavalona (1828). Seulement à la mort de cette dernière les missionnaires eurent derechef accès au pays. Avant de rencontrer Christ, Bienheureuse Victoire suivait la religion de ses parents qui appartenaient, entre autre, à la famille royale. Elle participe au palais au culte rendu aux idoles. A l’âge de 13 ans, elle eut la chance de nouer des relations avec les religieuses de saint Joseph de Cluny. Frappée par l’histoire de Jésus-Christ, elle décida de se faire chrétienne. Ce ne fut pas une décision agréable pour sa mère, mais elle ne s’y opposa pas du tout. Après son baptême célébré en novembre 1863 dans l’Eglise de Sainte Marie d’Andohalo, elle fut promue à la première communion l’année suivante, et en plus se consacra à la Vierge Marie. Peu de temps après, elle manifesta le désir de devenir religieuse, mais les missionnaires s’y opposèrent sachant bien que la famille royale n’aurait accepté un tel « affront ». Patience ! Coup dur pour le cœur simple et bien enthousiaste de Victoire ! Elle se posa tant de questions, afin de s’assurer que cela était vraiment la volonté de Dieu. Elle dut enfin se résigner pour ainsi embrasser, à l’age de seize ans, le mariage.

 

            2- C’est à ce point que commence l’histoire la plus belle de Victoire ; une histoire dont le scénario a lieu à l’ombre de la croix, bien en syntonie et à côté de la Vierge Marie Corédemptrice. Jeune croyante, fervente, généreuse et engagée, elle se fit tout de suite remarquer par les pères de la mission, outre son appartenance à la famille royale. Elle était devenue ainsi pour les autres fidèles un exemple vivant de vie chrétienne. Pour cela, quand les missionnaires étrangers furent expulsés durant la guerre malgache-française (1883-1885), elle fut élue comme modératrice de la jeune communauté chrétienne catholique ; ainsi elle s’entendit dire ces mots très touchants : « Victoire, quand Notre Seigneur monta au ciel, Marie, sa Mère resta sur la terre pour encourager et soutenir les Apôtres et les premiers chrétiens. Tu feras de même pendant l’absence des missionnaires ; tu devras être l’Ange gardien de la mission Catholique et le soutien des chrétiens ».

 

      3- C’est avec ces paroles pleines d’émotions et riches de support spirituel que les premiers missionnaires français abandonnèrent, avec grande douleur,  la jeune mission malgache en 1883, à cause du conflit entre le pouvoir impérial merina et les puissances étrangères, en particulier la France. En 22 ans d’évangélisation, Antananarive et Fianarantsoa avaient environ 80 000 fidèles. La Bienheureuse Victoire était une des chrétiennes actives de la station missionnaire d’Antananarive ; elle brillait par la rectitude de son comportement, la générosité de son cœur et le courage de vivre sa foi fidèlement au sein d’une famille royale hostile au catholicisme.

 

            4- Comme nous l’avons dit auparavant, notre Bienheureuse était membre de la famille royale, et avait épousé son cousin Radriaka, militaire de profession, comme il était d’usage dans cette région d’Afrique. Son beau-père, c’est-à-dire son oncle, était  le Premier ministre du roi, Rainilaiarivony; il avait tellement en estime sa nièce. Mais malgré cette protection affective, elle devait souffrir atrocement les moqueries de certains membres de la famille royale. Pourtant, elle ne se laissa pas détourner de l’idéal de vie chrétienne librement et amoureusement embrassé. Elle s’y donna corps et âme, vivant jusqu’à l’héroïcité des vertus.

           

5- En effet, ce qui frappe, à brûle-pourpoint, dans la vie de la Bienheureuse malgache est le sérieux avec lequel, elle a vécu sa vocation matrimoniale rendue presque insupportable par son mari, qui pendant 24 ans de vie conjugale brillait au jour le jour par son  donjuanisme  populaire, c’est-à-dire devenu une sorte de secret de polichinelle parmi le peuple. Victoire était donc devenue la risée de tous ; et comble de malheur, elle n’avait pas pu avoir d’enfant. Mais tout son amour maternel, se reversait sur ses esclaves, les pauvres de la cité et bien sûr sur ses coreligionnaires. Seule sa foi la soutenait, si bien que, lorsque la Reine, poussée par le Premier ministre, demanda à Victoire de divorcer et donc de se remarier, elle se jeta à ses pieds pour implorer la clémence envers elle et son mari qu’elle continuait  à aimer de tout son cœur ; et donc n’entendait pas se séparer de lui. Elle dit à la Reine ces paroles très touchantes : « le mariage chrétien est indissoluble. C’est Dieu qui l’a institué et il est béni par l’Eglise. Les hommes n’ont donc sur lui aucun pouvoir » ; une façon de dire que ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas. C’est bien ça un témoignage de foi vécue dans une profonde intimité avec Dieu. Car humainement, et surtout pour une néophyte dans la foi, ce n’est pas une chose qui va de soi ; il faut y voir une héroïcité hors pair, due à un clin d’œil de la Providence divine. Pour cela, quand son mari, suite à une chute mortelle du balcon de l’Immeuble d’une de ses amantes fut à l’article de la mort, elle prit soin de lui, lavant ses pieds avec tant amour, et lui parlant de la foi en Jésus Christ, qu’il désira le baptême avant la mort qui advint peu après que Victoire elle-même le lui administra in extremis, puisque le prêtre tardait à venir, et la vie du bien-aimé s’éteignait à petit feu. La vie chrétienne vécue avec sérieux eut donc le dessus sur la vie désordonnée.

 

6- Elle vivait sa souffrance avec une « patience extraordinaire  et incomparable ». On n’avait jamais entendu de sa bouche des propos amers à l’égard de son mari. A qui voulait compatir avec elle à ses malheurs, la Bienheureuse répondait avec une tranquillité désarmante, à telle enseigne que c’est bien l’interlocuteur qui en sortait consolé ; entre autre, elle disait : « Dieu a souffert de grandes douleurs. Et pourquoi ne vais-je pas supporter mes propres douleurs. » C’est ici le point central de sa donation profonde à Dieu comme victime d’expiation. Cela n’a rien à voir avec le dolorisme de certains milieux chrétiens. Elle avait voulu associer ses douleurs à celles de Jésus-Christ. Elle voulait ressembler en tout à son Seigneur. Quand on aime vraiment, on désire non seulement avoir pour toujours l’Aimé avec soi, mais de plus, on voudrait Lui ressembler, on voudrait devenir Lui-même. Voilà le désir le plus fort qui brûlait le cœur de Victoire. Voilà la beauté d’une vocation vécue jusqu’au bout, sans compromission ; Voilà la génialité d’un engagement chrétien qui ne tolère pas les contradictions très faciles de la nature humaine ; voici un exemple qui nous est offert, c’est-à-dire l’abnégation amoureuse sur le chemin de la Sainteté dans la vie matrimoniale.

 

7- Toute la force surnaturelle que reflétait toute sa personne attirait à elle chrétiens et non chrétiens, puisque sa générosité était sans frontière. Elle était donc devenue une étoile fort brillante dans le ciel obscur de la vie politique et religieuse malgache. On peut lire, dans le compte- rendu de la première réunion tenue tout juste après le départ des missionnaires, cette élogieuse affirmation : « Victoire est notre fondement, la colonne, le père et la mère de tous les chrétiens, comme l’a été la Vierge Marie, après l’Ascension du Seigneur Jésus. » Pendant la période de persécution, elle réconfortait les autres fidèles avec des expressions puissamment maternelles : « N’ayez pas peur ! S’ils viennent pour nous tuer, je serai la première à mourir », c’est-à-dire à m’offrir en holocauste par amour du Seigneur Jésus. Ce sens du sacrifice pour l’Autre et pour les autres était devenu quasi une seconde nature pour notre Bienheureuse ; oui, il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime, dit l’Evangile !

 

8- En outre, avec grande sagesse et prudence surnaturelle, elle sut diriger la jeune Eglise pendant trois ans, durée de l’absence des missionnaires français qui arrivèrent derechef en 1886. Elle savait équilibrer les choix dans l’apostolat soutenu par un leitmotiv qui se révèle très actuel quant à son contenu spirituel : « Auparavant, pensons à nous sanctifier nous-mêmes – disait-elle – et puis nous nous occuperons de la sanctification des autres… »  Et puisque les protestants se moquaient des catholiques qui n’avaient plus la possibilité de participer à la sainte Messe, elle répondit avec grande sagesse en ces termes : « Je participe à toutes les saintes Messes célébrées dans le monde entier ». Cette affirmation lève un pan de voile sur la vie mystique de notre Bienheureuse. Ce serait par trop simpliste d’y voir une réaction purement émotive et d’autodéfense sans une relation avec sa profonde intimité avec Jésus et Maman Marie.

 

9- En fait, Victoire, avant le soupir final, avait encore sur les lèvres le mot le plus suave que chacun désire prononcer au moment de passer de ce monde à l’autre : «  Mère, mère, mère ! ». On raconte justement qu’au moment d’expirer, elle souleva les mains sur lesquelles pendait son chapelet, qui l’avait toujours accompagné dans tous les événements de la vie ; et dit à haute voix et par trois fois «  Mère ». C’est l’élan de la filiation pleine et sincère qui produit cet effet merveilleux et s’offre comme témoignage de la nécessité d’une relation géniale et mûre, inconditionnelle et illimitée avec la Vierge, notre Corédemptrice et Médiatrice de toutes les Grâces. On ne le dira jamais assez, la Vierge est le refuge de tous ceux qui se laissent guider par elle pendant cette vie. Ce n’est pas un simple euphémisme le fait que déjà les missionnaires aient vu en Victoire une personne qui pouvait reproposer à la jeune Eglise la figure maternelle de Marie, comme auxiliatrice des chrétiens. La « marianisation » de la vie de notre Bienheureuse est reconnue dès l’élection faite par les missionnaires et plus tard confirmée par les autres chrétiens. Une vie « mariaforme » est essentiellement dévouement total aux autres et communion singulière avec l’Eglise qui trouve sa plénitude dans le mystère de la célébration Eucharistique. La « Mariaformité » est une exigence concrète de la véritable vie chrétienne. Pour cela Pape Paul VI pouvait bien dire, « on ne peut être chrétien sans être de Marie. » C’est bien à travers elle que la vie christique se développe et s’accroît en nous.

 

10- Voilà le brillant exemple de la Bienheureuse Victoire ; un exemple d’intrépidité de l’engagement chrétien dans une relation humble et fidèle avec la Mère de Jésus et de tous les hommes, au point d’arriver à une imbrication de la propre vie dans la Sienne ou alors comme le dit très bien saint Maximilien Marie Kolbe, arriver à la « transsubstantiation » en Elle-même. C’est possible ! Et cela est aussi possible pour nous. Il suffit de se mettre à genoux, et avec le chapelet en main, implorer avec foi, espérance et persévérance charitable, la grâce de cette nouvelle transformation. Seulement de cette façon, nous serons de bons chrétiens et non de bons  crétins. Que la Bienheureuse Victoire, définie par le Pape Jean Paul II comme « une vraie missionnaire et un modèle pour les fidèles laïcs d’aujourd’hui », puisse intercéder auprès de l’Immaculée pour nous tous, encore en pèlerinage sur cette terre d’exil.

 

 

 

P. Magloire Nkounga

 




L’Africa dell’Immacolata

29042011

 

QUANDO L’IMMACOLATA CONQUISTA L’AFRICA!

 

 

Parlare della conquista dell’Africa dalla Madonna è toccare il fulcro dell’attività missionaria in questo continente. Oltretutto, l’Africa è, nella storia attuale della Redenzione del mondo, il primo continente che ha accolto positivamente il dono divino della salvezza. Si evince dal passo di san Luca che narra la fuga in Egitto. Questo paese dando asilo alla Sacra Famiglia, ha ipso facto accolto il mistero insondabile della misericordia rivelatosi nella Persona di Gesù insieme alla sua SS. Madre. Il che giustifica dunque la fioritura teologica mariana durante i cinque primi secoli del cristianesimo. C’è stato uno sviluppo sinergetico del cristianesimo e del culto mariano, se si pensa che gli africani conservano con amore e discreta fierezza il ricordo della “pasqua” della Sacra Famiglia.  Secondo il Bouchard, già a metà del V secolo, il continente africano con sant’Agostino emerge notevolmente nell’ambito della dottrina mariana in confronto ai suoi vicini orientali. Al momento del concilio d’Efeso, quasi tutti in Africa credevano ai principali privilegi di Maria, ossia la sua maternità divina, la verginità, la mediazione universale e la sua azione corredentrice. I luoghi di questo primo sviluppo sono prevalentemente l’Egitto e l’Etiopia, nonché le regioni vicine (Cartagine, Ippona…).

            Con le invasioni arabe (VII sec.), si assistette al progressivo smarrirsi delle pratiche religiose ispirate dai principi del cristianesimo e conseguentemente la devozione mariana. Ciò durò incirca cinque secoli. Tuttavia le chiese Copta e etiopica rimaste isolate dal resto della cristianità e, grazia all’Immacolata, mantennero viva la fiamma mariana anche nell’oscurità della barbaria grottesca musulmana. Ciò non significa che i musulmani fossero contro l’Immacolata!  No affatto! Le testimonianze dei missionari portoghesi e spagnoli ci mostrano ben il contrario. Già il corano consacra versetti di contenuti felicissimi sulla Madre di Gesù. Come l’hanno sostenuto P. Abd-el-Jalil, A. Lozza del PIME e E. Krebs, nelle terre delle missioni se suole incontrare musulmani che nutrono un pio rispetto per la Madonna, addirittura non tollerano nessun’ombra sulla sua purezza e la sua fedeltà a Dio. S’indignano quando dei cristiani contestano la purezza liliale della Madre di Dio. L’immacolata non sarà, certo, insensibile a tale onore che essi La tributano; può costituire una preparazione interiore dei musulmani alla verità totale e pura. In Africa, la devozione a Maria può avverarsi un punto d’avvicinamento tra le due religioni; in Egitto, con l’opera esimia dei missionari mercedari e trinitari…, i fedeli di entrambi religioni s’uniscono nei digiuni, le feste e pellegrinaggi in suo onore.

            In Marocco, verso il IX secolo, la religione di Cristo era rappresentata solo dai mercenari cristiani al servizio dei sultani, dai commercianti, dagli schiavi e da alcune presenze missionarie, tra le quale quella francescana. Infatti, nel 1220, san Francesco mandò cinque dei suoi frati in questa terra dell’Africa. Nessun dubbio sul fervore della devozione mariana dei frati minori, il quale dava un tocco speciale alla loro predicazione. Il martirio di questi primi “veri frati “ di san Francesco ebbe un impatto considerevole sul popolo e sul sultano che decise dopo un po’ la costruzione di una chiesa dedicata alla Madonna: fu chiamata dunque “Sainte-Marie de Marrakech”, madre delle Chiese del Marocco. Nonostante l’imperversare delle persecuzioni, i figli di san Francesco non abbandonarono i poveri schiavi cristiani in mano ai musulmani. A Fez , nel 1672, fecero costruire un’umile cappella in onore dell’Immacolata Concezione. Lì, si riunivano gli schiavi, già all’aurora, per la messa e la sera, per la recita del rosario con il canto del Salve Regina. Gli intrepidi missionari fecero la stessa cosa a Meknès, sotto il terribile regno di Mouley Ismaele. Tale impresa era spesso coronata dal martirio che viene ricordato, ancora oggi, dall’imponente statua de “Notre Dame des Oliviers”, elevata sul luogo delle stragi contro missionari e schiavi cristiani. La Patrona e Madre delle missioni era sempre là per consolare i suoi fedeli operai, e ricevere, al contempo, la palma del loro martirio, nonché la folta e fervente schiera delle anime salvate mediante la loro oblazione caritatevole.

            Nell’Africa subsahariana, l’Immacolata vi giunge tramite esploratori portoghesi già nel XV secolo. Erano molto devoti all’Immacolata Concezione. Ogni nuova terra scoperta, o riceveva un nome  corrispondente ad un titolo mariano o vi si costruiva una chiesa in onore di Maria. Fino al secolo XIX, i missionari si succedono sulle coste africane e nel Madagascar. Quasi tutti hanno in mano il crocifisso e il rosario. Sfruttano bene un elemento psico-culturale di grande importanza: l’africano ha un rispetto sacro per la Madre del Re. Ecco un esempio molto recente del negus Ménélick: aveva ricevuto una lettera da una mamma italiana che chiedeva la libertà per il suo figlio prigioniero in Etiopia, dopo la cocente disfatta d’Adua (1896). La lettera terminava così: Te lo chiedo in nome della Madonna. Appena lesse codesta frase, si sciolse la sua durezza e concedette la libertà al povero soldato raccomandandogli di non considerarlo, lui il Re, come suo liberatore, ma la Madonna: “ (…) poiché, sai, diceva, Maria è veramente mia Madre, e quando mia madre ha detto sì, non posso più dire di no. Vai, ti protegga la Nostra Signora”.

 

Don Magloire
 




Culla della devozione mariana: l’Africa

29042011

 

L’AFRICA DELL’IMMACOLATA

 

Un insigne pensatore diceva: “Nei due termini “Maria” e “Missioni”, si esprime tutto il divenire, lo sviluppo e il compimento del regno di Dio sulla terra, in tutti i tempi ed in tutti i campi, in tutti i popoli ed in tutte le nazioni. Solo per mezzo di Maria, il mondo può giungere a Cristo e a Dio”. Quando si legge la storia delle missioni, non manca mai nei ritratti che ne fanno gli storici, il nome Maria. All’epoca degli esploratori come Cristoforo Colombo, di Magellano e d’altri, si usava battezzare la nave di viaggio con un titolo mariano, oppure si faceva qualche promessa alla Madonna se si ritornava indenne dal pericoloso viaggio verso le coste sconosciute. I missionari facevano puntualmente la loro consacrazione al Cuore Immacolato, e appena giunti affidavano la regione ad evangelizzare all’Immacolata. Questo modo di procedere esprimeva la volontà di assicurare il successo dell’impresa. Così avvenne per i missionari che sbarcarono nelle coste africane, specie quelle dell’Africa subsahariana.

I portoghesi chiamarono molte terre scoperte con il nome di Maria; ad esempio l’isola di Santa Maria ai Açores, la punta di Santa Maria in Guinea, il Villaggio della Nostra Signora della Neve a Sao Tomé ecc. Ciò suscitò molto entusiasmo nei cuori dei convertiti e diventò dunque uno sprono per coltivare la figliolanza con Maria. Gli intrepidi missionari fecero costruire pure delle chiese e cappelle in onore della Nostra Signora; pensiamo al santuario de Nossa Senhora Candelaria in Guinea. San Francesco Saverio, nei suoi viaggi missionario sostò per esempio in Mozambico e nel suo pellegrinare disse questo: “Mi sono accorto che è vano predicare ai gentili il nome di Gesù prima di aver mostrato l’immagine della sua Madre.” Una testimonianza questa che fa risaltare quanto la figura materna di Maria esercitava nei cuori degli africani un fascino soprannaturale.In alcuni paesi, l’immagine della Madonna dominava nei luoghi pubblici, ad esempio la fortezza del Mozambico,  sotto la forma di una imponente statua. Nel loro apostolato, i missionari distribuivano medagliette, statuette e vari oggetti di pietà legati al culto mariano (coroncine, decine…). Infatti, gli scavi archeologici hanno permesso di rinvenire oggetti vari di pietà mariana, i quali costituiscono una testimonianza preziosa del devoto ossequio del popolo africano alla divina Madre.

Mama Nzambi, così la chiamano nel Congo ha presieduto alla sorte di codesto popolo in modo palese. I missionari che accompagnarono gli esploratori nelle loro spedizioni, costruirono chiese e santuari. I cristiani avevano l’abitudine di salutarsi così: “Siano lodati il SS. Sacramento e la SS. Concezione della Vergine Santissima”. P. Bonaventura d’Alessano, superiore dei frati cappuccini che evangelizzavano il Congo durante il XVII secolo, soleva convocare uno o due volte al dì gli abitanti in chiesa o sotto un albero per la recita del rosario, il canto delle litanie , il tutto accompagnato da una fervorosa catechesi mariana in cui insisteva sull’importanza dell’intercessione della Vergine in nostro favore presso il suo Figlio. La recita del rosario era diventata una pratica generale, mentre portare la corona al collo era ormai consuetudine. Anche i capi dei villaggi si lasciavano convincere da quest’anelito filiale, addirittura, camminavano con la corona del rosario in mano. I missionari agostiniani, domenicani, gesuiti, i Padri delle missioni africane lavorarono sulla Costa della Guinea, nel Benin, nelle occidentale ed orientale, nello Zanzibar, nel Paté , a Monbasa ecc. Qui la Madonna fu predicata in vari modi a tal punto che di fronti all’invasione araba del XVII e del XVIII,  e gli attacchi dei protestanti olandesi, molte missioni mantennero lo stoppino mariano acceso. Si racconta che nel XIX secolo, quando i missionari ritornarono dopo la tempesta burrascosa delle persecuzioni, alcuni catechisti per riconoscere chi era vero missionario cattolico facevano questa domanda: sai il rosario? L’affermativa valeva l’accoglienza, se non si era cacciato via. Quest’esperienza la vissero i Padri delle Missioni Africani a Lagos nella Nigeria.

Occorre notare pure che i missionari, di solito, consacravano i paesi evangelizzati alla Madonna; per esempio, Mgr Vieter, prefetto apostolico, appena arrivato in Camerun (1890) consacrò il paese alla Regina degli Apostoli, la quale consacrazione fu rinnovata, qualche tempo dopo dagli Ordinari locali nel 1949, accompagnato da un progetto d’erezione di un santuario in onore della celeste Regina a Ngaoundéré. Bene a sapere che già nel 1942, il Sommo Pontefice Pio XII aveva chiesto espressamente la consacrazione generale dell’Africa al Cuore Immacolato di Maria. Ciò che fecero tutte le missioni. La devozione mariana è normale e abituale in Africa. I doni di natura con i quali ha beneficato la divina Provvidenza codesto popolo lo predispongono ad un rapporto genuino con la Madre del cielo. Gli africani hanno naturalmente un legame particolare con la loro madre che essi circondano con premurosa attenzione filiale; perciò la Madonna, quale Madre di Dio e degli uomini, non poteva che rapire i cuori dei suoi figli prediletti. In Ouganda, l’apostolato mariano dei missionari fu facilitato dalla venerazione che il popolo aveva per la Miwamikazi, ossia la madre del re la cui influenza era considerevole. Ecco ciò che disse il capo tribù Basuto Massoupha, allora protestante: “Ciò che mi piace nei cattolici è che essi invocano la Madre di Gesù, e  credono che Ella regna in Cielo con Lui. Vedete, mia madre è da tutti rispettata! Forse non la chiamate regina? Ebbene, la Regina del Cielo deve essere molto superiore e grande in confronto a mia madre; lo stesso, Gesù è molto più potente del mio padre Moshesh. Voi protestanti, voi che provocate i cattolici, sbagliate, poiché voi perseguitate Gesù perseguitando la sua Madre…”. Questo capo tribù, che tra l’altro aveva già abbandonato la chiesa protestante, ritornando al paganesimo, si fece poi cattolico e devoto fervoroso dell’Immacolata. L’esperienza positiva e buona della propria cultura, nei suoi aspetti sani, può motivare una vera conversione di cuore, soprattutto quando ci si fa accompagnare dalla Vergine Maria. Noi diciamo, l’Africa dell’Immacolata, perché ormai, grazie al lavoro sofferto, ma squisito dei missionari, la Madonna è amata e conosciuta in molti paesi  del vasto continente. Però c’è ancora molto da fare perché Ella diventi, come l’auspicava già il gran missionario dei tempi moderni, san Massimiliano Maria Kolbe, la Regina di tutti i cuori e infine trionfi nella vita sociale odierna.

 

Don Magloire
 




25012011

 

La Vierge Marie en Afrique

 

Alors que l’Egypte a accueilli Marie dès l’enfance de Jésus, à l’occasion de l’exil de la Sainte Famille, dans le reste du continent elle est venue par les missionnaires qui ont apporté l’Évangile du Christ aux Africaines et Africains.

 

Pas seulement, cependant, de manière officielle et indifférenciée.  

 

Beaucoup d’évangélisateurs avaient eux-mêmes une dévotion personnelle envers la Mère de Dieu, marquée par leur origine régionale, par le charisme de leur famille religieuse – franciscaine, dominicaine, jésuite, scheutiste, carme… Ou celui des mouvements qu’ils cherchaient à implanter en Afrique, telle la Légion de Marie, les équipes du Rosaire, des fraternités diverses.

 

 

Ou encore, par les formes de dévotion qu’eux-mêmes pratiquaient et prônaient: solennisation de certaines fêtes liturgiques – procession du 15 août, neuvaines, chapelet, scapulaire, médaille miraculeuse, grotte de Lourdes, consécration à Marie…  

 

Les missionnaires ont apporté en Afrique subsaharienne les premières statues et les premières images de Marie, conformes à leurs goûts occidentaux et aux ‘modes’ de leur temps; ils y ont chanté les premiers cantiques marials et les ont traduits dans les langues africaines. Sans doute que dès le début aussi les problèmes financiers ont joué leur rôle : les missionnaires ont apporté dans leurs malles ce qu’on leur avait donné ou ce qu’ils avaient pu acheter, même si ce n’était pas toujours parfaitement à leur goût. Aujourd’hui encore, beaucoup sont heureux de recevoir une statue mariale de Banneux, même s’ils n’ont pas de dévotion particulière envers « La Vierge des Pauvres » et dans bien des grottes on trouve des statues qui sont sans rapport avec Notre Dame de Lourdes.

Après plus d’un siècle d’évangélisation moderne, il est difficile de retrouver dans nos centres de chrétienté les premières statues ou images de Marie qu’on y a apportées. Mais si on veut comprendre la dévotion mariale des chrétiens d’aujourd’hui en tel ou tel lieu, il est utile de revenir aux origines pour connaître qui y a introduit la dévotion mariale et sous quelles formes.

Par étapes

 

Au-delà des aspects matériels, cependant, il faut essayer de rechercher quelle place les missionnaires accordaient à la dévotion mariale dans leur méthode d’évangélisation, dans leur stratégie missionnaire. Quelles prières et quels chants ont-ils d’abord enseignés aux catéchumènes ? Quels objets de piété chrétienne leur ont-ils d’abord donnés ? Quels rites et quelles formes de dévotion ont-ils d’abord essayé de faire pratiquer? Comment justifiaient-ils tout cela, dans leurs lettres et les rapports à leurs Supérieurs ?  

 

Évidemment, Marie n’occupait pas la première place dans le cœur ni dans la pastorale de tous les missionnaires. Saint Antoine, Sainte Rita, le Sacré-Cœur, même Sainte Anne… se la disputaient souvent avec elle.

Bref, ce n’est pas de manière unique et uniforme que Marie a fait son entrée dans les diverses régions de l’Afrique chrétienne. Beaucoup d’historiens des Eglises locales ont déjà raconté la première arrivée chez elles de la Mère du Christ et de l’Eglise. D’autres ont encore à le faire. Et qui rassemblera un jour tous ces récits passionnants? Dans l’Index de « 2000 ans le christianisme en Afrique » de John Baur (éd. Paulines) le nom de Marie ne figure même pas. C’est dire qu’il reste beaucoup de recherches à faire pour raconter l’arrivée et la présence de Marie en Afrique…

La deuxième étape de cette aventure c’est l’ensemble des formes plus ou moins institutionnalisées qu’a prise la présence de Marie en Afrique. Dans l’Eglise catholique, il revient au Magistère universel d’en fixer le contenu et les principales formes : le dogme, la liturgie, le programme d’enseignement… De ce fait on peut avoir l’impression, parfois, que partout dans le monde on connaît, aime et vénère Marie de la même façon. A la suite du concile Vatican II et de l’exhortation apostolique « Marialis cultus » de Paul VI (1974) a été composé un « Recueil de (46) messes en l’honneur de la Vierge Marie ». C’est comme si on avait taillé un arbre aux branches devenues trop abondantes et ayant poussé dans tous les sens. Mais parmi les éléments accumulés pendant des siècles et remis en ordre dans ce recueil, il ne semble pas qu’il y ait beaucoup d’apports de l’Afrique.

L’image chérie

 

Et pourtant, Marie n’est plus une étrangère en Afrique, bien au contraire. Les chrétiens d’Afrique en ont fait leur maman. Nous lui avons composé mille chants sur des airs et des rythmes de chez nous, même si on a été moins inspiré pour les paroles. Nous avons imprimé l’image de Marie sur des dizaines de pagnes différents, selon les goûts locaux, selon les titres vénérés par les paroisses, les groupes ou les individus qui les ont commandés, selon les événements à commémorer… Nous construisons des grottes de Lourdes partout, dans les paroisses, dans les écoles, et même dans les propriétés privées. Les radios catholiques diffusent le chapelet, parfois l’Angélus, des émissions sur Marie, des chants marials… On fait des neuvaines, des triduums, des pèlerinages marials. Les plus riches prennent l’avion pour se rendre à Lourdes, Fatima ou Nazareth… Nombreux sont les groupes de prière et d’apostolat d’inspiration mariale. Vraiment, les chrétiens d’Afrique aiment Marie et ils le lui montrent bien. Au-delà des expressions bien codifiées de cette dévotion il y a place pour beaucoup de spontanéité et de créativité. Un tel introduira les « Je vous salue Marie » de son chapelet par des invocations/titres les plus variés: « Je vous salue, Marie, Mère de la Paix, pleine de grâce… » « Je vous salue, Marie, Reine des familles, pleine de grâce… », etc. C’est une façon d’entrelacer chapelet et litanie de la Ste Vierge – litanie ‘officielle’ ou inventée. Telle autre ira habiller de dentelles ou d’étoffes brillantes la statue mariale de son église. Tel autre écrira son petit livre sur Marie pour partager avec d’autres ce qu’il a découvert de merveilleux dans la figure de Marie. L’image chérie de Marie sera plus souvent une image de femme blanche que noire – et les artistes qui ont besoin de vendre pour vivre en tiennent compte – mais les sentiments, les louanges et les demandes exprimés et adressés à Marie seront bien africains. On peut dire à son sujet qu’elle s’est faite « africaine avec les Africains en toutes choses… excepté leurs péchés » !

« Comme le pagne »

 

Le mot qui résume certainement le mieux l’ »africanité » de Marie c’est « maman ». Marie est devenue la maman des Africains. Une maman est bien sûr avant tout une femme qui donne vie à de nombreux enfants. Femme féconde, femme heureuse! Du coup, quelque chose dérange les fidèles: Marie n’a qu’un enfant. Sans cesse revient la question: et si, malgré toutes les déclarations contraires du Magistère de l’Eglise, Jésus avait eu des frères et des sœurs nés de Marie ?

Dans la famille africaine pourtant, la femme est souvent entourée d’enfants qu’elle n’a pas mis au monde et qui l’appellent « maman » sans hésiter. C’est que la « maman » est celle qui ne met pas seulement la vie en route mais qui la nourrit, l’élève, l’éduque. « Eduquer, écrit Vital Mbadu Kwalu, c’est comme donner une naissance nouvelle à l’enfant. Sa mère lui transmet les richesses du cœur, lui fait découvrir les prodiges de la terre, le visage divin caché dans les choses, afin qu’il vive normalement bien, en harmonie avec les traditions ancestrales » (Cahiers Marials, 1983). En retour, elles sont considérées comme « la fierté du groupe parce qu’elles sont porteuses de vie, sève d’amour et d’unité. Elles ont inscrit leur nom dans le cœur de leurs enfants, dont dépendra en grande partie l’avenir de la culture africaine. Leur maternité est un service pour la communauté; c’est pour Dieu aussi qu’elles accomplissent leur mission de mères ». Ainsi donc: « la maternité physique et spirituelle est le dénominateur commun qui permet de rapprocher la Vierge Marie de la mère de famille africaine ». Face à cette mère, source de vie et éducatrice, il va de soi que « l’attitude fondamentale de l’enfant à élever, à éduquer, doit être l’obéissance, la docilité ».

Quand la situation des enfants et de la famille est « souffrante », vers qui se tourne-t-on ? – vers la maman, bien sûr. « La mère est comme le pagne qui couvre les gales de l’enfant, les gales de la société »… Marie a été la Mère des douleurs en face de son Fils, « l’Homme des douleurs » (Is 53,3)

La mère qui aime vraiment doit se livrer, donner ce qu’elle a de meilleur.

Malgré les justes revendications des femmes qui veulent être reconnues, elles acceptent le plus souvent d’agir sans faire trop de bruit. Comme Marie…  

 

L’auteur que nous venons de citer conclut ainsi ses réflexions: « La figure de Marie, bien comprise et mieux appréciée, deviendra du même coup, pour l’Africain converti à la foi chrétienne, un chemin plus court, « un sentier raccourci » pour atteindre la source d’eau, la fontaine qui étanche la soif, Jésus-Christ, Fils de Dieu, frère et rédempteur de tous  les hommes et de tous  les peuples ».

Robert Witwicki SM

 

 

 




25012011

 dans LES APPARITIONS DE LA VIERGE MARIE EN AFRIQUE pdf La Madone en Afrique

doc dans LES APPARITIONS DE LA VIERGE MARIE EN AFRIQUE La Vierge Marie dans nos pays d’Afrique

 

La Vierge en Afrique : commentaires et photos

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AFRIQUE DU SUD

·         Ngome, diocèse de Eshowe.

Lieu de pèlerinage, au cœur de la région Zulu. Marie, qui se serait manifestée à Sr. Reinolda, religieuse bénédictine (décédée le 1er avril 1981), y est vénérée sous le titre de « Marie, tabernacle du Très-Haut ».

Autres lieux marials:

·         Kevelaer, diocèse de Marianhill.

·         Maria Ratschitz, Diocèse de Dundee.

·         Tsheseng, diocèse de Bethléem.

·         Ntshongweni, diocèse de Durban.

ALGERIE

La basilique Notre-Dame d’Afrique, qui se dresse sur un promontoire dominant de 124 m la baie d’Alger, a été achevée en 1872. Elle est aussi visitée par de nombreux musulmans. Femmes, jeunes filles et grands-mères, parfois seules, parfois avec leurs enfants ou les maris, entrent « prier Notre-Dame ». La statue de la Vierge, en bronze, est habillée d’une robe opulente brodée dans le style de Tlemcen.
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Au responsable de l’église, les visiteurs posent des questions: « Qui est Marie ? Est-elle enterrée ici? » (car il y a en Algérie des pèlerinages à des « marabouts », saints hommes musulmans, enterrés sur place). « Qu’est-ce que la bible? Pourquoi quatre évangiles…? ».

Les visiteurs regardent longuement les stations du chemin de croix ou réfléchissent devant les fresques évoquant la vie de St Augustin, né à Thagaste et évêque à Hippone (Annaba). Augustin est l’Algérien antique le plus célèbre en chrétienté. Les fresques sont couronnées par une phrase d’Augustin: « L’amour fraternel vient de Dieu et est Dieu même », en français, en arabe et en kabyle. Parole très forte dans le contexte difficile du pays, où l’on tue au nom d’Allah.

ANGOLA

L’Angola est appelée terre de Marie. En arrivant le 29 avril 1491, les premiers missionnaires bâtirent une petite église sous le titre de Nossa Senhora Santa Maria! Les premières églises dédiées à Marie datent de la fin XVI° et du XVII°.

·         Au centre du pays, à Nova Lisboa, se trouve le Sanctuaire de Notre Dame de Fatima.

·         Au Sud, à Sa da Bandeira, il y a le sanctuaire de la Montagne (do Monte).

En Angola il y a plus de 100 églises et chapelles dédiées à la Mère de Dieu.

·         Sanctuaire de Notre Dame de Fatima, inauguré à Luanda par les Capucins, en déc. 1964 (V. photo).

·         Très célèbre est le sanctuaire de Muxima, province de Bengo.

Au XX° siècle,  les apparitions de Fatima eurent un grand retentissement en Angola.

 

Sept centres de pèlerinage :

  • Luanda (la capitale) : Notre Dame de la conception (fin XVI°), récemment restaurée.
  • Luanda : Notre Dame de Nazaré (1664), qui tient son nom d’un sanctuaire portugais.
  • San Salvador : Notre Dame des victoires
  • Cambambe : Notre Dame du Rosaire
  • Ambaca : Notre Dame de l’Assomption
  • Bengo : Notre Dame des anges.
  • Muxima : Au-dessus du fleuve Kwanza, l’église offre à la vénération des fidèles une image de l’Immaculée conception.

 

Neuf églises-cathédrales dédiées à Marie :

  • Luanda : Notre Dame des remèdes (construite en 1679) qui est l’actuelle cathédrale.
  • Huambo : Notre Dame de la Conception
  • Malanje : Notre Dame de l’Assomption
  • Luso : Notre Dame de Fatima
  • Uije : Notre Dame de la conception
  • Benguela : Notre Dame de Fatima
  • Saurino : Notre Dame de l’Assomption
  • Novo Redondo : Notre Dame de la conception
  • Njiva : Notre Dame de l’Assomption.

 

L’influence récente de Notre Dame de Fatima

Le message des apparitions de Notre Dame de Fatima (1917) fut immédiatement transmis à l’Angola. Le 13 de chaque mois, en particulier de mai à octobre, le peuple participait très nombreux aux prières. En 1948, une statue de Notre Dame de Fatima visita les principaux endroits du pays.

Tandis que la guerre civile ravageait le pays, la Vierge Marie fut proclamée patronne et reine de l’Angola, le 13 octobre 1985, avec une fête liturgique instituée chaque année le samedi qui précède le dernier dimanche d’octobre.

Le traité de paix fut signé en 1991, après 15 ans de guerre. Et Jean Paul II visita l’Angola l’année suivante, du 4 au 10 juin 1992.

Jean Paul II : Elevez le regard vers la sainte Famille de Nazareth !

Alors que la famille élargie a de moins en moins d’effet, vous, parents chrétiens, prenez au sérieux votre devoir d’éduquer humainement et chrétiennement vos enfants. Ils sont votre continuation. Donnez-leur ce que vous avez de mieux: une conscience droite, une vie chrétienne, la capacité d’être des membres de la société et du Pays utiles et préparés. Elevez le regard vers la sainte Famille de Nazareth ! Regardez le style de vie cachée que le Fils de Dieu  fait homme menait avec Marie et Joseph. (cf. Lc 2, 51-52). Que la Sainte Famille vous accorde cette maturité humaine et chrétienne profonde [...] Alors votre famille sera vraiment une « Église domestique » (LG 11),  terrain fertile pour que les différentes vocations dont la société et l’Église ont besoin puissent germer et grandir. Pères et mères! Parfois cette vocation est un cadeau total au service de l’Église comme prêtre ou comme consacré à la vie religieuse. Sachez reconnaître cette vocation, respectez-la et collaborez à sa réalisation. [Extraits de l'homélie de Jean Paul II, le 5 juin 1992, durant sa visite en Angola (Lubango)].

BENIN

L’évangélisation du Bénin a commencé par des esclaves africains au Brésil qui sont revenus chez eux, et c’est alors aussi que le culte marial a commencé, c’était au XVII° siècle. Ces chrétiens avaient un amour très vif de l’Immaculée conception et ils se réunissaient chaque samedi pour prier le rosaire, les litanies et le Salve, en portugais puisqu’ils revenaient du Brésil. En 1658, dix missionnaires espagnols débarquèrent dans le golfe du Bénin, avec un catéchisme dédié à la très sainte conception de Marie, en langue espagnole et Arda. Mais ils furent reçus beaucoup plus comme des colonisateurs que comme des porteurs de l’Evangile. 3 missionnaires sont morts malades et les 7 autres ont reçus l’ordre de repartir. En 1842, l’évangélisation fut reprise par les pères du Saint Esprit et du cœur Immaculé de Marie, ils arrivèrent à Ouidah et consacrèrent à la Vierge toute la côte occidentale de l’Afrique. Cette évangélisation a su respecter le caractère agricole de l’économie locale, à Akatara, les grandes célébrations mariales sont aussi l’occasion de bénir les travaux agricoles (comme c’est aussi le cas dans l’Eglise syro-chaldéenne depuis les temps anciens).

Le Bénin a donné de grands poètes qui ont chanté Marie d’une manière très profonde. Nous donnerons un chant populaire, on n’en connaît pas l’auteur, mais c’est une merveille à tout point de vue, où l’histoire vécue dans cette région rejoint tous les peuples.  On remarquera, en particulier à Porto Novo et à Ouida, que l’Eglise catholique de ce pays a une grande ouverture œcuménique et inter-religieuse. Les lieux marials plus significatifs sont les suivants :

·         La grotte de Dassa, dite Notre-Dame de l’Arigbo, bénie en 1954, est devenue petit à petit un centre de pèlerinage national, et de nos jours, international. Chaque année, pour le 15 août, les foules y accourent du Bénin, du Togo, du Niger, du Burkina-Faso. Un grand sanctuaire est en construction; il sera jumelé avec la première basilique d’occident dédiée à Marie: la basilique romaine de Sainte-Marie Majeure.

·         Le Sanctuaire Notre Dame de la Divine Miséricorde d’Allada, dans l’Archidiocèse de Cotonou, érigé canoniquement en 1997 comme sanctuaire diocésain. Mais l’église a été consacrée le 15 avril 2007, fête de Jésus Miséricordieux.

BURKINA FASO

·         Sanctuaire de Yagma.

Le site de Yagma a été choisi en 1968 pour faire un lieu de sanctuaire marial. C’est une colline peu élevée sur laquelle a été construite une reconstitution en pierres de latérite de la grotte de Lourdes. Le site se trouve à une quinzaine de kilomètres de Ouagadougou. Au cours des années, l’affluence des foules à Yagma n’a fait qu’augmenter. Actuellement, toutes les semaines, les paroisses se relaient pour un pèlerinage paroissial. Des milliers de personnes se retrouvent pour le pèlerinage annuel, venant de tout le Burkina. La rareté de l’ombre ne décourage pas les pèlerins qui sont, pour la plupart, en plein soleil lors des célébrations. Depuis plusieurs années, une grande église est en construction au bas de la colline.

Autres lieux marials:

·         Notre-Dame de Dingasso, diocèse de Bobo-Dioulasso.

·         Notre-Dame de la Paix, diocèse de Diébougou.

·         Notre-Dame de Louda, diocèse de Kaya

·         Notre-Dame de Réconciliation, diocèse de Koudougou.

·         Notre-Dame du lac de Bam, diocèse de Ouahigouya.

CONGO-BRAZZA

A Linzolo, un des premiers postes historiques de la mission fondée en 1883 par les Missionnaires Spiritains à quelques kilomètres de la capitale, une gigantesque grotte de Lourdes, dans un magnifique fond de vallée propice aux grands rassemblements, est devenu le rendez-vous marial plus important pour les fidèles du pays, surtout depuis l’année mariale 1987.

COTE D’IVOIRE

·         Le sanctuaire marial de N. D. Mère de toutes les grâces, a été inauguré à Abidjan le 1er février 1987.
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·         La basilique Notre-Dame de la Paix, à Yamoussoukro. La statue de la Vierge, en béton armé peint, est de 11 m de haut.

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On peut encore mentionner:

·         Le sanctuaire de Notre-Dame de la Délivrance, à Issia, dans le diocèse de Daloa.

·         Le sanctuaire de Ferké, dans le diocèse de Katiola.

EGYPTE

La dévotion à Marie remonte aux premiers siècles. Dans une chapelle souterraine d’Alexandrie, du 3e siècle, une fresque représente la Vierge Marie aux Noces de Cana, s’entretenant avec les serviteurs.

La fête de l’Assomption est la plus populaire en Égypte. On l’appelle tout simplement la « Fête de la Vierge ».

Ininterrompue a été la fidélité avec laquelle l’Église copte a vénéré Marie. Le calendrier copte prévoit une trentaine de fêtes de la Vierge Marie.

Très vénérée est l’icône de la Vierge Marie, dans l’église très renommée de d’Al-Mou’allaqa.

Des apparitions de la Vierge Marie, reconnues par des autorités de l’Église copte, ont eu lieu à Zeitoun (1968-1970) à Shoubra, (1983-1986) et à Assiout. clip_image012 Voici qu’un ange du Seigneur apparut en songe à Joseph et lui dit :  » Lève-toi, prends le petit enfant et sa mère, fuis en Égypte, et tu y resteras jusqu’à ce que je te parle ; car Hérode cherchera le petit enfant pour le faire mourir « .Alors, Joseph, s’étant levé, prit pendant la nuit le petit enfant et sa mère et il se retira en Égypte.
Il y demeura jusqu’à la mort d’Hérode ; ainsi fut accompli ce que le Seigneur avait dit par le prophète : « J’ai rappelé d’Égypte Mon Fils » (Matthieu II, 13-15).
Ainsi l’Évangéliste raconte la fuite en Égypte.

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La tradition trace l’itinéraire de la Sainte Famille par le désert arabique à Kantara et les collines de Basta – terre de Gessen. La traversée du Nil se serait faite à Samanoud. Des monastères furent construits aux emplacements bénis par le passage ou le séjour de la Sainte Vierge et de son Divin Fils. Ainsi, deux monastères ont été bâtis au nom de la Vierge (AI-Suriane et AI-Baramous) à Ouadi Natroun.

Ainsi le monastère El Moharraq se trouve dans la montagne de Koscan. Sur le chemin du retour, la Sainte Famille s’arrêta dans une grotte dans un endroit appelé Babylone dans le Vieux Caire. A cet endroit fut fondé Id monastère de Saint-Serge, puis l’Église d’Abou-Serga. L’Église existe de nos jours. Le sanctuaire est placé au-dessus de la grotte. Ils passèrent par Zeitoun. A Matariêh ils s’arrêtèrent près d’un arbre qui existe encore, puis se dirigèrent vers Mostorod. A Zeitoun une église dédiée à la Sainte Vierge commémore le passage de la Sainte Famille. Cette église copte orthodoxe s’élève dans la rue Touman-Bey, principale artère de cette banlieue du Caire. Elle est surmontée d’un dôme central et de quatre dômes plus petits aux quatre coins de l’édifice. Voir la vidéo suivante : http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=abpYs2T8k5Q

 

ÉTHIOPIE

L’Ethiopie est un des pays le plus «marials» de la terre. Saint Frumence (IVe s.) appela la première église bâtie à Axoum, capitale du royaume, « Edda Mariam », Demeure de Marie. Marie est vénérée sous le titre de Waladita Amlâk, Celle qui a enfanté Dieu. Le nom de Marie figure dans beaucoup de noms éthiopiens.

Ils témoignent de la confiance des fidèles envers Marie: Ghebié Mariam, Serviteur de Marie; Hailé-Mariam, la force de Marie; Laoké Mariam, Message de Marie; Teklé Mariam, Plante ou rejeton de Marie; Hapté Mariam, Don de Marie.

Beaucoup de belles églises creusées dans le rocher sont dédiées à Marie. Elles sont décorées de fresques rappelant des scènes des Evangiles ou des récits apocryphes.

L’Éthiopie a une fête propre: Kidäma Mehret, le Pacte de Miséricorde, le 10 février. Sûrs que la prière de Marie auprès de son Fils ne peut qu’être exaucée, les Éthiopiens considèrent leur pays comme le fief de Marie, sous sa protection.

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GUINEE

Sanctuaire de Notre-Dame de Guinée, diocèse de Conakry.

 

 

KENYA

·         Sanctuaire de Marie, Secours des chrétiens, diocèse de Nairobi.

·         Sanctuaire de la Consolata, diocèse de Nairobi.

MALI

Notre Dame de Kita. Pendant des années, tout se déroulait sous les manguiers. Mais depuis 1994 ce sanctuaire, construit à l’ouest de l’ancienne église paroissiale, pouvant accueillir de 2500 à 3000 personnes, est devenu centre national de pèlerinages.

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MOZAMBIQUE

Sanctuaire de N. D. de Fatima, à Namaacha (Maputo), sur la frontière entre Mozambique et Swaziland. Depuis 1945 il est visité par de nombreux pèlerins

NIGERIA

La grotte « Mary the Holy Mother of Africa » (Marie, la Sainte Mère de l’Afrique), diocèse d’Ijebu-Ode (Ogun State) a été inaugurée en 1991. Nombreux sont les pèlerins qui s’y rendent (même musulmans et  des fidèles de la religion traditionnelle).

 

Ouganda

·                     Marie Médiatrice de Toute Grâce, à Lodonga, diocèse d’Arua. Elle est vénérée sous le titre de «Sultane d’Afrique».

R.D. Congo

Les paroisses dédiées à Marie dans les différents diocèse du pays sont 226.

·                    Sanctuaire N.D de Fatima, à Lindonge, Kinshasa, inauguré en 2001.

·                    Sanctuaire de Kavimvira, diocèse d’Uvira (Sud-Kivu).

 Rwanda

Le 29 juin 2001 Mgr Augustin Misago, évêque de Gikongoro, a rendu publique le jugement définitif sur les apparitions de la Sainte Vierge à Kibeho. Sur la base des éTudes menées par les deux Commissions d’enquête, des médecins et des théologiens, au travail depuis 1982, Mgr Misago a déclaré vraies et dignes de foi les apparitions de la Vierge Marie, de 1981 à 1983, à Alphonsine Mumureke, Nathalie Mukamazimpaka et Marie Claire Mukangango qui avaient respectivement 16, 17 et 21 ans. D’après le récit des voyantes, la Sainte Vierge s’est présentée comme « Nyima wa Jambo », « Mère du Verbe ». Elle avait la peau noire et les invitait à la conversion, à la prière et au jeûne. Une fois, le 15 août 1982, elle leur montra des scènes épouvantables: un fleuve de sang, des personnes qui se massacraient, des cadavres abandonnés … «Il y a plus de bonnes raisons d’y croire que de le nier», a affirmé l’évêque. La reconnaissance ou la négation de l’authenticité d’une apparition n’est point couverte par l’infaillibilité. La reconnaissance de ces apparitions ne saurait être confondu avec un article de foi: pour cette raison chaque chrétien demeure libre d’y adhérer». Les apparitions qui ont suivi et se sont prolongées jusqu’en 1989, n’ont pas été prises en considération.

Le sanctuaire marial de Kibeho est dédié à Notre-Dame des Douleurs. «Que Kibeho devienne, donc sans tarder un but de pèlerinages et de rendez-vous pour les chercheurs de Dieu, qui y vont pour prier, un haut lieu de conversions, de réparation du péché du monde, et de réconciliation; un point de ralliement pour «ceux qui étaient dispersés», comme pour ceux qui sont épris des valeurs de compassion et de fraternité sans frontières; un haut lieu qui rappelle l’Évangile de la Croix».

 

Sénégal

·                    Sanctuaire de Gouloumbou, diocèse de Tamba

·                    Sanctuaire national de Notre-Dame de la Délivrance, a Poponguine (1888).

 Sierra Leone

·                    Sancturaire marial de Kamabai, diocèse de Makeni. Il a été dépouillé de tout en 2000 : stations du chemin de la croix, vêtements sacerdotaux, calices, ostensoirs ont été volés et les statues mutilées.

 Soudan

Des fouilles, dans les régimes de la Nubie, ont porté au jour de nombreuses représentations de Marie, appelée « Mère du Christ » et « Mère de Dieu ». dans l’iconographie nubienne de la Nativité, inspirée de l’art byzantin, Marie occupe toujours une place centrale.

À signaler : la paroisse fondée à El Obeid (Soudan du Nord) en 1872 et dédiée à Marie, Reine de la Nigritie.

 Tchad

La chapelle de Kou, bâtie par les premiers missionnaires dans un endroit ensuite abandonné à cause de la maladie du sommeil, est aujourd’hui un centre de pèlerinages diocésains et nationaux. Des « lieux » de dévotion mariale sont en train de se constituer dans de différents diocèses.

 Togo

·                     Mère de Miséricorde du lac Togo, à Togoville, diocèse d’Aného.

·                    Notre Dame des Douleurs, à Kovié, diocèse de Lomé.

 

Zambie

·                    Sanctuaire de Marie Mère de l’Église, à Lusaka.

·                    Sanctuaire de Mphangwe, au diocèse de Chipata.

 

 




Notre Dame de Fatima et les musulmans du Mozambique

25012011

Notre Dame de Fatima et les musulmans du Mozambique

En 1948 a eu lieu une grande procession de Notre Dame de Fatima, à travers tout le pays. Ce fut l’occasion de mesurer l’amour des musulmans pour Marie, – avec parfois une certaine ambiguïté puisque le nom de Fatima est celui de la fille préférée de leur prophète.

 

A Nampula, durant une procession de Notre Dame de Fatima, une délégation musulmane interrompit le cortège et son président, Galamussen R. Bangy, s’adressa à la Vierge en lisant à haute voix le passage suivant :

« La communauté islamique de S. A.Aga Khan, de la province de Niassa, unie dans la vénération de Notre Dame de Fatima, ne peut pas ne pas présenter ses plus sincères hommages à la vénérable statue Pèlerine, qui depuis la Cova d’Iria est portée dans le monde entier, et qui, en ce moment historique, nous fait le grand honneur et privilège de venir au milieu de nous.

O Notre Dame de Fatima, bénis notre cité.

O Notre Dame de Fatima, bénis toute l’humanité, afin qu’elle chemine sur les chemins de la paix, de la fraternité humaine et de l’élévation spirituelle.

O Notre Dame de Fatima, donne la concorde à tous les hommes sur cette terre.

O Notre Dame de Fatima, permets que nous t’offrions cet hommage, bien qu’il soit insignifiant, qui vient directement de nos cœurs pleins de vénération et d’amour vrai. » [1]

 

[1] P. Demoutiez – M. T. Pereira da Cunha,

Nossa Senhora de Fatima, Peregrina do Mundo, Lisboa 1953

 

Ailleurs, d’autres musulmans voulurent aider financièrement cette tournée de Marie.

 

L’un d’eux a confessé tout haut ses fautes devant la statue, sûr d’obtenir la miséricorde divine. Dans certaines villes, les musulmans accompagnaient la procession puis se retrouver dans la mosquée pour lire le Coran en l’honneur de Marie.

 

Les musulmans ne comprenaient pas toujours la véritable signification de cette procession. A Tete, ils demandèrent, et obtinrent, de pouvoir assister à la Messe parce qu’ils disaient qu’ils avaient un droit sur Fatima qui est le nom de la fille préférée de leur prophète.

 

Dans le diocèse de Vila Cabral, Mgr Enrico Nogueira s’adressa ainsi aux musulmans :

« Chers amis musulmans, c’est un évêque, c’est-à-dire un chef chrétien, un prêtre du Christ qui vous parle à travers cette lettre fraternelle.

Je ne vous demande pas de vous convertir au christianisme, bien que – et vous le comprenez – je reçois à bras ouvert tous ceux qui veulent s’approcher du Christ et de son église par moi.

Je vous demande seulement que vous soyez fidèles et dévots, de vrais hommes de prière, dociles aux inspirations de Dieu, et que vous conserviez le respect, la dévotion et l’amour envers Marie, la Mère de Jésus.

Je vous demande encore de voir toujours dans les autres hommes, particulièrement les chrétiens, des vrais frères, parce que tous sont fils du même Dieu et tous sont destinés par le Seigneur miséricordieux au bonheur du ciel, où il y a de la place pour tous les hommes de bonne volonté, c’est-à-dire pour tous ceux qui sauront être fidèles à leur conscience droite.

Que Marie, la sublime Mère de Jésus, O Notre Dame de Fatima, déverse en abondance ses bénédictions maternelles sur les chrétiens et sur les musulmans de ce district et qu’elle apporte à tous la prospérité et la paix, l’harmonie, la compréhension et la fraternité. » [2]

[2] La Madonna di Fatima nel Mozambico,

dans “Il cuore della Madre”, n.9 (septembre 1969), Padova, p. 123.







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